Types de EFM


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OBE ou EHC - Autres états conscience modifiée
Les NDE et autres Etats de Conscience Modifiés
Les OBE
La « décorporation» ou Out-of-Body Experience (OBE), plus connue du grand public sous le nom de « voyage astral » est un état modifié de la conscience dans lequel l’individu a l’impression que sa conscience ou son « je » a quitté son corps et se trouve en position d’observateur par rapport à celui-ci. La sensation d’être temporairement et totalement déconnecté de son corps physique peut être suivie d’une impression de déplacement dans d’autres lieux avant la « réintégration » du corps physique. Première étape des NDE, cette expériences peut aussi survenir spontanément sans proximité de la mort   



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OBE ou EHC - Etudes
 http://www.noesis.ch/temoignage/nde_sans_mort_imminente/

La décorporation ou Out-of-Body Experience

Introduction

La « décorporation» ou Out-of-Body Experience (OBE), plus connue du grand public sous le nom de « voyage astral » est un état modifié de la conscience dans lequel l’individu a l’impression que sa conscience ou son « je » a quitté son corps et se trouve en position d’observateur par rapport à celui-ci. La sensation d’être temporairement et totalement déconnecté de son corps physique peut être suivie d’une impression de déplacement dans d’autres lieux avant la « réintégration » du corps physique (12).
Cet état de conscience modifié peut se produire spontanément chez des personnes par ailleurs psychologiquement équilibrés. Toutefois, certains facteurs dit « précipitants », sont en général associés au déclenchement du phénomène. Le facteur principal est une position allongée et relaxée, mais d’autres facteurs moins fréquents sont aussi rapportés comme le sommeil, une accélération ou une déccélération brusque (pilotes d’avion), une anesthésie générale, l’hypnose, la prise de drogues (marijuana, opium, heroin, mescaline ou LSD), une très forte douleur ou encore une maladie. D’ailleurs l’OBE constitue également l’une des caractéristiques les plus fréquentes et la première étape de l’Expérience de Mort Imminente (EMI ou NDE). On retrouve d’ailleurs dans les témoignages d’OBE un grand nombre de caractéristiques décrites dans les NDE : l’expérience semble plus réelle que la réalité, elle débute souvent par un « bruit » et parfois la présence d’êtres non-physiques, la vision d’une lumière et même d’un tunnel ou d’une frontière sont rapportées. Comme dans les NDE, les émotions associées à une OBE sont en général la joie, la liberté, la paix et la sérénité, mais certaines personnes éprouvent une angoisse, qui en général abrège automatiquement l’expérience. De plus, comme à la suite d’une NDE, les individus sont généralement profondément transformés par une OBE. La différence majeure entre ces deux expériences réside essentiellement dans les circonstances qui y conduisent. Même si ce n’est pas toujours le cas, la NDE survient en général à l’approche de la mort, alors que dans la majorité des cas, l’OBE survient lorsque le sujet se trouve au contraire dans un état de grand calme et de repos mental et physique. Plus rarement, une OBE peut survenir lors d’un traumatisme psychologique (Fear-Death Experience, voir plus bas) mais sans forcément proximité de la mort.
Cet état de conscience particulier peut égalemen être induit par différentes techniques ancestrales (chamanisme, yoga, méditation) ou modernes (hyperventilation, sophrologie, neurobiofeedback, Hemisynca) basées sur le contrôle de la respiration, du mental, des ondes cérébrales ou encore la prise de certaines drogues (kétamine, ibogaïne)b.
Cette expérience troublante n’est donc ni rare, ni récente puisque toutes les civilisations, et ceci pratiquement depuis l’aube de l’humanité, possèdent leur propre technique permettant d’accéder au voyage astral. En 1978, le Pr Sheils de l’Université du Wisconsin a mené une investigation sur 70 cultures non occidentales et montré que la décorporation existait chez 95% d’entre elles (4). En outre, diverses études réalisées dans la population générale ont montré qu’au moins 10% des personnes interrogées avaient, au moins une fois, éprouvé la sensation de se trouver hors de leur corps physique, de façon spontanée ou volontaire. Cette proportion peut atteindre jusqu’à 48% selon la population étudiée (156).

Hypothèses psychologiques et neurologiques

Pourtant, ce phénomène est généralement interprété comme un processus psychopathologique, car certaines pathologies mentales font état de sensations similaires. En particulier, l’OBE est souvent associée à deux autres formes de phénomènes autoscopiques : les hallucinations autoscopiques et l’heautoscopie, raportées par des patients psychiatriques souffrant de schizophrénie, de dépression ou de désordres de la personnalité (7). L’impression de voir son propre corps est effectivement un point commun entre ces trois phénomènes, pourtant les hallucinations autoscopiques et l’heautoscopie présentent des différences phénoménologiques importantes. Alors qu’il n’y a pas de sensation de décorporation dans les hallucinations autoscopiques (le sujet reste dans les limites de son corps mais voit son corps dans l’espace extrapersonnel depuis sa perspective visuo-spatiale habituelle) et toujours décorporation dans les OBE, les sujets souffrant d’heautoscopie n’expriment généralement pas clairement une sensation de décorporation, mais ne sont pas capable de localiser facilement leur moi. D’autre part, la vision de leur propre corps est souvent tronquée (uniquement vision de la tête ou du buste) et celui-ci est perçu comme actif (comme un double dans un miroir).
En outre, une corrélation entre les OBE et les expériences traumatiques a pu être établie pour une grande variété de situations (maltraitances, abus sexuels, accidents de voiture, chutes en montagne, naufrages etc.) qui sont alors appelées « Fear-Death Experience » (8). Cette constatation renforce la thèse de l’hallucination, qui constituerait alors une défense psychologique en réponse à des traumatismes émotionnels et physiques intolérables pour des personnes par ailleurs psychologiquement équilibrées. Cependant, il est intéressant de noter qu’un état de calme est mentionné 20 fois plus souvent par les individus qui ont eu plusieurs OBE, alors que ceux qui n’en ont eu qu’une se distinguent en général par l’état de stress dans lequel ils étaient (19).
Finalement, de nombreuses études ont établi un lien entre une activité anormale au niveau du lobe temporal et le déclenchement d’expériences similaires à l’OBE, ce qui fournirait une explication physiologique à cette hallucinationc. Par exemple, dans les années 50, le neurochirurgien américain W. Penfield, l’un des pionnier de l’exploration fonctionnelle du cerveau, a mené sous anesthésie locale des expériences de stimulation électrique directe de certaines zones du cerveau sur des patients épileptiques dans le but de localiser le foyer exact d’où émanaient leurs crises d’épilepsie pour pouvoir si possible procéder par la suite à l’ablation de la zone concernée. Il découvrit ainsi que la stimulation d’une zone particulière du lobe temporal droit à proximité de la scissure de Sylvius, juste au dessus de l’oreille, provoquait chez ses patients diverses sensations fréquemment associées aux NDE dont entre autres la sensation de décorporation (10). Plus récemment, l’équipe du Dr. Olaf Blanke de l’Hôpital Universitaire de Genève a annoncé en 2002 avoir provoqué accidentellement une OBE chez une patiente épileptique au cours d’un examen de routine par électrostimulation du cortex. Cette fois-ci, la région impliquée a pu être identifiée plus précisément comme étant le gyrus angulaire (ou pli courbe) partagé entre le lobe pariétal et le lobe temporal. Cependant, au cours de l’expérience la patiente n’a eu qu’une vision tronquée de son environnement et de son corps, puisqu’elle n’a « vu » que ses membres inférieures (11). Il est également intéressant de constater que dans ces cas d’OBE « artificielles », l’expérience ne dure qu’une fraction de seconde, stoppant net au moment même où prend fin la stimulation électrique.
D’autre part, l’OBE comme les deux autres phénomènes autoscopiques est parfois rencontré chez des patients neurologiques présentant des lésions cérébrales. Il s’agit principalement de patients souffrant d’épilepsies lésionnel et non lésionnel, ainsi que de migraines. Des études par IRM ont indiqué une implication de la jonction temporo-pariétal chez ce type de patients et la stimulation électrique directe de la JTP semble pouvoir déclencher des OBE. Aussi, Blanke et al. (13) ont suggéré que les OBE seraient liées à un défaut d’intégration des information visuelles, tactiles et proprioceptive relatives à son propre corps et à un disfonctionnement vestibulaire conduisant à une désintégration supplémentaire entre l’espace personnel (vestibulaire) et extrapersonnel (visuel). Au niveau neurologique, ils proposent que l’OBE soit dû à un disfonctionnement cérébral paroxysmique du TPJ dans un état de conscience partiellement altéré par une épilespsie ou une migraine.

Autres hypothèses

Pourtant, plusieurs études ont établi que les personnes qui vivaient des OBE spontanées et répétées ne présentaient pas de signes psychopathologiques distinctifs. Au contraire, l’examen des effets secondaires révèle des changements d’attitude positifs en ce qui concerne les croyances, la qualité de vie et les activités quotidiennes, mais aussi l’acceptation de la mort, la spiritualité et la recherche de but. En résumé, cette expérience procure à ces personnes une conception du monde et une perspective de soi plus positives. D’ailleurs, l’induction thérapeutique d’OBE sous hypnose commence à être pratiquée en psychothérapie (14).
D’autre part, il existe de nombreux cas où les sujets ont pu percevoir des objets, des situations ou des événements se produisant à distance de leur corps physique, hors du champs de leur vision, et ces perceptions ont parfois pu être vérifiées (15). En outre, une étude menée par Kenneth Ring sur des personnes aveugles (dont certaines de naissance) semble indiquer que celles-ci pourraient également « voir » au cours d’une OBE (16). Par conséquent, il est légitime de se demander s’il s’agit simplement d’ hallucinations ou bien de capacités encore inconnues de la conscience humaine, puisque personne n’a encore jamais scientifiquement répondu à cette question. Si l’on pouvait vérifier sans équivoque les perceptions visuelles rapportées au cours d’une OBE dans des conditions expérimentales rigoureuses, ce phénomène troublant poseraient de multiples interrogations concernant la nature de la conscience et celle de la perception, puisque dans ces situations la conscience semble disposer d’une autonomie tout à fait inattendue et percevoir des objets situés hors du champ de la vision rétinienne. D’autres part, le cas spectaculaire d’une NDE survenue au cours d’une opération où l’on a pu constater au moment de l’OBE un EEG plat et plus aucun potentiel évoqué auditif (tronc cérébral inactif) - ce qui correspond aux critères actuels de mort cérébrale - pose la question de la relation entre cerveau et conscience (17).
S’il s’avère un jour impossible de réduire ce phénomène à une simple hallucination de manière irréfutable, plusieurs explications pourront dès lors être envisagées. Il semble que le point commun à beaucoup de circonstances conduisant au déclenchement d’une OBE soit une « déconnection » entre le corps et le cortex cérébral. Si le cerveau ne reçoit plus de stimuli en provenance du corps, un autre type d’informations provenant de canaux différents des canaux sensoriels habituels (faculté psi) et normalement « noyé » dans le flot d’informations en provenance des cinq sens, pourrait devenir prépondérant. Le cerveau étant habitué à créer un modèle cohérent de la réalité qui l’entoure et ne recevant plus d’informations en provenance du corps, pourrait alors « mettre en scène » une délocalisation de la conscience (hypothèse intrasomatique). Mais cette délocalisation de la conscience pourrait aussi être bien réelle (hypothèse extrasomatique), ce qui impliquerait une remise en question du dogme actuel sur la relation cerveau-conscience, qui admet que l’activité neuronale « produit » la conscience, sans que cela n’ait jamais été formellement prouvé (18). L’idée que la conscience puisse diriger le cerveau et non l’inverse n’est pas nouvelle et est notamment défendue par l’un des plus grands neurologues du 20ème siècle, Sir John Eccles, prix nobel de Médecine en 1963 (19).

Recherches antérieures

Bien qu’elle se situe en dehors du champ de la psychologie classique, l’OBE a quand même fait par le passé l’objet de recherches scientifiques. Cependant, les études réalisées jusqu’ici n’ont pas permis d’établir une corrélation entre l’OBE et un état psychophysiologique précis (9), certains résultats semblant même parfois contradictoires (20). Toutefois, des enregistrements EEG inhabituels ont été observés qui n’étaient ni caractéristiques du sommeil normal ni de l’état de rêve. L’étude de Robert Monroe par Twemlow et Jones a montré une identité de fréquence entre les deux hémisphères et une évolution temporelle de celle-ci : autour de 10 Hz (ondes alpha) avant et après l’expérience et autour de 4-5 Hz (transition theta-delta) au moment supposé de l’OBE. Une étude du même sujet par Tart a montré que ces expériences survenaient dans des états frontières entre veille et sommeil léger ou sommeil léger et sommeil profond, dominés par la présence d’onde alpha. Palmer a pour sa part observé que les sujets qui vivaient les OBE les plus « vivantes » avaient plus de 30% d’ondes thêta (4-7 Hz) dans la ligne de base de leur EEG. Il faut souligner que la plupart des études électro-encéphalographiques sur les OBE ont été réalisées il y a de nombreuses années avec seulement quelques électrodes qui permettaient uniquement de définir les phases de sommeil, mais qui ne permettaient pas d’enregistrer des patterns EEG, ni de déterminer leur localisation et latéralisation avec suffisamment de précision.
Des tentatives de vérification de la réalité des perceptions visuelles au cours d’OBE ont également été menées en laboratoire. Certaines ont donné des résultats positifs spectaculaires, mais qui ne purent malheureusement jamais être reproduits (15).

Conclusion

Relativement fréquente dans la population, l’OBE préoccupe depuis longtemps le grand public, mais après avoir été longtemps considérée comme un sujet ésotérique par la communauté scientifique, les médecins ont commencé à s’y intéresser ces dernières années.
Alors que cette expérience semble souvent survenir chez des personnes tout à fait saines, c’est essentiellement l’étude des cas pathologiques qui a conduit à la définition actuelle de l’OBE qui doit inclure trois caractéristiques pour être considérée comme telle : la sensation de décorporation (localisation du moi à l’extérieur du corps), la vision du monde extérieur d’une perspective visuo-spatiale élevée (perspective visuo-spatiale extra-corporelle mais egocentrique), et la vision de son propre corps (autoscopie) depuis ce point de vue élevé. Pourtant, les expériences rapportées par les sujets sains qui vivent régulièrement desOBE - spontanément ou à l’aide de techniques - se distinguent de plusieurs façons des cas pathologiques d’un point de vue phénoménologique (8). Par conséquent, il est probable que sous l’appellation OBE, on inclut des phénomènes en apparence similaires mais de nature probablement différente, correspondant peut-être aux trois catégories ci-dessous :
1.l’OBE perçue est une hallucination (d’origine psychologique ou physiologique) ;
2.l’OBE perçue est une simulation de l’esprit alimentée par des informations réelles obtenues par des facultés extra-sensorielles (hypothèse intrasomatique) ;
3.l’OBE perçue est réelle : la conscience étant véritablement délocalisée par rapport au cerveau (hypothèse extrasomatique).
Le problème principal réside dans le fait que ces trois types d’OBE apparaîtront tout aussi réelles les unes que les autres pour les sujets qui les vivent. De plus, les différents états de la conscience ne correspondent pas à des états discrets, mais constituent probablement une sorte de continuum. Aussi, il est tout à fait probable que le même sujet puisse osciller entre ces différents états sans en être conscient.
En conclusion, malgré l’abondante littérature à leur sujet, les phénomènes de type OBE demeurent relativement mal connus.


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 Aveugles et NDE

Marlyse Tschui ( Edicom - Edipresse Publications s.a.)

“C’était comme si j’avais toujours été capable de voir. C’était si naturel, presque comme si j’avais pu voir pendant toute ma vie. D’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi je n’arrivais plus à voir une fois que j’étais retourné dans mon corps, parce que c’était tout à fait normal de voir. Je me suis dit que je devrais pouvoir ramener cela avec moi en revenant à la vie. Comme si la vue était quelque chose que j’avais toujours eu, je me sentais tout à fait à l’aise avec le fait de voir.”*

Aveugle de naissance, cet homme s’est confié dans le cadre d’une enquête menée aux Etats-Unis par le professeur Kenneth Ring. Objectif de cette nouvelle investigation sur les NDE, ou near death experiences (lire encadré): vérifier des rumeurs affirmant que des aveugles disposaient de la faculté de voir au moment précis où ils se trouvaient aux portes de la mort.
Comme les voyants avant eux, les aveugles ont décrit la scène qui se déroulait “sous leurs yeux” entre le moment où ils ont été déclarés mort cliniquement et celui où ils ont été réanimés. Ils ont pu non seulement restituer les dialogues des soignants sur le lieu de l’accident ou dans la salle d’opération après leur arrêt cardiaque, mais aussi fournir des détails visuels vérifiables sur leur environnement, les personnes présentes et les gestes entrepris pour leur réanimation. A leur grand étonnement, ils voyaient! Et à leur grande déception, ils se sont retrouvés aveugles en revenant à la vie. Pour nombre d’entre eux, le fait d’accéder subitement à la vision a été très troublant.
“Au début, c’était effrayant. J’avais de la peine à établir un lien entre ce que je voyais et percevais par rapport à ce que j’avais l’habitude de reconnaître par le toucher. Voir ne correspondait en rien à ce que j’avais connu pendant toute ma vie.” “Bien sûr j’ai tout vu, l’équipe médicale, mon corps disloqué, la voiture qui tombait dans le ravin, les gens qui couraient dans tous les sens; j’ai tout vu, mais pourtant je ne suis pas convaincu que “voir” est le terme juste.” "J'avais de la peine à établir un lien entre ce que je voyais et percevais par rapport à ce que j'avais l'habitude de reconnaître par le toucher."
“Comment expliquer cela avec des mots? C’était comme entendre des paroles et ne pas être en mesure de les comprendre, tout en sachant qu’il s’agit bien de paroles, en partant du principe qu’avant on n’avait jamais rien entendu. Il s’agissait de quelque chose de complètement nouveau pour moi.”
“La seule chose dont je sois sûr concernant ces images, c’est qu’elles venaient à moi sous forme de conscience et que j’étais conscient de ces images d’une manière que je ne m’explique toujours pas à ce jour. Je ne pourrais pas vraiment dire qu’elles étaient visuelles, parce que je n’avais jamais rien connu de tel auparavant.”


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Non voyants - Tous égaux
 http://www.paranormal-info.com/Non-voyants-malvoyants-et-voyants.html

Non-voyants, malvoyants et voyants, tous égaux devant une NDE

Par Evelyne Elsaesser-Valarino
Cet écrivain de nationalité suisse vient de publier avec un bel accueil un ouvrage en français. « D’une vie à l’autre : des scientifiques explorent le phénomène des expériences de mort imminente » réunit une série d’entretiens avec d’éminentes personnalités réalisés par l’auteur sur une énigme bien connue des lecteurs de ONDES, les NDE (ou expériences de mort imminente, ou encore expériences aux frontières de la mort). Evelyn collabore régulièrement avec Kenneth Ring, Professeur Emeritus de psychologie à l’Université du Connecticut aux USA. Elle est intervenue, cette année, aux Tables Rondes ONDES de Nice et Aix-en-Provence pour exposer l’enquête américaine effectuée sur les NDE d’aveugles.
Depuis les années 80 déjà, une rumeur tenace circulait parmi les chercheurs explorant les expériences de mort imminente : cette rumeur disait que les aveugles voient pendant leur NDE[5], même les aveugles de naissance. Un frémissement parcourut la communauté des investigateurs impliqués dans l’étude de ce phénomène fascinant et passionnant. Tenaient-ils là enfin la preuve irréfutable que les expériences de mort imminente ne sont ni des hallucinations, ni des rêves, comme quelques sceptiques s’obstinaient encore à prétendre, mais qu’elles se produisent bien en dehors de tout système sensoriel, en-dehors du cerveau, en-dehors de la matière ? Écoutons ce que le psychiatre Stanislav GROF[6], grand spécialiste de la psychologie transpersonnelle et des états modifiés de conscience, a écrit en 1994 à ce sujet :
"Il existe des cas documentés décrivant des individus dont la cécité due à des lésions organiques de leur système optique a été établie médicalement et qui, pendant leur état de mort clinique, ont pu voir leur environnement. De tels événements, contrairement à presque tous les autres aspects de l’expérience de mort imminente, peuvent être soumis à des vérifications objectives. Ainsi, ces événements représentent la preuve la plus convaincante que ce qui se passe pendant une NDE est plus qu’une fantasmagorie hallucinatoire de cerveaux physiologiquement altérés"[7] [8].
Il semblait certain que la vérification de cette rumeur était susceptible de légitimer définitivement les NDE et de leur donner la dernière touche d’authenticité que certains leur refusaient encore. Mais il fallait maintenant passer d’une hypothèse, d’une rumeur, à des faits. Kenneth RING[9] s’est attelé à cette tâche avec la collaboration de Sharon COOPER[10]. Le résultat de cette étude est décrit dans un chapitre de l’ouvrage Lessons from the Light[11] et dans une étude plus académique intitulée Mindsight[12].
Les deux chercheurs ont commencé par poser trois questions :
1) Est-ce que les aveugles vivent des expériences de mort imminente ?
2) Si tel est le cas, est-ce que ces NDE sont identiques ou différentes de celles des personnes voyantes ?
3) Les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent-ils des perceptions visuelles ?
Méthodologie appliquée pour cette étude
Pour recruter les individus qui devaient participer à l’étude, RING et COOPER ont contacté onze institutions américaines pour les aveugles aux niveaux national et régional. Parallèlement, ils ont mobilisé des aveugles via les revues Vital Signs et les Newsletter of the International Association for near-death studies.
Les personnes ainsi sélectionnées ont été contactées par les deux chercheurs. Lors d’un premier appel téléphonique, ils ont apprécié le degré de cécité du sujet et déterminé si, selon les critères qu’ils avaient établis au préalable, il avait effectivement vécu une NDE ou une OBE[13] qui, elle, n’était pas liée à un état de mort imminente.
46 personnes ont fait l’objet d’un entretien téléphonique, 31 seulement correspondaient aux critères préétablis et ont été retenues pour participer à l’enquête.
Il s’agissait de 20 femmes et 11 hommes, âgés de 22 à 70 ans.
16 de ces sujets avaient vécu une NDE, 5 sujets avaient vécu une NDE et, à d’autres occasions, une ou plusieurs OBE.
Ainsi, 21 personnes en tout avaient vécu une NDE et une ou plusieurs OBE.
En plus, 10 sujets avaient seulement expérimenté une ou plusieurs OBE.
Circonstances qui sont à l’origine de l’expérience de mort imminente
13 cas : maladie ou opération chirurgicale.
6 cas : accident (majoritairement accidents de voiture).
2 cas : bagarres.
1 cas : viol.
1 cas : combat.
1 cas : tentative de suicide.
Nous sommes en présence d’un total de 24 NDE puisque trois personnes ont vécu deux NDE qui sont comptées séparément.
La majorité des OBE est intervenue en situation de relaxation et de repos corporel, mais quelques-unes ont été provoquées de manière violente par des chutes ou des viols.
Statut visuel des personnes étudiées[14]
L’ensemble des 31 sujets, comprenant les personnes ayant vécu une NDE et/ou une OBE se décompose comme suit :
14 des sujets étaient aveugles de naissance.
11 personnes souffraient d’une cécité adventive, c’est-à-dire qu’elles avaient perdu la vue après l’âge de cinq ans.
6 sujets étaient fortement malvoyants[15].
Afin de déterminer si les expérienceurs[16] bénéficient de la vue pendant leur NDE, RING et COOPER ont exclu les sujets qui n’ont vécu qu’une OBE. Ils se sont ainsi limités aux 21 expérienceurs mentionnés plus haut, soit 12 femmes et 9 hommes.
Réponse aux trois questions initiales
L’étude des 21 expérienceurs a fourni le résultat suivant :
1) Est-ce que les aveugles vivent des NDE ? La réponse est Oui.
2) Est-ce que ces NDE sont identiques ou différentes de celles des personnes voyantes ? Ces NDE sont en tous points identiques à celles des personnes qui bénéficient de la vue.
3) Les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent-ils des perceptions visuelles ?
Avant de répondre à cette troisième question qui est cruciale, examinons le cas de Vicki UMIPEG. Vicki est une aveugle de naissance de 43 ans qui a vécu deux NDE. La première s’est produite à l’âge de 12 ans suite à une appendicite compliquée par une péritonite. La deuxième NDE est intervenue dix ans plus tard, quand elle avait 22 ans, suite à un accident de voiture.
Vicki était une grande prématurée, née à 22 semaines seulement. Elle fut mise en couveuse et, comme cela arrivait malheureusement souvent à cette époque-là, le débit de l’oxygène qui lui était administré était mal réglé et son nerf optique a été irrémédiablement endommagé, entraînant une cécité complète.
Selon ses propres paroles, avant sa NDE, elle n’a jamais bénéficié d’aucune perception visuelle. Voici comment elle décrit sa vie d’aveugle :
RING : "Pouviez-vous voir quelque chose ?"
Vicki : "Non rien, jamais. Pas de lumière, pas d’ombre, rien du tout, jamais."
RING : "Ainsi, le nerf optique a été détruit dans vos deux yeux ?"
Vicki : "Oui, complètement. Voyez-vous, je n’ai jamais été capable de comprendre ce que les gens entendent par le concept de lumière."[17]
Pourtant, pendant la deuxième NDE de Vicki, une chose extraordinaire s’est passée. Cette expérience de mort imminente est survenue lors d’un grave accident de voiture au cours duquel Vicki a été très grièvement blessée. Elle souffrait de multiples fractures dont une fracture du crâne, de blessures à la nuque, au dos et à une jambe. Une très longue convalescence a été nécessaire et elle ne put se tenir debout sans s’évanouir qu’un an seulement après avoir quitté l’hôpital.
En décrivant sa NDE, Vicki dit qu’elle a quitté son corps et s’est retrouvée dans un corps non-matériel qui avait pourtant une forme distincte et était "comme fait de lumière". Elle n’a aucun souvenir de son transport en ambulance à l’hôpital mais se souvient de s’être retrouvée au plafond dans une salle d’opération de l’hôpital. Elle observait un médecin et une femme s’affairer sur son corps. Elle ne pouvait pas préciser si la femme était également médecin ou infirmière. Vicki essayait avec désespoir de leur dire de ne pas s’acharner sur son corps, qu’elle était bien et en paix, mais évidemment elle n’arrivait pas à communiquer avec eux.
C’est à cet instant qu’intervint l’épisode qui fut source d’étonnement pour Vicki qui, rappelons-le, n’a jamais eu aucune perception visuelle depuis qu’elle est née. Elle le décrit ainsi :
"... Je savais que c’était moi. A l’époque, j’étais assez maigre. J’étais très grande et maigre. Au début, je voyais simplement qu’il y avait un corps étendu là-bas, mais je n’avais pas encore réalisé que c’était le mien. En même temps, je me rendais compte que je me trouvais au plafond et je me suis dit "Tiens, c’est curieux. Qu’est-ce que je fais ici ?" Je me suis dit "Eh bien, ça doit être moi. Est-ce que je suis morte ?" Puis j’ai aperçu ce corps là-bas et... j’ai compris que c’était le mien parce que je n’étais pas dans mon corps, donc ça devait être le mien.[18]"
Presque immédiatement après cet épisode, elle se souvient qu’elle monta à travers les plafonds de l’hôpital jusqu’à ce qu’elle en traverse le toit. Depuis cette perspective, elle avait une vue panoramique des alentours. Elle se sentait toute excitée et se réjouissait énormément de ce sentiment de liberté qu’elle expérimentait. En même temps, elle entendit une musique exquise, sublime et harmonieuse. Ensuite, elle s’est sentie aspirée dans un tunnel. Tout était noir autour d’elle mais bientôt elle vit une lumière au bout. Quand elle s’approcha du bout du tunnel, la musique s’intensifia. A cet instant précis, elle sortit du tunnel et se retrouva étendue dans l’herbe, entourée de fleurs magnifiques ainsi que de nombreuses personnes. L’endroit était inondé de lumière et Vicki dit qu’elle pouvait aussi bien voir la lumière que la sentir. Et cette lumière était faite d’amour. Les gens qui se trouvaient là étaient également lumineux et personnifiaient l’amour. "Tout était fait de lumière", nous dit Vicki "moi aussi, j’étais faite de lumière. Et l’amour était partout. C’est comme si l’amour jaillissait de l’herbe, des oiseaux, des arbres, de partout"[19].
Vicki reconnut alors cinq personnes qu’elle avait fréquentées pendant sa vie terrestre et qui étaient venues pour l’accueillir. Il y avait Debby et Diane, deux camarades de classe, aveugles comme elle, qui étaient décédées à l’âge de 11 ans et 6 ans respectivement. De leur vivant, elles étaient profondément handicapées mentalement, en plus d’être aveugles, mais lors de cette rencontre, elles étaient rayonnantes et belles, en bonne santé et pleines de vitalité. Elles n’étaient plus des enfants mais des adolescentes.
Vicki aperçut également deux personnes qui s’étaient occupées d’elle pendant son enfance et qui étaient également décédées. Finalement, Vicki rencontra sa grand-mère qui était morte deux ans auparavant et qui s’approcha pour prendre Vicki dans ses bras. Lors de toutes ces rencontres, il n’y eut pas d’échange de paroles mais uniquement un échange d’amour et de bienvenue. Ensuite, Vicki vit un être qui rayonnait mille fois plus que les personnes qu’elle venait de rencontrer. Avec le soutien bienveillant de cet Être de lumière, elle expérimenta une revue de vie et visionna également son avenir en compagnie de ses enfants auxquels elle donnerait naissance dans le futur. Finalement, cet Être de lumière lui signifia qu’elle devait retourner sur terre pour y enseigner l’amour et le pardon.
Ce témoignage ainsi que d’autres cas étudiés par RING et COOPER permettent de répondre à la troisième question : oui, les aveugles, même les aveugles de naissance, ont des perceptions visuelles qui concernent aussi bien notre monde physique que cette autre dimension à laquelle la NDE semble donner accès.
Fréquence des perceptions visuelles chez les aveugles qui vivent une NDE
Rappelons que 21 expérienceurs ont été inclus dans l’enquête de RING et COOPER.
De cet échantillon :
15 personnes ont bénéficié de la vue pendant leur NDE.
3 personnes ne sont pas sûres si oui ou non elles ont vu pendant leur NDE.
3 personnes n’ont pas eu de perceptions visuelles du tout, dont deux aveugles de naissance.
Il convient cependant de se poser la question si les trois personnes mentionnées en dernier n’ont réellement rien vu pendant leur NDE ou si elles ne savent tout simplement pas ce que "voir" signifie.
Un homme qui a été inclus dans la troisième catégorie, celle des trois personnes qui affirment n’avoir eu aucune perception visuelle, dit ceci "Je ne sais pas ce que vous entendez par "voir"[20]. Quoi qu’il en soit, il ressort clairement de cette étude qu’une majorité d’aveugles a bénéficié de la vue pendant leur NDE, tandis qu’une minorité seulement n’est pas sûre d’avoir eu des perceptions visuelles ou n’en a effectivement pas eues. Signalons que cette évidence est encore plus forte parmi les personnes aveugles qui ont expérimenté une OBE : 9 sur 10 ont bénéficié de la vue pendant leur décorporation.
Ainsi, 25 personnes ont témoigné d’une sorte de perception visuelle pendant leur NDE ou leur OBE, soit 80 % sur l’ensemble des sujets examinés. Même chez les aveugles de naissance, 9 sur 14 ont bénéficié de la vue, soit 64 %.
Mais qu’est-ce que ces personnes voient exactement ?
Les expérienceurs non-voyants ou malvoyants voient exactement les mêmes choses que les expérienceurs voyants :
Dans notre monde physique : 10 sur les 21 expérienceurs aveugles disent avoir vu leur corps depuis l’extérieur. 7 sur les 10 personnes aveugles qui ont fait une OBE font le même constat.
D’autres perceptions visuelles dans notre monde physique sont rapportées avec maints détails comme celles concernant l’équipe médicale qui s’affaire sur le corps de la personne concernée, la description de la salle d’opération, les gestes médicaux exécutés, les détails de l’accident qui l’a amenée au seuil de la mort, etc.
La description que les aveugles font du déroulement de la NDE dans l’"autre dimension" est en tous points identique à celle des expérienceurs voyants.
Les aveugles sont les premiers étonnés de voir pendant leur expérience de mort imminente, ainsi que le décrit une femme qui est devenue complètement aveugle à l’âge de 22 ans, suite à une maladie :
"Je pouvais voir et j’étais supposée être aveugle ! Je sais que je pouvais tout voir. Quand j’étais en dehors de mon corps, tout était parfaitement clair. Je pouvais voir tous les détails"[21]. »
Voir ou savoir ?
Une étude plus approfondie, une analyse plus fine des récits ont ainsi amené RING et COOPER à constater que ce qui est en jeu est une conscience d’une nature très complexe issue de plusieurs sens et non pas une simple perception visuelle.
Les expérienceurs aveugles sont hésitants, mal à l’aise, empruntés quand on les pousse à analyser leurs perceptions visuelles. "Oui", répondent-ils, "bien sûr j’ai tout vu, l’équipe médicale, mon corps disloqué, la voiture qui tombait dans le ravin, les gens qui couraient dans tous les sens, j’ai tout vu mais pourtant je ne suis pas convaincu que "voir" est le terme juste". Quand RING demanda à Vicki si elle pensait que sa NDE se situait plutôt au niveau de la vue ou du savoir, elle répondit sans aucune hésitation "C’était les deux, Ken, c’était en même temps voir et savoir.
Voici comment un autre témoin le formule :
"Comme je n’avais pas d’yeux (puisque je n’étais pas dans mon corps), je "voyais" avec toute ma conscience".
L’évidence s’impose que les expérienceurs non-voyants et malvoyants ont accès à une sorte de connaissance, basée sur une prise de conscience généralisée issue d’une multitude d’impressions sensorielles, surtout tactiles. Ce savoir leur donne accès à toutes les informations, situées aussi bien dans notre monde physique que dans l’autre dimension.
Il est important de bien comprendre qu’ils n’ont pas deviné ce qui s’est passé pendant leur expérience de mort imminente, ils l’ont bel et bien vu, mais ce voir est plus vaste que nos perceptions visuelles habituelles, ce voir englobe un savoir qui donne à la vision une puissance et une acuité impossibles à obtenir dans une perception visuelle habituelle.
Ce qui est en jeu est une omniscience qui ne semble accessible que dans un état de conscience élargie, dans notre cas - mais pas forcément toujours - lié à un état de mort imminente.
La subtilité de cette problématique est évidente, comme bien d’autres aspects de l’expérience de mort imminente qui me passionne précisément à cause de sa complexité.
Pour approfondir leur analyse, RING et COOPER citent une expérience de méditation d’une personne malvoyante :
"A cette époque, je méditais tous les jours. Pendant un de ces états profonds de méditation, j’ai vécu une expérience extrêmement saisissante et intense. Bien que mes yeux étaient fermés, je pouvais tout à coup tout voir - toute la pièce et moi au milieu - et je serais incapable de vous dire depuis quel endroit je voyais tout cela ! Je ne voyais pas avec mes yeux ou depuis un seul point de vue ou angle. C’était comme si je voyais tout depuis partout ! C’était comme s’il y avait des yeux dans chaque cellule de mon corps et dans chaque particule qui m’entourait. Je pouvais voir simultanément depuis un point situé devant moi, au-dessus de moi, en dessous de moi, derrière moi, etc. Tout se passait comme s’il n’y avait aucun observateur séparé de ce qui était vu. Il y avait simplement une prise de conscience parfaite de toute chose.
Cette description est intéressante à double titre. Premièrement, elle explique bien la puissance tout à fait étonnante de ce type de vision. D’ailleurs, il convient de souligner que la conscience semble fonctionner de manière omnidirectionnelle. Deuxièmement, elle illustre une certitude qui n’est pas soulignée suffisamment, c’est-à-dire que ce qui se passe pendant une NDE peut se produire également dans d’autres états élargis, de conscience par exemple, pendant la méditation.
Regardons de plus près à quoi ressemble cette vision décuplée, transcendée. Une femme a contracté une pneumonie lors de sa deuxième grossesse et, à son arrivée à l’hôpital, elle perdit conscience. A cet instant, elle fit une décorporation :
"Je planais au-dessus d’une civière dans l’une des salles d’urgence de l’hôpital. Je regardais la civière et me rendis compte que le corps enveloppé dans des draps était le mien, mais cela m’était bien égal. La pièce était beaucoup plus intéressante que mon corps. Et quelle belle perspective j’en avais ! Je pouvais tout voir. Et je veux dire vraiment tout ! Je pouvais voir le haut de la lampe du plafond et le dessous de la civière. Je pouvais voir les carreaux du plafond et les carreaux du sol - simultanément. Je bénéficiais d’une vision sphérique de 360°. Et elle n’était pas uniquement sphérique mais détaillée ! Je pouvais voir chaque cheveu ainsi que le follicule dont il sortait sur la tête de l’infirmière qui se trouvait à côté de la civière. A ce moment-là, je savais exactement combien de cheveux elle avait sur la tête. Ensuite, j’ai changé de perspective. L’infirmière portait des collants Nylon blancs brillants. Chaque reflet et chaque scintillement se détacha avec une netteté éblouissante et de nouveau je savais exactement combien d’étincelles il y avait".
Revenons une fois encore sur la troisième question posée par l’étude de RING et COOPER :
Les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent-ils des perceptions visuelles ?
La réponse est "oui et non" ! Il serait inexact de dire que les aveugles voient pendant leur NDE mais plus juste de constater qu’une conscience de nature complexe et insuffisamment comprise à ce jour leur donne accès aux mêmes informations que nous, personnes voyantes, obtenons à travers la vision.
Cette conscience, cette omniscience, va bien au-delà de tout ce que la perception visuelle habituelle peut offrir. Il s’agit bien ici d’un état de conscience élargie, que RING et COOPER ont décidé d’appeler "conscience transcendantale".
Nous pouvons dorénavant affirmer que ce ne sont pas les yeux qui voient mais l’esprit !
Non-voyants, malvoyants, voyants : tous égaux devant la NDE
Aucun expérienceur, non-voyant, malvoyant ou voyant, ne perçoit les scènes qu’il observe lors de la décorporation à travers ses organes visuels, car ils sont tous inconscients lors de leur expérience de mort imminente. La seule différence réside dans le témoignage de la NDE, dans la difficulté additionnelle que rencontre l’aveugle de naissance à décrire son expérience, car il n’a jamais vu le monde auparavant.
La NDE ne peut pas être comprise si on néglige sa nature symbolique
Il est certain que la NDE est, dans son essence, intrinsèquement symbolique. Elle est toujours codée, présentée, mise en scène de telle manière que l’expérienceur puisse la comprendre, qu’elle ait un sens pour lui.
Pendant leur NDE, certaines personnes sentent la présence d’un proche ou de l’Être de lumière, d’autres les voient et peuvent les décrire en détail par exemple l’Être de lumière rayonnant d’un éclat surnaturel tel que décrit par les symbolismes religieux ou un proche vêtu du même costume qu’il portait de son vivant. Personnellement, il me semble évident qu’il s’agit en fait d’un support visuel qui permet à la personne mourante de s’acclimater à cette autre dimension réellement inimaginable, incompréhensible sans ce support visuel qui permet de faire le lien entre le monde matériel et le monde immatériel, telle une interface dans le sens informatique du terme.
RING et COOPER pensent que la connaissance suprasensorielle, qui se produit donc en dehors de nos sens, n’est traduite en image qu’au moment où l’expérienceur raconte sa NDE. C’est uniquement au moment où il doit transposer en paroles ce qu’il a vécu que cette omniscience, cette connaissance absolue dont il a bénéficié pendant sa NDE, devient "perception visuelle". C’est pour cette raison que tous les expérienceurs, non-voyants, malvoyants et voyants, appellent "voir" ce qui, en fait, est "percevoir" grâce à une conscience transcendantale.
Comme une conscience transcendantale doit, par essence, transcender les limites des sens, il n’est pas étonnant que les expérienceurs aveugles parlent de "vision parfaite jusque dans les moindres détails, d’une perfection absolue de leurs capacités visuelles".
D’ailleurs, il est si significatif que diverses théories de la science moderne se rejoignent dans la certitude que la conscience est à l’origine de tout et la base même de tout être.
Quatre postulats
RING et COOPER ont retenu quatre postulats :
1) Le premier postulat dit que la conscience est primordiale et la base de tout être. Voici quelques phrases empruntées à un penseur nommé GOSWAMI :
"Tous les événements sont des phénomènes de conscience. Au-delà de ce que nous percevons comme la réalité immédiate, il y a la réalité transcendantale. En fin de compte, toute réalité est faite de conscience. La division de la réalité en transcendance et immanence est un épiphénomène de l’expérience".
2) Le deuxième postulat de cette même science moderne affirme que la conscience est non localisée. Ceci signifie que l’esprit, plutôt que d’être enraciné, localisé dans un individu et assujetti au temps qui s’écoule de la naissance à la mort, n’est en fait localisé ni dans le temps, ni dans l’espace.
3) Le troisième postulat argumente que la conscience est unitive. Ceci signifie qu’il n’y a qu’une conscience que nous nommons Esprit, et que la notion d’esprits individuels n’est en fait rien d’autre qu’une illusion pratique que DOSSEY (1989) appelle sarcastiquement "l’illusion d’un moi séparé et la sensation d’un ego qui possède un esprit séparé.
4) Le quatrième postulat profère que la conscience peut et, en effet, doit quelquefois fonctionner en dehors du cerveau.
Ceci est essentiel pour comprendre pourquoi les expérienceurs aveugles sont conscients de quelque chose qui est assimilable à la perception visuelle.
DOSSEY, l’exprime ainsi :
"Si l’esprit est non-local, il est forcément indépendant du cerveau et du corps qui, eux, sont locaux. Si l’esprit est non-local, séparé du cerveau et du corps, donc pas entièrement assujetti à l’organisme physique, alors la possibilité de la survie de l’esprit, lors de la mort du corps, devient une possibilité".
Comme DOSSEY et beaucoup d’autres théoriciens l’ont exprimé, bien que l’esprit ne soit pas un produit du cerveau, ceci n’exclut pas qu’il peut par moments fonctionner dans le corps, à travers le cerveau, pour nous fournir notre représentation quotidienne du monde.
La conscience transcendantale
Voici la conclusion à laquelle RING et COOPER sont arrivés au terme de leur recherche :
Il s’agit d’une vision sans perceptions visuelles. Ce que nous avons pris pour une perception visuelle au premier abord s’est révélé être tout autre chose : une conscience transcendantale. Cette conscience transcendantale fonctionne indépendamment du cerveau mais doit, pour être nommée, nécessairement être filtrée par lui et par un deuxième filtre qui est celui du langage.
Ainsi, jusqu’à ce que le vécu de l’expérienceur (non-voyant, malvoyant ou voyant) arrive chez nous, observateur, l’expérienceur l’a traduit en "perception visuelle". Mais, en fait, il s’agit de tout à fait autre chose, de quelque chose d’une essence si inhabituelle qu’il est excessivement difficile de le décrire avec nos mots de tous les jours.
La recherche sur la conscience, s’appuyant par exemple sur les découvertes de la physique quantique, est certainement une des clés capables d’ouvrir la porte de ce royaume si mystérieux et si fascinant.
Notes :
[5] Near-death experience (NDE) : expérience de mort imminente (EMI) ou expérience aux frontières de la mort (EFM).
[6] Chercheur polonais émigré aux Etats-Unis, fondateur de la "psychologie transpersonnelle" et des techniques de "respiration holotropique".
[7] Mindsight, p. 1.
[8] Toutes les citations de Mindsight ont été traduites par Evelyn ELSAESSER-VALARINO.
[9] Professeur Emeritus de psychologie, Université du Connecticut, USA.
[10] Docteur en psychologie, Université de New York, USA.
[11] Lessons from the Light par Kenneth RING, en collaboration avec Evelyn ELSAESSER-VALARINO, Perseus Books, Reading, Mass. USA, 1998, chapitre 3.
[12] Mindsight par Kenneth RING, en collaboration avec Sharon COOPER, William JAMES Center for Consciousness Studies - Institute of Transpersonal Psychology, Palo Alto CA, USA.
[13] Out of body experience : sortie hors du corps ou décorporation.
[14] Pour des raisons de clarté rédactionnelle, j’utilise le terme "aveugle" pour me référer à ces trois catégories de sujets.
[15] Les personnes malvoyantes inclues dans cette étude doivent pratiquement être assimilées à des aveugles, leur statut visuel ne leur permettant que très peu d’autonomie visuelle.
[16] Terme emprunté à la littérature spécialisée anglo-américaine désignant une personne qui a vécu une expérience de mort imminente.
[17] Mindsight, p. 23.
[18] Ibid, p. 25
[19] Ibid, p. 26.
[20] Ibid, p. 74.
[21] Ibid




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse


 Aveugles et NDE

Marlyse Tschui ( Edicom - Edipresse Publications s.a.)

“C’était comme si j’avais toujours été capable de voir. C’était si naturel, presque comme si j’avais pu voir pendant toute ma vie. D’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi je n’arrivais plus à voir une fois que j’étais retourné dans mon corps, parce que c’était tout à fait normal de voir. Je me suis dit que je devrais pouvoir ramener cela avec moi en revenant à la vie. Comme si la vue était quelque chose que j’avais toujours eu, je me sentais tout à fait à l’aise avec le fait de voir.”*

Aveugle de naissance, cet homme s’est confié dans le cadre d’une enquête menée aux Etats-Unis par le professeur Kenneth Ring. Objectif de cette nouvelle investigation sur les NDE, ou near death experiences (lire encadré): vérifier des rumeurs affirmant que des aveugles disposaient de la faculté de voir au moment précis où ils se trouvaient aux portes de la mort.
Comme les voyants avant eux, les aveugles ont décrit la scène qui se déroulait “sous leurs yeux” entre le moment où ils ont été déclarés mort cliniquement et celui où ils ont été réanimés. Ils ont pu non seulement restituer les dialogues des soignants sur le lieu de l’accident ou dans la salle d’opération après leur arrêt cardiaque, mais aussi fournir des détails visuels vérifiables sur leur environnement, les personnes présentes et les gestes entrepris pour leur réanimation. A leur grand étonnement, ils voyaient! Et à leur grande déception, ils se sont retrouvés aveugles en revenant à la vie. Pour nombre d’entre eux, le fait d’accéder subitement à la vision a été très troublant.
“Au début, c’était effrayant. J’avais de la peine à établir un lien entre ce que je voyais et percevais par rapport à ce que j’avais l’habitude de reconnaître par le toucher. Voir ne correspondait en rien à ce que j’avais connu pendant toute ma vie.” “Bien sûr j’ai tout vu, l’équipe médicale, mon corps disloqué, la voiture qui tombait dans le ravin, les gens qui couraient dans tous les sens; j’ai tout vu, mais pourtant je ne suis pas convaincu que “voir” est le terme juste.” "J'avais de la peine à établir un lien entre ce que je voyais et percevais par rapport à ce que j'avais l'habitude de reconnaître par le toucher."
“Comment expliquer cela avec des mots? C’était comme entendre des paroles et ne pas être en mesure de les comprendre, tout en sachant qu’il s’agit bien de paroles, en partant du principe qu’avant on n’avait jamais rien entendu. Il s’agissait de quelque chose de complètement nouveau pour moi.”
“La seule chose dont je sois sûr concernant ces images, c’est qu’elles venaient à moi sous forme de conscience et que j’étais conscient de ces images d’une manière que je ne m’explique toujours pas à ce jour. Je ne pourrais pas vraiment dire qu’elles étaient visuelles, parce que je n’avais jamais rien connu de tel auparavant.”

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NEDE négatives - Revers de la médaille
 http://www.paranormal-info.com/Le-revers-de-la-medaille-ou-la.html

Le revers de la médaille ou la face cachée d’une belle expérience

Par Evelyn Elsaesser-Valarino
Quand Eric RAULET, Directeur de la publication Ondes, m’a demandé d’écrire un article sur les NDE négatives, j’ai accepté malgré le fait que je me suis rendue compte immédiatement que c’était probablement l’aspect des NDE que je connaissais le moins bien. Si Eric m’avait chargée d’écrire une contribution sur la revue de vie, les NDE chez les aveugles ou les transformations psychologiques constatées chez les expérienceurs2, j’auraisaussitôt pris ma plume - ou plutôt mon ordinateur - et rempli de nombreuses pages sans hésitation. Commenter les NDE négatives, par contre, m’a demandé un temps de réflexion et de lecture. Une NDE négative est effrayante, voire même angoissante et par conséquent elle n’est agréable ni pour celui qui l’a vécue et la relate, ni pour celui qui l’étudie, ni pour 2 Terme emprunté à la littérature spécialisée anglo-américaine désignant une personne qui a vécu une expérience de mort imminente. celui qui en prend connaissance. Il est certain que les NDE positives sont infiniment plus plaisantes à vivre et à raconter, remplies qu’elles sont de merveille, de rencontre avec un Être de lumière d’une infinie bonté, de révélation de l’amour total, d’immersion dans la connaissance absolue... Bref, une des raisons pour laquelle on n’a entendu parler des NDE négatives que vers la fin des années 1970 est en partie due au fait qu’une NDE positive est plus attrayante à explorer qu’une NDE négative. Nous avons tous envie, consciemment ou inconsciemment, de croire en une après-vie aussi éblouissante que l’amorce vécue par les expérienceurs nous la laisse deviner.
Mais ceci n’enlève rien à l’authenticité de l’expérience de mort imminente car un désir peut évidemment correspondre à une réalité. Pourtant, comme nous allons le voir, la motivation du chercheur n’est pas seule en cause en ce qui concerne la relative méconnaissance des NDE négatives.
Données statistiques
Nous disposons seulement de quelques estimations quant au pourcentage de NDE négatives et non de chiffres unanimementreconnus3. Kenneth RING (1999) a estimé à 5 % le nombre de NDE négatives, Peter FENWICK5 à 4 % (1999). Pourtant ces NDE négatives existent indéniablement et même si elles sont statistiquement peu significatives, elles méritent notre attention à double titre : il est trop facile de ne contempler que la face lumineuse d’une pièce, la face cachée doit être analysée tout aussi attentivement. De plus, l’étude des NDE négatives nous révélera certainement des aspects aussi passionnants que les NDE positives.
Qu’est-ce qu’une NDE négative ?
Depuis une trentaine d’années, nous entendons parler de NDE qui amènent l’expérienceur dans un environnement rayonnant d’amour et de lumière, de rencontres et de visions paradisiaques, de sentiments de bonheur et d’euphorie absolus. Cependant, depuis relativement peu de temps, cette image idyllique a été troublée par des récits de NDE effrayantes, terrifiantes que les chercheurs ont appelé " NDE négatives ". Ces expériences ont souvent des connotations religieuses comme la vision de l’enfer, la rencontre avec une foule de gens croupissant dans un endroit laid, sale et sombre, plongé dans une chaleur insupportable. Ces personnes tendent leur bras dans une supplication vaine pour obtenir un verre d’eau, condamnées qu’elles sont à souffrir mille morts pendant une durée infinie.
Voici comment une personne décrit sa NDE négative (LINDLEY, BRYAN,and CONLEY, 1981) : " Je suis descendu ! Là en bas, tout était noir, il y avait des gens qui hurlaient, il y avait un feu, ils voulaient boire...D’abord nous sommes descendus, il faisait nuit noire... Ce n’était pas un tunnel, c’était plus qu’un tunnel - une espèce de tunnel énorme. Je descendais en flottant...J’ai vu beaucoup de gens là-bas, ils criaient et hurlaient... Je dirais... qu’il y en avait peut-être un million. Ils étaient misérables et remplis de haine. Ils demandaient à boire. Ils n’avaient pas d’eau du tout... Il était là, muni de petites cornes... Je l’ai tout de suite reconnu... Le diable lui-même !
Qui a fait connaître les NDE négatives ?
Un cardiologue américain nommé Maurice RAWLINGS a été l’un des premiers à mentionner dans son ouvrage Beyond Death’s Door7 (1978) de très nombreuses NDE effrayantes, décrivant des scènes d’enfer, des personnes qui suppliaient l’équipe médicale qui les assistait dans leur crise de mort imminente de ne pas les laisser replonger dans cet environnement terrifiant qu’elles appelaient l’enfer, Par ailleurs,RAWLINGS prétendait que la quasi totalité des NDE induites par tentative de suicide étaient négatives, ce que toutes les études postérieures ont clairement démenti. Des chercheurs tels que SABOM (1979) et Ring (1980) ont émis des réserves quant au sérieux des conclusions avancées par RAWLINGS, connu pour ses positions religieuses fondamentalistes et pour sa méthodologie pour le moins approximative, voire douteuse. Pourtant, personne ne niait l’existence des NDE négatives et Margot GREY l’exprimait ainsi " des rencontres négatives, bien que peu fréquentes, existent incontestablement " (1985).
DIVERSES INTERPRÉTATIONS
L’expérience s’est terminée trop tôt
Personnellement, je suis enclin à penser qu’une NDE négative est une expérience qui s’est terminée trop vite, de manière inopportune. Nous savons qu’une partie des expérienceurs connaissent un sentiment de désorientation ou même d’angoisse au moment de la décorporation. Nous trouver à l’extérieur de notre corps physique, le voir étendu en dessous de nous, de notre conscience, de plus savoir si nous sommes vivants ou morts constitue évidemment un choc, ou pour le moins un fort étonnement, ce qui peut causer des frayeurs. Je rejoins LINDLEY, BRYAN et CONLEY (1981) qui affirment " La plupart des NDE négatives commencent par un instant de frayeur ou de panique ou bien par la vision de créatures irritées ou effrayantes. Pourtant, à un certain moment, elles se transforment en expériences positives dans lesquelles toute négativité se dissipe et la première étape de la mort (paix) est ainsi atteinte ".
La NDE inversée
Ring (1994) appelle NDE inversée une NDE qui comprend exactement lesmêmes composantes qu’une NDE positive mais est ressentie comme négative par l’expérienceur. Comment est-ce possible que ce qui a été décrit comme l’événement le plus merveilleux de leur vie par des millions d’expérienceurs soit ressenti de manière négative par d’autres, si minime que soit leur pourcentage ? La réponse est peut-être liée à l’ego et GREYSON et BUSH l’ont expliqué comme ceci " La personne qui réagit ainsi est terrifiée par la perspective de perdre son ego pendant le processus (de mourir). En conséquence, la personne résiste frénétiquement au processus de l’agonie quand elle devrait au contraire s’y abandonner. C’est précisément cette résistance qui crée la frayeur croissante qui vient s’infiltrer dans toute l’expérience ". Le fait de résister, de refuser de lâcher prise, est certainement une des clés qui permet d’expliquer les NDE négatives. Une correspondante de RING (1984) analyse elle-même son expérience et arrive à la conclusion que sa terreur de la mort de l’ego a été à l’origine de sa NDE négative. De plus, il est intéressant de noter qu’elle se perçoit comme étant simultanément elle-même et sa conscience qui s’observe : " Un effet de boule de neige se produisit. Toute mon énergie afflua à l’intérieur et j’étais frénétique. J’ai vécu l’enfer et jamais, de toute ma vie, avais-je ressenti une telle terreur. Il s’agissait de la mort de mon ego. Je fus remplie d’une incroyable terreur qui consuma tout. Une lutte violente et d’énormes bouleversements accompagnèrent la mort de mon ego. La majeure partie de mes souvenirs de ce moment critique est constituée de ma lutte et de ma terreur. La meilleure comparaison que je pourrais faire est l’image d’un petit enfant qui est traîné quelque part contre sa volonté et qui hurle et donne des coups de pieds pendant tout le trajet...Quelqu’un était en train d’observer tout cela et ce quelqu’un était toujours moi et pourtant le moi, comme j’avais l’habitude de le définir, était mort. Le moi (la personnalité) observait tout cela et était le témoin de la mort du moi (l’ego). Tout ceci était très troublant et pourtant tout à fait évident en même temps. En accord avec cette prise de conscience je me suis abandonnée à cette force et j’ai dit OK, je me rends, j’irai là (où je dois aller) calmement et silencieusement et j’ai senti une présence aimante qui m’entourait et me pénétrait. C’était un endroit merveilleux, rempli de paix, d’harmonie absolue, tout s’y trouvait... ". Dans ce récit on voit clairement que deux facteurs sont à l’origine de cette NDE négative : la frayeur et le refus de lâcher prise. Je fus intéressée de constater le degré de libre décision de cette femme :elle n’est pas passive dans cet épisode, elle ne subit rien, bien au contraire, c’est elle qui détermine l’instant où elle accepte l’expérience, où elle dit oui à ce passage qui lui est proposé, librement et consciemment. Ensuite, elle vit une expérience de mort imminente positive, transcendante. Ainsi, on peut dire que la NDE inversée est provoquée par la peur, voire la terreur, générées par la perspective de la mort de l’ego. Les personnes qui sont incapables de lâcher prise ou qui entrent dans l’expérience de mort imminente handicapées par une violente appréhension, quelle qu’en soit la cause, peuvent vivre des NDE négatives, qui finiront cependant par rejoindre un déroulement classique de NDE positive.
Que faut-il entendre par " la mort de l’ego " ?
Ring suggère que les NDE négatives seraient induites par le refus de l’expérienceur de reconnaître que sa personnalité, qu’il confond avec son identité n’est ni réelle, ni durable. La partie qui meurt n’est pas réelle mais représente uniquement notre attachement à une identité partielle. Sans en être véritablement conscients, nous faisons partie d’un ensemble, d’une unicité cosmique, que nous rejoindrons lors de notre passage - au moment de la mort -, vers cette " autre dimension ". Pourtant, notre vie de tous les jours, est régie par l’ego, et cela aussi est une réalité, la réalité de notre existence terrestre. RING (1991), l’exprime ainsi : " ... et nous amenons cet ego avec nous dans les premières phases de la NDE, quand nous nous accrochons encore à notre conviction d’être des individus séparés, autonomes. Peu importe que l’ego soit en fin de compte une illusion, qu’il crée cette idée erronée de séparation, c’est quand même la lentille à travers laquelle nous sommes habitués à voir le monde et nous ne connaissons rien d’autre. L’ego est aussi un système défensif et de ce fait très attaché à perpétuer sa propre survie. Il ne veut pas mourir, à aucun prix, et quand il se sent menacé - à moins d’être submergé totalement et immédiatement - il mettra n’importe quel barrage en place pour éviter l’anéantissement. C’est la Lumière qui est son ultime ennemie, parce qu’au fur et à mesure que l’ego y pénètre, il devient transparent. Son manège arrive à terme quand la véritable Lumière de notre être - notre essence primordiale et éternelle - se met à rayonner. Le dernier refuge de l’ego, avant de se rendre, est constitué d’un mur de peur qu’il bâtit pour repousser la Lumière ". Un expérienceur, Bob HELM (1993) l’exprime ainsi : " Si nous pouvions abandonner nos peurs, nous pourrions alors immédiatement faire l’expérience de la Lumière... et retourner là où, spirituellement, nous sommes supposés être. (Pour ce faire) nous devons être disposés à faire une introspection, à trouver la peur, à la laisser partir et, à travers une découverte intérieure, à abandonner notre attachement à la Terre. Car si nous avons des pensées conditionnées par la peur, ne serait-ce que quelques-unes, alors nous bloquons l’accès à cette lumière et pourtant c’est bien dans cette lumière-là que nous avons été créés ". Si on admet que l’ego qui semble pourtant être une partie intégrante de nous-mêmes, n’est en fait qu’une illusion, destiné à être anéanti au moment où la conscience pénètre dans une autre dimension, alors on peut également s’interroger sur la valeur à accorder à la NDE négative qu’il met en scène. Ring avance l’hypothèse suivante (1994) : " Selon mon interprétation, la peur associée à ces rencontres est générée par l’ego humain, qui n’est après tout qu’une fiction vide de sens. On pourrait alors prétendre que les NDE négatives elles mêmes ne sont que des fantasmagories illusoires fabriquées par l’ego en réponse à la menace de son propre anéantissement imminent. Ces distractions compréhensibles et même quelquefois effrayantes ne résisteront pourtant pas longtemps à la puissance de la Lumière qui est inconditionnelle et, si mon analyse est juste, l’expression de la réalité elle-même. Ainsi, c’est la NDE transcendante et non celle qui est effrayante qui laisse apparaître l’ultime réalité. Les NDE effrayantes reflètent tout simplement le fait que l’enfer n’est rien d’autre que l’expérience d’un ego qui, se croyant illusoirement séparé (de l’ensemble auquel il appartient), se livre à un combat fantôme".
La NDE infernale
RING et GREY (1985) estiment que les NDE infernales, décrivant des scènes d’enfer, ne sont que des versions plus intenses de NDE inversées. GREYSON et BUSH, cependant, ne rejoignent pas cette interprétation. Ils estiment que ces NDE négatives à connotation infernale ne se transformeront pas en NDE positives au fur et à mesure du déroulement de l’expérience. Bruce Joel ROBIN (1990), auteur des films Ghost et Jacob’s Ladder, donne une interprétation intéressante des NDE nfernales : " Le ciel et l’enfer sont la même chose. Si tu as peur de mourir, tu feras l’expérience de démons arrachant ta chair. Si, par contre, tu attends la mort les bras ouverts, alors tu verras des anges te libérant de ta chair ". Je suis entièrement d’accord avec soninterprétation. Beaucoup d’aspects de la NDE laissent conclure à une très grande liberté de décision de la part de l’expérienceur qui semble rester maître de son destin. La revue de vie, par exemple, qui laisse une totale liberté à la personne qui l’expérimente de juger elle-même sa vie, assistée par la présence bienveillante, aimante et réconfortante de l’Être de lumière. Le retour à la vie également - qui s’effectue au moment où l’expérienceur voit une frontière, symbolisée de diverses manières - est souvent décidé par l’expérienceur lui-même. Il y a eu de très nombreux cas où la personne avait le choix soit de continuer son chemin vers la Lumière et de mourir, soit de revenir à la vie. Cette notion de choix me fait également penser au Livre des Morts Tibétain qui explique que la pensée de la personne décédée crée son environnement. Il est évident que, selon la perspective que l’on adopte, on peut dire que notre chair nous a été arrachée avec violence ou, au contraire, que nous en avons été libérés.
La NDE débouchant sur un vide dénué de toute signification
Les chercheurs ont assimilé aux NDE négatives les expériences qui plongent l’individu concerné dans un environnement privé de toute signification. Tout est absurde et cruellement insignifiant, la NDE ainsi que toute l’existence que le sujet est sur le point de quitter. L’expérienceur se révolte et tente de prouver que sa vie a un sens, qu’elle est réelle. Contrairement aux NDE positives qui semblent se produire en dehors du temps, ce type de NDE se prolonge indéfiniment et de manière insupportable. GREYSON et BUSH ont constaté que, contrairement aux NDE inversées, ce type de NDE ne se transforme pas non plus en expérience positive au fil de son déroulement. Un cas commenté par GREYSON et BUSH (1992) illustre bien ce type de NDE négatives, particulièrement difficiles à vivre compte tenu de la négation sarcastique de l’individu qui n’a aucune possibilité d’échapper à cette situation. Ces expériences sont remplies d’aliénation métaphysique, de solitude et de désespérance : Une femme qui a vécu une NDE lors d’un accouchement très difficile aperçoit un petit groupe constitué de cercles noirs et blancs qui se transforment par moments en cercles de couleur clignotants, émettant le message suivant : " Ta vie n’a jamais existé. Ta famille n’a jamais existé. On t’a simplement permis de l’imaginer... mais rien de tout cela n’a jamais existé. C’est une plaisanterie... ce n’était qu’une plaisanterie... ". Il est important et intrigant de souligner que la majorité de ce type d’expériences se produit pendant des accouchements sous anesthésie.
L’hypothèse prénatale
Les travaux de Stanislav GROF12 (1975, 1985, 1988) fournissent une interprétation de la conscience prénatale qui nous amène à établir des parallèles avec les NDE négatives. Christopher M. BACHE13 (1994) argumente que les trois types de NDE négatives - la NDE inversée, infernale ou celle représentant un vide dénué de sens - sont toutes enracinées dans un état de conscience prénatale, qu’il n’y a qu’une différence de degré mais non pas de nature entre elles. BACHE avance l’hypothèse que la conscience prénatale n’est pas constituée uniquement du niveau foetal mais qu’elle est composée de deux aspects : le personnel et le transpersonnel. Depuis la perspective personnelle, la conscience prénatale apparaît comme le soubassement de l’inconscient individuel, comprenant les fragments mal digérés d’une expérience - la naissance - qui a menacé notre intégrité physique et psychique plus gravement que tout autre événement de notre vie post-natale. De plus, ces souvenirs datent d’une époque où l’individu était tout particulièrement vulnérable et exposé à son environnement. Cependant, depuis la perspective transpersonnelle, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas des êtres autonomes comme nous le supposions. Le niveau prénatal renforce l’identité d’un individu et, en fait, de toute l’espèce dont la prise de conscience n’a pas encore atteint les racines de son existence et n’a pas encore découvert sa connexion avec l’unicité de toute vie. En résumé, on peut dire que les deux expériences, la NDE et l’expérience prénatale, ont ceci en commun : combattre l’expérience ne fait qu’intensifier l’angoisse qui peut y être associée, tandis que s’y abandonner la transforme en une expérience transpersonnelle positive. Si on y entre pleinement et si on se soumet entièrement à leur déploiement, alors les deux expériences culminent dans la mort de l’ego suivie d’une renaissance spirituelle (GROF, 1985).
L’hypothèse du refoulement
Une NDE négative est difficile à raconter, car elle peut faire penser à l’individu qui l’a vécue qu’il l’a mérité et que, étant mauvais, il ne pouvait vivre qu’une expérience négative, à l’image de sa personnalité ; ainsi m’est venue l’idée que les NDE négatives pourraient éventuellement être refoulées, oubliées plus facilement et plus souvent que des expériences positives. J’ai discuté cette hypothèse avec Kenneth RING lors d’unentretien qui a été publié avec d’autres dialogues dans mon ouvrage D’une vie à l’autre14 (1999). J’ai demandé à Kenneth RING s’il pensait qu’il puisse y avoir un nombre beaucoup plus élevé de NDE négatives que celles recensées mais qui auraient simplement été oubliées, refoulées par un inconscient incapable de les affronter. Voici sa réponse : " Je suis tenté de tirer un parallèle avec les drogues psychédéliques. Les expériences psychédéliques sont souvent désagréables, effrayantes, terrifiantes. Mais rien n’indique que ces expériences soient refoulées immédiatement après qu’elles aient eu lieu. Au contraire, elles restent accessibles pendant un certain temps dans le conscient. Je ne pense pas que la psychodynamique d’une NDE soit sidifférente. Oui, dans certains cas, les expérienceurs peuvent oublier. Mais je connais également des cas où il y a eu évidence au moment de la mort imminente que la personne en question était en train de vivre une expérience positive. Des témoins racontaient qu’il y avait une sorte d’extase apparaissant sur le visage de la personne qui vivait une crise de mort imminente. Par la suite quand ces personnes ont été interrogées, il y en avait également quelques-unes qui ne se souvenaient de rien. Cela signifie qu’il n’y a pas que les NDE négatives qui peuvent être refoulées. Il se peut que les NDE positives soient également oubliées, peut être parce qu’elles ne s’ajustent pas au schéma de pensée de la personne qui l’a vécue ".
Est-ce qu’une NDE négative est une NDE méritée ?
Quelle horrible hypothèse ! L’histoire de notre vie déterminerait donc les conditions e notre passage vers l’" autre monde ", avec les vieilles notions de faute, de péché, e règlement de compte et de vengeance réactivés ? Je n’en crois rien. Cela serait tut juste le contraire de ce qui se passe ans la revue de vie pendant laquelle l’expérienceur est assisté et réconforté par Être de lumière lors de l’analyse minutieuse et complète de sa vie. Pas une once de blâme, de reproche ou de engeance n’y apparaît, il n’y a que l’amour, il n’y a que la révélation de toute chose, les causes et les effets de nos actes, paroles et pensées. Je serais bien plus enclin à penser que l’image de soi pourrait éventuellement jouer un rôle déterminant pendant la NDE. Je pourrais concevoir qu’une personne très angoissée, perturbée, en déséquilibre intérieur et emprisonnée dans la culpabilité pourrait avoir des difficultés à se laisser aller dans l’expérience de mort imminente, à lâcher prise et à s’ouvrir à l’émerveillement de la NDE. Peut-être s’y refuserait-elle en estimant qu’elle ne l’a pas mérité, qu’elle n’est pas digne qu’une expérience positive et même éblouissante de beauté et d’amour puisse lui arriver, écrasée qu’elle serait par le poids de mon manque d’amour d’elle-même. RACHE (1994) donne une interprétation différente et tout à fait intéressante de cette problématique. Il écrit ceci : " Une NDE effrayante n’est pas une NDE alternative mais une NDE incomplète. Il ne s’agit pas nécessairement d’un reflet de la moralité de l’individu mais plutôt de la rencontre avec l’une des structures les plus profondes de la psyché, structure qui est universellement distribuée parmi tous les êtres humains. Le fait qu’une personne plutôt qu’une autre soit amenée à atteindre cette structure a sans doute plus à voir avec la force et l’intensité de la NDE plutôt qu’avec la personne qui vit l’expérience de mort imminente et bien des facteurs doivent entrer en ligne de compte dont la majeure partie reste encore à être identifiée ".
Nous arrivons au terme de ce survol préliminaire et quelque peu partiel d’un phénomène captivant - la NDE négative, le revers de la médaille. Il faudra bien plus de recherches et, sans doute, de nouveaux témoignages pour arriver à esquisser un début d’explication. L’étude de la NDE, qu’elle soit positive ou négative, constitue un défi formidable. Elle nous passionne car elle ne se laissera sans doute jamais expliquer complètement. Seule une interrogation qui, par essence, doit rester sans réponse définitive a ce pouvoir magique de pousser notre réflexion vers ses limites, de la sublimer. La NDE concède des fragments, des indices d’une valeur inestimable pour l’appréhension de notre vie, parfois heureuse, souvent difficile, toujours gorgée d’interrogations et d’espoirs incertains. Mais il suffit d’écouter les expérienceurs pour que les pièces du puzzle de la vie commencent à se mettre en place lentement mais sûrement, les choses prennent leur vraie dimension, les valeurs réelles s’imposent à l’évidence, le sens de la vie s’inscrit en filigrane. La NDE nous enrichit, nous transforme dans le processus de son exploration... qui est loin d’avoir abouti !
Bibliographie sélective de quelques auteurs cités :
FENWICK, Peter, Fenwick, Elizabeth. -The truth in the light : an inestigation of ever 300 near-death experiences. - New York : Berkeley Books, 1997. GREY, Margot. - Beyond death : the near-death experience. - Master’s thesis, Keene UK : Antioch University, 1983. GREY, Margot. - The near-death experience : its place in humanistic psychology. - Keene UK : Antioch University, 1983. GREY, Margot. - Return from death : an exploration of the near-death experience. - London : Arkana, 1985. GREYSON, Bruce, FLYNN, Charles P. (eds.). - The near-death experience :problems, prospects, perspectives. - Springfield IL : Charles C. Thomas, 1981. GROF, Stanislav. - Beyond death : the gates of consciousness. - New York : Thames adn Hudson, 1980. GROF, Stanislav ; Bennes, H. Z. - The holotropic mind : the three levels of human consciousness and how they shape our lives. - San Francisco : Harper, 1990. GROF, Stanislav. - Le jeu cosmique : exploration et confins de la conscience humaine.
< Monaco : Ed. du Rocher, 1998. Trad. de : The cosmic game. RAWLINGS, Maurice S. - Au-delà des portes de la mort. - Paris : Pygmalion, 1979. Trad. de : Beyond death’s door. RAWLINGS, Maurice S. - Beyond death’s door. - Nashville TN : Thomas Nelson, 1978. RAWLINGS, Maurice S. - To hell and back : life after death - startling new evidence. - Nashville TN : Thomas Nelson, 1993. RING, Kenneth. - En route vers Oméga. - Paris : Robert Laffont, 1983. Trad. de : Heading toward Omega. RING, Kenneth. - Heading toward Omega : in search of the meaning of the near-death experience. - New York : Morrow, 1984. RING Kenneth ; avec la collab. d’Evelyn ELSAESSER-VALARINO. - Lessons from the light : whan we can learn from the near-death experience. - Reading MA : Perseus Books, 1998. RING, Kenneth. - Life at death : a scientific investigation of the near-death experience. - New York : Coward, McCann and Googhegan, 1980. RING, Kenneth. - Omega project : neardeath experiences, UFO encounters, and mind at large. - New York : Morrow, 1992. RING, Kenneth. - Sur la frontière de la vie. - Paris : Robert Laffont, 1982. Trad. de : Life at death. RINPOCHE, Sogyal. - Le Livre Tibétain de la vie et de la mort. - Paris : La Table Ronde, 1993. Trad. de : The Tibetan book of living and dying. SABOM, Michael. - Light and death : one doctor’s fascinating account of near-death experiences. - Grand Rapids MI : Zondervan Publishing House, 1998. SABOM, Michael. - Recollections of death : a medical investigation. - New York : Harper and Row, 1982.




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

NDE négatives - Explications ?

 http://www.outre-vie.com/vieapresvie/ndesceptique.htm

Interprétations ?



Evelyn Elsaesser-Valarino : " D'une vie à l'autre" :
Des scientifiques explorent le phénomène des expériences de mort imminente" - Paris : Ed. Dervy, 1999. -
L'expérience s'est terminée trop tôt
L'hypothèse a été avancée qu'une NDE négative est une expérience qui s'est terminée trop vite, de manière inopportune. Lindley, Bryan et Conley (1981) affirment "La plupart des NDE négatives commencent par un instant de frayeur ou de panique ou bien par la vision de créatures irritées ou effrayantes. Pourtant, à un certain moment, elles se transforment en expériences positives dans lesquelles toute négativité se dissipe et la première étape de la mort (paix) est ainsi atteinte".
La NDE inversée
Ring (1994) appelle NDE inversée une NDE qui comprend exactement les mêmes composantes qu'une NDE positive mais qui est ressentie comme négative par l'expérienceur qui résiste frénétiquement au processus de l'agonie quand elle devrait au contraire s'y abandonner. C'est précisément cette résistance qui crée la frayeur croissante qui vient s'infiltrer dans toute l'expérience".
Ainsi, on peut dire que la NDE inversée est provoquée par la peur, voire la terreur, générées par la perspective de la mort de l'ego. Les personnes qui sont incapables de lâcher prise ou qui entrent dans l'expérience de mort imminente handicapées par une violente appréhension, quelle qu'en soit la cause, peuvent vivre des NDE négatives, qui finiront cependant par rejoindre un déroulement classique de NDE positive.
Que faut-il entendre par "la mort de l'ego" ?
Ring suggère que les NDE négatives seraient induites par le refus de l'expérienceur de reconnaître que sa personnalité, qu'il confond avec son identité, n'est ni réelle, ni durable.
Ring (1991) l'exprime ainsi: "...et nous amenons cet ego avec nous dans les premières phases de la NDE, quand nous nous accrochons encore à notre conviction d'être des individus séparés, autonomes. Peu importe que l'ego soit en fin de compte une illusion, qu'il crée cette idée erronée de séparation, c'est quand même la lentille à travers laquelle nous sommes habitués à voir le monde et nous ne connaissons rien d'autre. L'ego est aussi un système défensif et de ce fait très attaché à perpétuer sa propre survie. Il ne veut pas mourir, à aucun prix, et quand il se sent menacé - à moins d'être submergé totalement et immédiatement - il mettra n'importe quel barrage en place pour éviter l'anéantissement. C'est la Lumière qui est son ultime ennemie, parce qu'au fur et à mesure que l'ego y pénètre, il devient transparent. Son manège arrive à terme quand la véritable Lumière de notre être - notre essence primordiale et éternelle - se met à rayonner. Le dernier refuge de l'ego, avant de se rendre, est constitué d'un mur de peur qu'il bâtit pour repousser la Lumière".
La NDE infernale
Ring et Grey (1985) estiment que les NDE infernales, décrivant des scènes d'enfer, ne sont que des versions plus intenses de NDE inversées. Greyson et Bush, cependant, ne rejoignent pas cette interprétation. Ils estiment que ces NDE négatives à connotation infernale ne se transformeront pas en NDE positives au fur et à mesure du déroulement de l'expérience.
La NDE débouchant sur un vide dénué de toute signification
Les chercheurs ont assimilé aux NDE négatives les expériences qui plongent l'individu concerné dans un environnement privé de toute signification. Tout est absurde et cruellement insignifiant, la NDE ainsi que toute l'existence que le sujet est sur le point de quitter.
Ces expériences sont remplies d'aliénation métaphysique, de solitude et de désespérance comme le cas suivant l'illustre: une femme qui a vécu une NDE lors d'un accouchement très difficile aperçut un petit groupe constitué de cercles noirs et blancs qui se transformèrent par moments en cercles de couleur clignotants, émettant le message suivant:" Ta vie n'a jamais existé. Ta famille n'a jamais existé. On t'a simplement permis de l'imaginer... mais rien de tout cela n'a jamais existé. C'est une plaisanterie... ce n'était qu'une plaisanterie...." Il est sans doute significatif que la majorité de ce type d'expériences se produisent pendant des accouchements sous anesthésie.
L'hypothèse du refoulement
Une NDE négative est difficile à raconter, car elle peut faire penser à l'individu qui l'a vécue qu'il l'a méritée et que, étant mauvais, il ne pouvait vivre qu'une expérience négative, à l'image de sa personnalité. Ainsi les NDE négatives pourraient éventuellement être refoulées, oubliées plus facilement et plus souvent que des expériences positives. Pour RING, il n'y a pas que les NDE négatives qui peuvent être refoulées. Il se peut que les NDE positives soient également oubliées, peut-être parce qu'elles ne s'ajustent pas au schéma de pensée des personnes qui les ont vécues".
Est-ce qu'une NDE négative est une NDE méritée ?
Quelle horrible hypothèse ! L'histoire de notre vie déterminerait donc les conditions de notre passage vers l'"autre monde", avec les vieilles notions de faute, de péché, de règlement de compte et de vengeance réactivées ? L'image de soi pourrait jouer un rôle déterminant. Je peux concevoir qu'une personne très angoissée, perturbée, en déséquilibre intérieur et emprisonnée dans la culpabilité pourrait avoir des difficultés à se laisser aller dans l'expérience de mort imminente, à lâcher prise et à s'ouvrir à l'émerveillement de la NDE. Peut-être s'y refuserait-elle en estimant de manière inconsciente qu'elle ne l'a pas mérité, qu'elle n'est pas digne qu'une expérience positive et même éblouissante de beauté et d'amour puisse lui arriver, écrasée qu'elle serait par le poids de son manque d'amour d'elle-même.

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