Témoignages scientifiques



hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Témoignages docteurs - Médecin en Inde

 http://www.nderf.org/French/india_physician's_emi.htm
EMI d’un médecin en Inde
TÉMOIGNAGE :
Salutations ! Et merci pour l’estime véritable. Je suis doyen médecin homéopathe, je pratique depuis plus de trente ans. Sous mon message initial, j’envoie le détail de mon EMI personnelle pour publication. Vous pouvez également mettre mon adresse mail. Que les personnes avec le même état d’esprit se rassemblent et parlent de ce sujet important qui a impliqué la conscience collective indienne pendant des milliers d’années. Avec mes chaleureuses salutations.
En Inde, avec nos traditions philosophiques vieilles de plus de sept mille ans et les expériences de milliers de saints et de sages, nous croyons en la philosophie Holistique de la Vie.
Aucune expérience menée sur des « critères expérimentaux moyens » ou des études objectives du cerveau ne peuvent expliquer le fonctionnement de la conscience. L’expérience de chaque homme sera différente tout comme aucune empreinte digitale n’est identique.
L’EMI d’une âme évoluée sera transcendentale. C’est comme un saut quantique. Tandis que les expériences de nombreuses personnes ordinaires peuvent être imputées à des stress ou des facteurs émotionnels. Dans le domaine de la conscience, on entre dans le domaine quantique où la science moderne n’a pas de ligne de conduite.
J’étais également sceptique au sujet des expériences transcendantales jusqu’à ce que j’aie une EMI en 1969. Après avoir subi une attaque de dysenterie sévère et une perte de sang, j’approchais de la fin. Soudain, j’ai quitté le corps et depuis le plafond j’ai pu regarder mon propre corps en bas. Dans cet état, je pouvais instantanément connaître tout ce à quoi je pensais. J’ai pensé à ma mère. J’ai pu la voir courir paniquée sur un quai pour prendre un train. Plus tard, quand par chance j’ai guéri, j’ai pu corroborer le fait qu’à ce moment précis, elle courait sur un quai à des centaines de kilomètres de là afin de prendre un train pour venir me voir, après avoir reçu un télégramme indiquant la gravité de mon état.
Toute EMI qui peut s’avérer vis à vis de la réalité est stupéfiante ! Comment l’esprit peut-il voyager dans l’espace et dans le temps ? L’esprit est réalité transcendantale. Une entité quantique. La science n’a pas encore atteint ce niveau de compréhension.
Comme le dit Shakespeare : « Il existe sous le ciel des Vérités dont on ne peut rêver ! »
Détails
L’incident s’est en fait produit en septembre 1969. Malgré cela, comme l’EMI est une expérience profonde, elle est fortement gravée dans ma mémoire. Je me souviens même instantanément de petits détails , bien que trois décennies se soient écoulées.
J’avais trente sept ans à l’époque, un homme solide. J’étais agnostique et sceptique vis à vis de la religion ou de tout ce qui n’était pas strictement scientifique. Ma famille venait juste de déménager dans une petite ville appelée Eluru dans l’Andhrapradesh en Inde. En raison des conditions non hygiéniques là-bas, j’ai subi un accès de dysenterie grave. Evitant un auto traitement, je me suis fait soigner par mon ami à l’Hôpital Général. En dépit d’un traitement antibiotique vigoureux, la dysenterie ne s’est pas amoindrie. J’ai perdu une grande quantité de sang. En plus de cela, une fièvre sévère s’est développée. Après quelques jours, mon état s’est détérioré très rapidement. Le pouls est devenu très faible et à peine palpable. Le troisième jour de pleine lune à minuit, le médecin a été appelé, car mon état se détériorait rapidement et je m’effondrais. Tandis qu’il auscultait mon cœur, j’ai tout à coup quitté mon corps. Depuis le plafond je regardais mon propre corps ! La visibilité était très faible, comme si un nuage de fumée m’avait séparé du reste de l’environnement. La douleur sévère que je subissais juste avant de quitter le corps avait disparu. J’étais calme et tranquille. Soudain, j’ai réalisé que j’étais mort ! Mon Dieu ! J’ai amené mes jeunes enfants et ma famille et je les ai laissés dans un endroit étranger sans aucune protection financière ou autre ! La visibilité n’était pas claire. Tout était brumeux. Mais c’était comme si je pouvais voir sans la vue, entendre sans son. J’étais dans une autre dimension de l’existence. Je pouvais entendre les lamentations des femmes en dessous et les conversations chuchotées. Une pensée s’est imposée à moi. A quel point la vie est absurde ! Au matin le corps serait brûlé. Est-ce là tout ce qu’est la vie. Quelle fin vide de sens à une chaîne de merveilles sans limites et d’opportunités potentielles. C’est comme une bulle flottant sur la mer. Alors qu’est-ce que la mort ? Une entrée vers une autre dimension ? Je réfléchissais calmement et objectivement tandis que mon cerveau et mon corps gisaient en bas ! Comme si je n’étais pas cette personne touchée par la mort. L’évolution donne à la matière des niveaux de conscience de plus en plus élevés et la mort semble les saisir. Pendant que je méditais, j’ai pris conscience d’une présence. En une communication sans parole CELA m’a informé que je pouvais retourner dans mon corps si tel était mon désir. Mais il ne fallait pas perdre de temps. Cependant, en cet instant critique, j’ai demandé une réponse à l’énigme de la Vie car cette pensée m’avait totalement absorbé. Il y a eu une belle vision d’étoiles passant près de moi dans un bruit de tonnerre. Au centre de tout ce tumulte se trouvait une lumière étincelante. Chaque étoile semblait être un petit centre de conscience. Elle fusionnait dans la conscience centrale et en émergeait selon le désir de cette VOLONTE cosmique qui resplendissait comme un soleil immensément énorme ! La vision a disparu et j’ai remarqué que le médecin baissait les yeux vers moi avec stupéfaction. J’ai souri faiblement et je lui ai dit que j’allais bien. Dans cet état hors-du-corps, je pouvais accomplir tous mes souhaits comme si j’étais omnipotente, omniscient. J’ai pensé à ma mère et je l’ai vue paniquée courir sur un quai de gare à des centaines de kilomètres de distance. Quand je suis entré dans le corps, l’infection virulente avait disparu et j’ai pu récupérer en quelques jours. Ma mère a confirmé plus tard, qu’en effet, elle courait éperdument dans la gare de Vijayavada recherchant un train pour Eluru, après avoir reçu un télégramme au sujet de mon état critique. L’EMI ne peut être expliquée en termes objectifs ordinaires. J’ai subi une modification positive de ma personnalité. Toute mon arrogance a disparu.


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Témoignages docteurs - Marc (scientifique)


 http://www.paranormal-info.com/NDE-d-un-scientifique.html
NDE d’un scientifique
Le témoignage d’un scientifique, Marc
Avant de reproduire ce témoignage, Marc tient à préciser les points suivant :
« Du fait de sa brièveté, la relation de cette expérience de sortie hors du corps peut donner l’impression qu’il s’agit là de quelque chose d’assimilable à une NDE. En vérité, il s’agit d’une expérience des plus banales par son contenu, mais dont les conditions de réalisation, dans un lieu et un temps bien déterminés, eurent la chance inouïe d’y regrouper tous les éléments physiques et psychologiques précis et mesurables, tels que le temps, la distance, la vitesse, les forces, les masses et qui me permirent, par des calculs et observations simples, d’avoir la certitude scientifique absolue de l’authenticité de mon expérience. Je rappelle que je suis ingénieur formé en physique générale, mathématiques et métrologie, pratique et théorique au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Je suis agnostique et cartésien ouvert.
Je tiens à préciser que durant l’expérience, je n’apercevais aucune partie de mon corps. Lorsque j’ai « réintégré » mon corps matériel resté dans la voiture, j’ai eu la sensation progressive d’avoir mon dos collé au siège. »
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L’extraordinaire aventure dont je fus l’involontaire acteur en 1983, roulant à tombeau ouvert vers ... fut d’une brièveté qui n’égale que sa banalité.
Cela aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous, mais cela m’est arrivé. Cela n’a pas duré plus de 20 secondes et, au bout de ce temps, à une fraction de seconde près, ma mort inéluctable aurait dû survenir dans un fracas de voiture disloquée.
Le récit de ces 20 secondes est très simple. Seul avec mon chien Ghessi, je roulais, pied au plancher, direction ... La semaine avait été lourde d’activités et j’étais assez fatigué. Une fois de plus, c’est avec un grand besoin de sommeil que je pris la route. Je sais que se conduire ainsi est d’une grande imprudence. Surtout que déjà, par deux fois, il m’était arrivé de m’endormir au volant et d’échapper au dernier moment à un fatal accident, grâce à un déroulement incroyablement chanceux des faits. ... Mais peut-on toujours compter sur la bienveillante sollicitude de son “ange gardien” ? 
Cette fois-ci, à 160 km/h, le pied tétanisé sur l’accélérateur, je sentais la fatigue m’engourdir et attaquant, pour la première fois de ma vie, cette route de montagne que je ne connaissais pas, je sentis sous moi la voiture qui commençait à doucement tanguer. Devant moi s’étendait une longue portion de route, dont l’extrémité sortait de ma vision par un virage sur la droite, tranchant l’extrémité de la montagne. Sur ma gauche, j’avais la pente de la montagne qui grimpait. A ma droite, s’étalait un terre-plein construit par les déblais du taillage de cette route de montagne. Ce terre-plein assez large me cachait donc ce qui aurait dû être, logiquement, au pied de cette montagne, une vallée.
Et là s’arrêtent mes souvenirs d’avant. Et une nouvelle cassette de souvenirs différents s’enregistre.
Je suis dans un état de sérénité totale. Tous les bruits se sont estompés. C’est toujours le même ciel, le même soleil, les mêmes paysages en couleur qui m’entourent. Mais, je ne suis plus dans ma voiture et je ne me déplace plus horizontalement à grande vitesse mais verticalement à la vitesse tranquille d’un vieil ascenseur poussif. Curieux et dans un état de paix parfaite, je regarde autour de moi le paysage : à ma gauche, je m’élève par rapport à la pente de la montagne, à ma droite, m’élevant au dessus du terre-plein, la vallée se découvre au fur et à mesure. Devant moi, enfin, c’est le paysage que je connais d’avant : on approche de midi et sur le long ruban de cette route, à vive allure, vers la tranchée dans la montagne, se déplace une voiture qui n’attire pas particulièrement mon intérêt. Maintenant, je suis arrivé dans mon ascension à un point suffisamment élevé pour découvrir le fond de la vallée. J’y vois deux cours d’eau, reflétant le bleu du ciel, avec des rives de sable doré, s’y rejoindre dans un dessin assez caractéristique d’une forme d’Y. C’est un très beau spectacle que j’apprécie beaucoup. Mais maintenant, c’est ce que je vois au loin devant moi sur la route qui mobilise mon attention. Cette voiture de tout à l’heure zigzague de plus en plus et chacune de ses oscillations la rapproche de plus en plus des parois bordant sa gauche et là, c’est inéluctable, au bout de cette dernière oscillation qui commence, encore plus ample que les précédentes, cela va être une catastrophe tout sera broyé. Et là, stupéfaction, je m’écrie : “Mais, c’est ma voiture, Ghessi, mon chien est dedans, il est foutu ! Je dois le sauver”
Coupure de la cassette des souvenirs différents.
Instantanément, je me retrouve au volant de ma voiture, collé dos au siège, comme si je venais de subir une accélération, avec la sensation d’une fusée aux fesses qui me faisait me propulser dans ce virage étroit tranché dans la montagne, à 160 km/h, dans ce couloir où la prudence minimum aurait voulu qu’on plaçât un panneau indicateur : 50 km/h maxi !
Bref, j’en sortis vivant, je ne sais comment et sans une égratignure, mais anéanti de sommeil. Je m’arrêtai toutes glaces ouvertes sur le premier bas-côté disponible. Ghessi veilla sur mon sommeil pendant lequel, m’étant affalé sans précautions, comme une masse, je fus gratifié d’un imposant et cuisant coup de soleil sur tout le visage.
Telle fut mon aventure. Avais-je rêvé ? Était-ce une hallucination ? Étais-je devenu fou et incapable de discerner la réalité de l’illusion ? Étais-je mort ou ressuscité ?
Je pourrais remplir des pages et des pages de mon questionnement sur ces 20 secondes. L’essentiel de la question était : ceci s’est-il réellement passé ? Où était ce lieu ? Comment prouver la réalité de ce qui s’est passé là ? Ces questions m’obsédèrent pendant trois ans. Trois ans de recherches, de réflexion, de route, la même que je refis trois fois et finalement je trouvai : oui, toute cette histoire est vraie. Ce lieu existe. Cet embranchement de rivière en Y caractéristique existe vraiment. Et il ne peut être vu que d’un point largement situé au-dessus de la route, car de la route, un conducteur assis sur son siège ne peut rien voir du fond de la vallée.
Et la conclusion inéluctable s’imposa :
Tout ceci est vrai, voulu (et par qui et dans quelle intention, s’il vous plaît ?) ou fortuit et preuve d’un dysfonctionnement à une fraction de seconde près d’un dispositif de recueil dans un autre monde (après tout, existe-t-il seulement quelque part des dispositifs ou êtres absolument parfaits ?). C’était donc vrai, la MORT c’est cela : c’est la porte à travers laquelle on s’élance, où on s’élève paisiblement vers un au-delà inconnu mais réel. 
Et cela, qui était mon destin, ce jour là, à cette heure là, à cette fraction de seconde près, CELA ne s’est pas produit ! Et pour en retrouver la logique, il n’y a, après retournement du problème dans tous les sens, qu’une seule solution : dans la patrie du Saint fraternel de tous les animaux, mon devoir de salut envers mon chien Ghessi m’a valu X années supplémentaires de services sur cette planète Terre. Je sais, disant cela, que je vais en faire bondir plus d’un. Et bien, je vais enfoncer le clou : je suis ingénieur de formation scientifique donc, ce jour là, sur cette “autoroute de l’Eglise” au lieu-dit ..., tous les éléments et paramètres mesurables étaient réunis pour tout connaître de la vitesse, de la position et de tous autres éléments de l’environnement du phénomène et de rigoureux calculs donnent ceci :
1) Du point où je m’exclamais “Ghessi va être écrabouillé”, à celui, où, fusée aux fesses, je parvenais à franchir la trouée de la montagne sans accident et par miracle, la vitesse de réintégration de l’observateur curieux, situé au début de la route à quelques 30 m de hauteur du corps du conducteur rivé sur son siège, à l’autre bout de la route, quelques km plus loin, et bien cette vitesse est d’environ 7 000 km/heure minimum, quant au maximum, sans être de la mécanique quantique, je n’ai pas les moyens de l’apprécier. Ces quelques 20 secondes aux portes de l’éternité ont peut-être moins duré que l’éclat d’une bombe nucléaire, je suis pourtant persuadé que si ce qu’elles laissent entrevoir peut suffire, avec l’appui d‘autres preuves du même genre, à faire voler en éclat le mur d’ignorance et ce manque de lucidité qui cimente notre monde clos, renfermé stupidement sur lui-même. Alors, l’éclat de ces 20 secondes sera plus ravageur que celui de 1 000 bombes atomiques réunies.
2) Le résultat d’une longue chaîne d’amour
Car ces 20 secondes sont le résultat d’une longue chaîne d’amour : il a d’abord fallu, pour exhumer tout cela de l’oubli et le porter à la connaissance de mes semblables, qu’un ami très cher, perdu de vue depuis 20 ans, en état de coma prolongé à la suite d’une accident de voiture, parle à son fils d’un ami perdu qu’il appelait de ses vœux (cet ami, c’était moi). Et l’ayant ainsi retrouvé, c’est lui qui m’engagea à raconter cette histoire. Sans cette amitié, un des plus beaux aspects de ce qu’est l’Amour, jamais ce récit n’aurait vu le jour.
Le second miracle d’Amour, mais n’était-ce pas le lieu privilégié pour cela, c’est celui qui relie l’animal fidèle à son maître et vice-versa. Qui fait que les deux ne forment qu’un à leur mutuel service, quelqu’en soit le prix. Et cet amour, je l’avais de mon chien Ghessi comme de tous les animaux que je ressens comme mes frères.
Et enfin, si cette humble créature dont je ne suis que l’enveloppe terrestre, peut s’adresser à vous pour vous raconter cette édifiante histoire, c’est bien parce que l’infini amour de Dieu (donnez lui tous les noms et qualificatifs que vous voulez, il faut bien parler de “celui qu’on appelle Dieu” user d’un mot simple compris de tous !) envers sa “créature” fait que votre serviteur s’est donc vu infliger la nécessité d’agir sur cette Terre dans l’esprit de Service, dont toute cette histoire rappelle ainsi les éléments fondamentaux qu’elle permet de découvrir.
(...)
En conclusion, notre civilisation, comme toute civilisation technique en perpétuel accroissement de ses pouvoirs, est arrivée à l’orée des chemins. Deux voies s’offrent à nous :
- ou bien les haines et dissensions des peuples se régleront par des affrontements de plus en plus destructeurs et ce sera la fin de notre civilisation humaine. Voire la fin de toute vie sur notre planète
- ou bien les sentiments d’assistance, de solidarité et d’amour, prévaudront et dans ce cas, notre civilisation rejoindra dans l’éternel COSMOS toutes celles qui nous ont déjà précédées sur la voie d’un fabuleux destin digne des Dieux créateurs.




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Témoignages docteurs - L’énigme de la mémoire

http://perso.orange.fr/adelin/

Les expériences de mort imminentede Daniel Maurer

L’énigme de la mémoire
Le modèle scientifique actuel ne permet pas le décryptage des éléments paranormaux énumérés ci-dessus. Toute argumentation rationnelle sur ce sujet étant bannie du cadre officiel, l’enquêteur mesure rapidement l’ampleur du dilemme à résoudre. Il peut opter pour le paradoxe du sceptique, ainsi que je qualifie cette attitude en réponse à la découverte des propriétés du gyrus angulaire. Celle-ci consiste à reconnaître la pertinence scientifique de l’électrostimulation corticale, la cause, en rejetant simultanément ses implications dérangeantes, l’effet, à savoir la vision autoscopique. Ce qui revient à nier l’évidence des faits et à se satisfaire du statu quo ; résignation qui ne résoudra rien d’un problème qui resurgira tôt ou tard. Mais ce même enquêteur peut également outrepasser les limites du cadre conventionnel et s’enhardir à examiner les hypothèses qui se présentent à lui. Au risque de passer pour un iconoclaste ou pour un illuminé, il sera alors amené à explorer des concepts que l’on qualifie volontiers d’exotiques. Personnellement, j’ai mesuré les conséquences de ce risque et je les accepte volontiers. Je n’en souhaite pas moins que les propos qui suivent soient accueillis avec un esprit ouvert, dégagé autant qu’il est possible des a priori préjudiciables à une honnête évaluation.
Ces précautions formulées, considérons les points 4 et 5 de l’inventaire des caractéristiques paranormales. On y constate que lors de ces états modifiés de conscience transcendants les fonctions intellectuelles, affectives et mnésiques se situent hors du corps simultanément au sentiment d’identité. Cette notion de conscience extracorporelle, à laquelle s’ajoute une inexplicable fonction visuelle, est en contradiction totale avec notre façon d’appréhender le fonctionnement cérébral. Aucun modèle conventionnel n’expliquera jamais la mémorisation d’une expérience de mort imminente par un sujet inconscient, parfois plongé dans un coma profond ou présentant les signes majeurs de la mort biologique. Certaines enquêtes de grande envergure, particulièrement celle de Sam Parnia et celle de Pim Van Lommel, recensent des sujets pour lesquels il est avéré que l’activité cérébrale était nulle au moment de leur expérience de mort imminente ; à l’instar du cas de Pam Reynolds évoqué au premier chapitre. Si aucune activité électrique cérébrale n’était décelable dans leur cerveau, comment le souvenir de ce vécu, dont la vision autoscopique n’est pas le moindre élément, pouvait-il s’y graver ?
La neurophysiologie, sans avoir pu déchiffrer l’ensemble des mécanismes en cause, souligne que les fonctions de la mémoire à court terme se situent au niveau du cortex, dans les aires associatives. L’hippocampe est également l’une des diverses formations corticales directement concernée par le processus mnésique. Pourtant, on a découvert que l’ablation de ce même hippocampe n’empêchait pas la mémorisation de nouveaux apprentissages ! Ce qui est aussi inattendu que révélateur du rôle « subalterne », mais néanmoins vital, de notre cerveau. Expliquer cette étonnante faculté d’adaptation par l’exceptionnelle plasticité[1] du cerveau c’est déjà reconnaître que les choses sont plus complexes qu’il y paraît. Quant à la mémoire à long terme, si les neuroscientifiques se perdent en conjectures ils ne perdent pas foi, pour autant, dans leurs hypothèses électrochimiques.
La vision autoscopique semble pourtant démentir l’idée d’un fonctionnement exclusivement électrochimique de la mémoire. Elle laisse entendre que le cerveau est assurément utilisé dans le rappel du souvenir, mais certainement pas dans son acquisition et son stockage. Il est évident, toutefois, que ceux qui rapportent un vécu de décorporation le possèdent d’une quelconque façon en mémoire ; ne serait-ce que le temps d’y penser ou encore celui de l’exprimer. Mais cette évidence ne fournit aucune indication quant au siège où sont détenus les éléments du souvenir. Cette mémorisation d’informations provenues d’une conscience extracorporelle, donc située hors du cerveau, s’avère un problème insoluble du point de vue des neurosciences. D’autant que le destinataire de l’information est présumé inconscient et que, parfois, les événements qu’il décrit après son épisode de décorporation sont corroborés par des tiers alors présents sur les lieux.
On se rend bien compte que pour sortir de cette impasse il est nécessaire de contourner le modèle de référence habituel, celui qui nous sert à appréhender les lois de la matière. La solution s’impose alors d’elle-même : la gestion de la mémoire n’est pas assurée par le cerveau ! Autrement dit, il n’y a pas d’aire de stockage de la mémoire à long terme au cœur des circonvolutions cérébrales. Pas davantage, par exemple, que la mémoire d’un ordinateur de bureau ne se trouve à l’intérieur de l’écran sur lequel s’affiche les informations contenues dans le disque dur. On peut cependant concevoir le cerveau comme un magasin de stockage annexe, éventuellement doté d’une bibliothèque de données limitée à la mémoire à court terme. Mais il n’assure ni l’acquisition, ni l’analyse, ni le classement des informations recueillies par son « propriétaire » dans le but de les conserver sur une longue période.
Poursuivant cette logique, complètement saugrenue aux yeux des gens de raison, on en vient à se dire que si le processus de mémorisation ne dépend pas du cerveau il relève forcément d’une structure située ailleurs. Cette lapalissade pour souligner à nouveau que la « mécanique » de la mémoire, à l’instar de celle de la conscience, est indépendante de l’organe qui en permet la restitution. Mais alors, cet « ailleurs de la mémoire » où se trouve-t-il ?
Le véritable support de nos facultés mnésiques, auxquelles s’ajoutent certainement les aptitudes extrasensorielles, ne peut se situer que dans un type d’univers dont les dimensions cachées englobent le nôtre[2]. Dans l’état ordinaire de conscience ces dimensions sont inaccessibles à nos sens et aux instruments d’investigation qui les prolongent. Inutile, donc, de rechercher un support physique observable, apte à l’investigation scientifique. Il faut le souligner encore, même si cette proposition paraît complètement loufoque, aucune alternative ne permet d’expliquer, à ce jour, la mémorisation du vécu d’une expérience de mort imminente, y compris la décorporation, chez un sujet dont le tracé EEG était plat à ce moment-là. Une telle hypothèse amène à penser qu’il existe quelque part ailleurs un métasystème d’où proviennent toutes les informations inhérentes à la conscience humaine, voire animale, végétale et même minérale, données mnésiques et affectives incluses. Ce métasystème sera dénommé icisupraconscience.
[1] La recherche neuroscientifique a mis au jour les surprenantes capacités adaptatives du cerveau. Cet organe est capable de surmonter certaines déficiences résultant d’une atteinte fonctionnelle, par le développement de nouvelles structures qui prennent progressivement le relais de la fonction défaillante. C’est le cas, par exemple, lors d’un grave traumatisme qui lèse irréversiblement une aire motrice dont la fonction est assurée, après rééducation, par une autre formation de neurones ; a l’instar de ce qui se passe avec l’ablation de l’hip­pocampe lorsque la fonction mnésique est récupérée par la suite. Il n’empêche que le développement de nouveaux réseaux synaptiques, moteur de cette plasticité, relève d’une « mécanique » inconnue jusqu’à présent (les synapses sont des connexions électrochimiques qui assurent la transmission de l’influx nerveux d’un neurone à l’autre).
[2] Ce type d’univers s’apparente à celui que décrit la théorie de la cinquième dimension, élaborée par le docteur Jean-Pierre Jourdan ; voir La vie à corps perdu, page 264.


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Témoignages docteurs - Dr X


http://perso.orange.fr/iands-france.org/FRAMES/frame_front.html 
Témoignages de médecins

Le docteur X, qui a occupé de hautes fonctions dans une faculté de médecine et de pharmacie provinciale, a vécu il y aura bientôt 48 ans une expérience de type NDE sans avoir frôlé la mort. A la suite d'une piqûre destinée à soigner une maladie sans gravité, il a perdu connaissance. Sa perte de conscience n'a pas dû excéder 30 secondes, mais les impressions ressenties dans cet instant sont très similaires à celles décrites dans les autres cas : tout d'abord une sensation d'arrachement qu'il qualifie lui-même d'"inhumaine", comme s'il subissait une éviscération, ensuite une sensation d'allégement comme s'il flottait dans l'air, contemplant son corps immobile et son visage cadavérique ; des sensations lumineuses de noir et d'intense lumière avec des images colorées kaléidoscopiques reproduisant plusieurs scènes de son enfance ; enfin réintégration dans son corps avec sentiment de se retrouver "à l'étroit". Très pudique, le Dr X ne parle pas de ses éventuelles émotions associées à son expérience et ne veut pas se positionner sur sa nature.

Toute autre est l'approche du Dr D. dont l'expérience est arrivée il y a 25 ans à l'occasion d'une situation beaucoup plus critique : infection aiguë à la suite de complications opératoires entraînant un coma profond de deux semaines.

Ayant l'intuition que sa mort était imminente, le Dr D. demanda à être extrêmonctié.
Dans les quelques jours qui suivirent, il se sentit glisser vers une mort inéluctable et entra dans un état précomateux au cours duquel se produisit "un phénomène assez exceptionnel". Le Dr D. s'est senti dans un état de conscience tout à fait particulier, dans un autre monde. Il se trouvait tout à coup "branché" sur un univers spirituel, sur le cosmos.

C'est alors que tous les événements de sa vie ont défilé au ralenti, comme un film, avec la perception aiguë et proprement extraordinaire du bien et du mal, de la raison des épreuves subites, aussi bien pour lui que pour les autres personnes apparaissant dans ces scènes. Il se revit, entre autres, enfant, tirer sa langue à sa mère. Le Dr D. n'a pas ressenti de culpabilité, sa vision était plutôt comme un diagnostic (terme approprié en l'occurrence, mais qu'utilisent d'autres témoins non médecins). « Tout cela se déroulait dans une atmosphère apaisante, j'étais extrêmement lucide et je pouvais apprécier à leur juste valeur tous les actes. Je ressentis profondément qu'on me faisait faire un bilan afin que j'en tire des conclusions et je sentis que nous étions dans la Création avec l'assistance du créateur. » L'évidence qui se proposait à lui était qu'une infinie puissance divine présidait à cette évaluation, accompagnée d'une infinie miséricorde et d'une très grande justice. Depuis, sa croyance s'est transformée en foi. Sa peur de la mort a disparu, car avant son expérience sa croyance en une survie ne suffisait pas à supprimer sa peur de la mort, qu'elle soit la sienne, celle de ses patients ou de ses proches. Le Dr D. a cherché à comprendre de façon scientifique son expérience et ses implications. Il pense qu'il s'agit du domaine de l'esprit plutôt que de la matière et que nous ne disposons pas actuellement de science adéquate. Les notions de spiritons et de théons de Georges Morrannier l'ont séduit comme celle de l'énergie radiale et axiale de Theillard de Chardin ainsi que les développements sur l'espace-temps de Stephen Hawking.

En tant que médecin, le Dr D. commente ainsi son expérience : « il est très important pour un médecin et pour tous ceux qui s'occupent de la santé de savoir de quoi est composé l'être humain. Ou bien il s'agit d'un ensemble de tissus organiques et matériels et la mort est une étape ultime où tout s'arrête en décomposition définitive ; ou bien l'être humain est composé d'un corps et d'une âme-esprit qui est d'une composition que nous ignorons et qui peut persister après la mort. Cela change tout »



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Témoignages docteurs - Dr Rolland

http://www.paranormal-info.com/NDE-d-un-medecin.html
NDE d’un médecin
Entretien avec le Docteur Rolland
ONDES - A la suite d’un accident de voiture, en 1988, vous avez vécu une expérience que vous rapprochez de la NDE. Pouvez-vous la décrire ?
Dr Rolland - Dès la fin du premier choc assez violent, je me suis retrouvé sur la chaussée après avoir quitté le véhicule. L’impact de la voiture contre le camion ne permettait pas de dégager la chaussée par la droite sans être obligé de faire le tour du véhicule par l’arrière et donc d’affronter un danger (...) Ma passagère se trouvait au niveau de la porte arrière gauche (les portes étaient restées ouvertes). J’étais à cet instant précis face au rail de sécurité, car je m’apprêtais à le franchir. C’est alors que j’effectuais une rotation sur la gauche. Dès ce moment j’ai vu les phares d’un camion (phare bas, éclairage de cabine, feux de remorque). J’ai su immédiatement que le danger était pour moi et que je me trouvais exactement sur son passage (...) A cette fraction de seconde, j’ai effectué un roulé boulé poussant ma passagère ; j’ai été heurté par le camion. J’avais alors effectué un demi-tour en l’air. Ma jambe gauche a été heurtée en extension au niveau du genou. J’ai perdu mes lunettes alors que j’avais ma tête vers le bas et mentalement sur un mode humoristique, je me suis dit " c’est idiot, tu ne verras rien car tu es myope ". Un souffle tel un express passant devant un objet sur le bord d’un quai de gare m’a surpris.
ONDES - Qu’avez-vous ressenti lors de ce choc ?
Dr Rolland - Une très forte accélération, fulgurante. A partir de cet instant, j’étais dans un noir absolu ayant l’impression (non de flotter hors de moi-même) que tout mon corps baignait dans un souffle immatériel doux, sans chaleur, sans froideur, sans douleur physique, sans sensation cinesthésique. Je baignais dans un silence que je qualifierais de vibratoire fait de fréquence très grave proche de l’infrason et d’une vibration plus tenue sans être aiguë, sans être agressive. Ceci a duré une seconde, une minute, un siècle, je ne pourrais le dire. J’étais bien, très bien dans un bonheur incomparable, jamais connu ou rencontré, une vibration de tout l’être de l’intérieur et de l’extérieur de la partie physique et mentale sans aucun aspect terrestre connu. Je me suis alors senti glissé sans douleur dans un mouvement de haut en bas, perpendiculairement à l’axe de la route J’ai ressenti un mouvement de glissement sans douleur. Un sentiment de plénitude m’a envahi comme si quelque chose me parlait ; mais c’était différent ; c’était une plénitude de confiance sur l’Avenir. Cet envahissement de confiance m’assurait que je remarcherai sans canne au mois de mai et la deuxième que je devais refuser mon orientation de carrière. La raison n’était pas fixe, mais c’était un sentiment de danger (cela s’est révélé exact quatre mois plus tard). J’ai réalisé alors la position dans laquelle j’étais à tel point que je pensais que le camion m’avait écrasé les deux jambes. L’ensemble était arrêté. Je n’ai jamais perdu connaissance, ni ma lucidité qui permit le guidage, l’évacuation des secours pour m’extraire de cette position. La douleur alors m’envahit.
ONDES - Une autre expérience tout aussi inexpliquée est survenue par la suite. Pourriez-vous la décrire ?
Dr Rolland - Dans la nuit, j’ai vécu une expérience tout aussi étonnante en effet. (...)
ONDES - Quelle analyse faites-vous de cette expérience ?
Dr Rolland - En situation extrême je n’ai jamais eu la notion de fin, de mort. Du moins cette notion n’a jamais été raisonnée. Je suis certain que si cette question m’avait effleuré, cela m’aurait probablement entraîné vers une attitude de paralysie. Mon sentiment était plutôt un sentiment global de danger majeur. J’étais alors en situation d’hyper vigilance, avec l’impression que mon cerveau avait atteint une prodigieuses capacité d’analyse. Le corps, les mémorisations, tous mes apprentissages depuis mon enfance (âge de 3 ans) sont repassés en séquences d’analyse pour concourir à la seule attitude permettant la SURVIE. Sont-ce mes capacités personnelles ? Je ne puis y répondre. Je n’ai pas trouvé à ce jour de réponse.
ONDES - Pourriez-vous préciser les sensations que vous avez ressenties lors du choc, particulièrement cette musique ?
Dr Rolland - (...)
ONDES - Pourquoi ne pensez-vous pas que cette expérience était une hallucination ?
Dr Rolland - Mon expérience se rapproche des descriptions faites par Albert Helm en 1876** ; on y retrouve un certain nombre de points communs. (...)
ONDES - Cette expérience a-t-elle eu un impact dans votre vie ?
Dr Rolland - Cette expérience a fait irruption dans ma vie et tel un coup de tonnerre dans un ciel serein, toutes mes notions de certitudes ont brutalement vacillées. Tout cela entre le moment du choc et mon arrivée au sol. Mon attitude de vie en fut instantanément bouleversée, comme si en un instant se produisait une fulgurante maturation de l’être. Cette expérience m’a entraîné dans un processus d’évolution avec cette remise en cause des valeurs et des sentiments. La peur de la mort m’a quitté, faisant place à une attitude de vie nouvelle toute empreinte de joie et de sérénité. La remise en cause des principes et des attitudes dogmatiques, les aspects nouveaux de ma propre sensibilité me donnent une connaissance plus agrandie du monde et une approche différente de la réalité. Il me reste une nostalgie de l’approche de l’absolu, mais en aucune façon je ne tente de me soustraire à la vie que j’apprécie encore plus intensément. (...) Cette expérience a réellement changé mon attitude fondamentale de l’approche de la vie. Je n’ai pas peur. J’ai acquis une certitude qu’il existe autre chose ; une autre vision du monde. Je sais au fond de moi même que j’ai rencontré l’absolu. Cette intime conviction est mienne. Elle me conforte dans ma vie de tous les jours. Cette analyse doit s’inscrire dans une longue recherche personnelle qui a commencé brutalement il y a bientôt... huit années.
*Pseudonyme. Ce médecin, âgé de 47 ans, souhaite, pour des raisons professionnelles, conserver l’anonymat. En revanche, il accepte de rencontrer tous les chercheurs intéressés par son expérience.
**Alpiniste suisse ayant décrit son expérience de chute de montagne



hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Témoignages docteurs - Dr RAMURE Adelin

 EXTRAIT

LA VIE À CORPS PERDU

ELEMENTS D'OBSERVATION ET D'ETUDE FAVORABLES À

L'HYPOTHESE D'UNE FORME DE SURVIE DE LA CONSCIENCE

ADELIN RAMURE
Le récit d'Angèle
CIRCONSTANCES DE L’NDE d’ANGELE
Août 1984, début de l'après-midi, quelque part en Provence.
Je profite de cette journée de repos pour effectuer divers travaux de bricolage en souffrance lorsque la sonnerie du téléphone retentit. Angèle, une amie qui demeure à quelques kilomètres, est à l'autre bout du fil. Elle me demande de venir de toute urgence, sans me donner davantage d'explications. Passablement inquiet je laisse tout en plan, me change en vitesse et saute dans ma voiture...
Plongé dans mes réflexions, je conduis en pilotage automatique, sans prêter aucune attention au somptueux décor du parc naturel du Luberon. Tout juste ai-je aperçu un couple de randonneurs écarlates en train de gravir un sentier caillouteux à flanc de colline. L'ombre est rare dans cette partie de la garrigue et je salue mentalement leur courage. La saison s'avère encore prometteuse puisque nous ne sommes qu'au début du mois.
Si l'ambiance estivale est plutôt propice à la bonne humeur, mes pensées, elles, ne se situent pas dans ce registre. Mais alors pas du tout ! La voix entendue à l'autre bout du fil ne me porte guère à l'optimisme. J'ai vu Angèle, il y a une dizaine de jours, chez nous, avec son mari et ses enfants. Elle nous a parlé longuement de ses problèmes professionnels, nous disant qu'elle subissait une pression terrible et qu'elle n'en pouvait plus de devoir être toujours au "top niveau". Depuis, plus de nouvelles.
En partie dissimulé par une végétation un peu plus fournie qu'alentour, le mas de Clément et Angèle ne se laisse deviner qu'une fois passé la courbe de la Grande Fresquière. Protégée des excès du soleil par un escadron de pins majestueux la solide bâtisse est restaurée avec goût. Ancrés dans une paire de piliers gigantesques les battants du lourd portail en fer forgé sont grand ouverts. Je franchis les deux sentinelles de pierre grise dans un léger crissement de graviers et m'engage dans l'allée.
En rangeant la voiture le long de la haie de romarins, j'aperçois Angèle assise à l'extrémité de la terrasse ombragée qui prolonge la bastide. Les fragrances mêlées de romarin, de santoline, de thym et de lavande s'épanouissent dans mes narines. Ces parfums se conjuguent aux puissantes exhalaisons des superbes résineux dont la voûte aérée abrite les répétitions quotidiennes d'une chorale emblématique : après la longue nuit souterraine de leurs premières années, les cigales n'en finissent plus de chanter leurs louanges à la lumière éclatante de cette splendide journée.
Angèle se lève et se précipite vers moi. En proie à une violente crise de larmes, elle se jette nerveusement dans mes bras. Troublées, les choristes font une pause. Le silence qui succède aux stridulations étourdissantes des cigales, de surcroît aussi nombreuses, m'a toujours semblé posséder une profondeur particulière. Au point que j'ai l'impression de crier : " Qu'est-ce qui t'arrive ? Où est Clément ? "
Entre deux sanglots, je comprends que Clément est à son travail. Angèle n'a pas voulu prévenir son mari avant d'avoir remis un peu d'ordre dans ses idées. Ce qui s'est produit est si... époustouflant, tellement incroyable, qu'elle doit d'abord raconter, prendre avis, être rassurée. Elle a pensé à moi en imaginant que je pourrais, eu égard à mon activité professionnelle, lui donner l'explication de ce qui vient de se produire.
Ces derniers temps, je le sais bien, outre la pression dans laquelle ses objectifs professionnels la maintiennent, elle a beaucoup de difficulté à surmonter un épisode dépressif qui continue de l'affecter douloureusement. Pour tenter d'en découvrir les raisons elle a subi quantité d'examens. Aucun n'a permis d'orienter le diagnostic : pas le moindre trouble organique ou fonctionnel. Son état, pense-t-on, doit être consécutif au surmenage et à une accumulation de tous ces stress négatifs engendrés par nos modes de vie ; diagnostic passe-partout auquel a abouti le spécialiste consulté. Cette explication ne l'a pas satisfaite, me rappelle-t-elle en séchant ses joues avec un mouchoir fripé en boule. Aussi s'est-elle adressée à d'autres médecins. Jusqu'à un psychiatre qui, voici peu, a proposé de l'hospitaliser pour une cure de repos alors qu'elle était à quatre jours de ses congés annuels !
Elle désespérait de recouvrer une meilleure santé lorsqu'une amie lui a suggéré de prendre conseil auprès d'un homéopathe installé dans un village voisin. Il avait fait des merveilles pour une tante de son mari, un cas que l'on jugeait pourtant incurable, a-t-elle affirmé. Angèle s'est laissée convaincre. Que risquait-elle, en définitive, à recueillir un avis supplémentaire ? Elle a obtenu un rendez-vous sur le champ, deux jours avant de partir en vacances.
C'est alors qu'elle me raconte le calvaire qu'elle a réussi à cacher à Clément. De quelle façon le charlatan qu'on lui a recommandé l'a déstructurée : " Tu te rends compte ? Je suis allée lui demander de l'aide. C'était un appel au secours. Et lui, il m'a mis la tête sous l'eau... J'étais totalement détruite. Il possède des pouvoirs maléfiques. C'est le diable ! "
Pourtant, m'explique-t-elle après s'être un peu ressaisie, à la suite de la première consultation elle a eu l'impression d'avoir affaire à un homme qualifié, compréhensif et compatissant. Il s'est scrupuleusement informé de ses antécédents médicaux et de son mode de vie, jusqu'à ses préoccupations les plus anodines ; comme les plus intimes d'ailleurs. Il en est venu à la conseiller sur la manière de gérer son existence différemment, esquissant les raisons de son apathie et de son humeur dépressive du moment.
Sous le charme, subjuguée par l'apparente lucidité de son interlocuteur, elle s'est montrée étonnamment réceptive dès cet entretien initial. Progressivement, le propos a fait place à une série de suggestions enregistrées avec une facilité déconcertante ; elle s'en rend compte aujourd'hui seulement. Mais, à ce moment-là, ne se trouvait-elle pas en présence de son sauveur ? Un jugement qui a nettement évolué car elle est désormais persuadée que toutes ses paroles d'alors étaient à double sens. D'après elle, cet homéopathe, en fait un habile manipulateur, est parvenu à incruster des messages ou certaines directives dans son subconscient : " Il écrivait en moi comme sur une page blanche ! "
J'ai pris place dans un fauteuil de jardin et j'écoute, simplement. Je ne sais trop que penser, et surtout que dire. Pour signifier que je comprends la situation, j'acquiesce en hochant la tête.
Après cette première consultation, le visage de cet individu est demeuré omniprésent dans son esprit : " Je le voyais en permanence. Il me parlait et me souriait sans cesse. J'étais envoûtée ! " hurle-t-elle en redoublant de sanglots. Dès son retour de congé, elle s'empresse de prendre rendez-vous. En l'espace de quinze jours, elle consulte quatre fois et téléphone plus souvent encore, ne pouvant se défaire de cette emprise. Elle avoue être devenue un véritable zombie, un automate, qui ne vit que pour son maître et par sa volonté. Cela jusqu'à aujourd'hui. Car, lors de leur ultime rencontre ce matin même, l'instinct de survie d'Angèle s'est soudain manifesté avec force. Les mécanismes d'alerte ont enfin pu se frayer un chemin hors de son subconscient. Ce matin, donc, mister Hyde, comme elle l'appelle avec un sourire douloureux, a déposé sur sa langue trois gouttes d'une mystérieuse préparation. " Pure ", lui a-t-il dit, en précisant qu'il s'agit du même produit que celui contenu dans le flacon qu'il lui remettrait à la fin de consultation.
" Ces trois gouttes, poursuit Angèle, on aurait dit de l'eau ! Puis, je me suis immédiatement sentie partir... J'étais bien, mais j'ai éprouvé un curieux sentiment. C'était bizarre. Il me parlait sans cesse. Je ne me souviens de rien de précis, à part quelques bribes où il me faisait des propositions de nature sexuelle. Pour cela, nous devions nous revoir demain. Et j'étais d'accord ! Chose surprenante car je n'ai jamais ressenti une réelle attirance physique pour cet homme. Ce qui m'attirait chez lui était plutôt d'un autre domaine. Difficile à définir. Peut-être quelque chose d'intellectuel, mêlé d'espoir. Je ne sais pas...
Cet état euphorique n'a pas duré. Très vite j'ai été prise d'un profond malaise. En quittant son cabinet, j'ai lutté contre une espèce de révolte intérieure. Une révolte contre moi-même, pauvre pantin, démunie de toute volonté propre. J'ai eu un mal fou à conduire : je pleurais, je tremblais, ma vue se troublait, mes oreilles bourdonnaient, mes idées étaient confuses. Je me sentais à la limite de l'évanouissement. Et lui, dans ma tête, ne cessait de me répéter que dans la vie il fallait se donner du plaisir, qu'il me guérirait de mes idées noires. Comme d'habitude je le voyais très bien, il était tout à fait présent. Je savais que, une fois rendue à la maison, il me faudrait diluer le liquide du flacon qu'il m'avait remis dans un peu d'eau minérale, jusqu'à hauteur du col, et en prendre cinq gouttes trois fois par jour. C'était la seule chose qui était vraiment claire pour moi à ce moment-là.
Arrivée chez moi j'ai rajouté l'eau minérale dans le flacon qu'il m'avait donné et j'en ai immédiatement pris cinq gouttes. J'étais toujours dans un état de panique indescriptible, ne connaissant qu'un bref répit au cours duquel j'ai cru pouvoir surmonter mon désarroi en pensant à Clément, qui rentrerait tard ce soir. Je l'imaginais à son bureau... J'aurais tant voulu qu'il soit là. Penser à lui me faisait comprendre que quelque chose au fond de moi essayait encore de lutter. Mais lui parler, je crois, aurait été au-dessus de mes forces. Je serais restée muette. J'aurais fait comme à chaque fois, comme si de rien n'était. Car ce maudit mister Hyde m'avait interdit de parler de quoi que ce soit à quiconque.
Depuis ma rencontre avec ce démon j'ai tout de même essayé de lutter. Je m'en souviens. J'ai lutté contre ce sentiment atroce de ne plus vivre normalement dans ma tête. En fait, à la réflexion, je me suis tout simplement livrée chaque jour à des exercices d'adaptation épuisants ; chez moi, au travail et partout où je n'étais pas seule. Ces dernières semaines je n'ai donc survécu qu'en donnant le change. Il y a certes eu quelques brefs moments de semi-lucidité au cours desquels le masque est tombé : " Sois sincère et regarde toi ! C'est pire qu'avant ! Bien pire qu'avant ! " me répétais-je alors.
Tout à l'heure, par exemple, je l'ai dit, j'ai pu mettre à distance pendant un instant cette image qui squattait mon esprit. Un déclic s'est produit et j'ai presque réussi à renouer le lien avec moi-même. J'ai pu voir et mesurer ma souffrance, une fois encore, et peut-être d'une façon plus lucide que je n'y suis jamais parvenue depuis le début de ce calvaire. D'ailleurs, au prix d'un effort surhumain, après une lutte éreintante contre cette force surhumaine qui me réduisait à l'esclavage, j'ai su lui résister. Son visage s'est progressivement estompé. J'ai même pris une décision, irrévocable : je ne me rendrai pas en consultation demain. Plutôt mourir que d'être le jouet de ce monstre !
Hélas, une fois de plus, cette lutte contre moi-même, en moi-même, est demeurée vaine. J'ai constaté peu après, avec effroi, que le visage était revenu. Son visage était toujours là ! Avec ce même sourire indéfinissable. L’œil était dans la tombe et regardait... Angèle. Le sentiment de la victoire a été éphémère.
Son visage ne me quittait plus. Il restait là, juste à côté de moi. Je n'ai pas eu le temps de faire mon ménage avant de me rendre à son cabinet. Et là j'ai fait n'importe quoi pour tenter d'échapper à son omniprésence. J'ai dû passer au moins trois fois le chiffon sur la commode de la chambre de ma fille en déplaçant à chaque fois tous ses bibelots. Heureusement que les enfants étaient au centre aéré pour la journée. J'étais véritablement détruite. Je me sentais tellement impuissante. Cette fois, j'ai eu la certitude d'avoir touché le fond, d'être devenue folle. Depuis que j'ai fait la connaissance de ce personnage malsain, je me suis sentie étrangère à moi-même et à ma famille, coupée de mon rôle de mère et d'épouse. Je pourrais même dire que, de ce jour, ma personnalité s'est progressivement dissoute jusqu'à disparaître complètement. J'ai survécu par procuration, dans un univers parallèle, terrifiant, dont il occupait tout l'espace.
C'est dans ce triste état que j'ai gagné ma chambre. Je me suis allongée sur le lit, les yeux mi-clos, le regard obscurci, perdu dans les brumes laiteuses du plafond. Sur mon visage les larmes ont roulé doucement et ont laissé place en s'évaporant à des chatouillis désagréables. Je n'y ai même pas prêté attention. Je ne luttais plus. Pour tout dire, j'ai eu l'impression que la fin était arrivée. D'ailleurs je commençais à suffoquer. Mon cœur battait la chamade. Il s'est emparé de tout mon crâne. Ses pulsations martelaient mes tempes avec violence. Elles palpitaient douloureusement quand une étrange torpeur s'est emparée de moi : " Les gouttes ! J'en ai pris à l'instant. "
DESCRIPTION DE L’NDE
Puis, comme par enchantement, le visage démoniaque s'est brusquement évanoui. L'instant précédent mon cerveau était la proie d'un tourbillon de pensées dont il était le pourvoyeur exclusif, et là, soudain : chraaak ! la douleur s'est effacée, un voile s'est déchiré, la grisaille s'est éclipsée et a laissé apparaître un tableau différent... Opposé, devrais-je dire : une quiétude inattendue, totale, exceptionnelle. Une sensation de bien-être jamais ressentie. Mes repères habituels se sont évanouis et j'ai existé dans une espèce de néant confortable. Je ne dormais pas et je ne savais même pas si mes yeux s'étaient fermés.
Il s'est produit ensuite une autre cassure. Quelque chose de plus extraordinaire encore et j'ai été brutalement aspirée hors de mon corps. Tu m'entends bien ! Moi... Enfin, la partie de moi qui pense, qui est capable de voir, d'analyser et de comprendre, s'est tout à coup trouvée en dehors de la partie corporelle restée sur le lit. C'est incroyable ! Vraiment incroyable ! En fait ce n'a peut-être pas été aussi brutal. Il y a eu un bref instant de transition, me semble-t-il, où je me suis sentie partir vers le haut ; légère, légère, de plus en plus légère... Cette ascension s'est poursuivie jusqu'au plafond et je me suis retrouvée à côté du lustre, en train de contempler mon corps. Car je me voyais très nettement, là en dessous, allongée sur mon lit et les yeux clos ; je les avais donc fermés.
Ce qui m'a le plus marquée alors, c'est une impression de détachement. C'est le moins qu'on puisse dire. Tu ne crois pas ? Mais je veux parler d'un détachement affectif par rapport à cette carcasse de chair inerte et dérisoire. J'expérimentais ainsi, en toute insouciance pourrait-on dire, un phénomène dont j'étais à mille lieues d'imaginer l'existence. Et, peu à peu, j'ai pris conscience de mon nouveau statut : j'étais devenu esprit ! C'est indéniable. Après un moment de flottement < c'est aussi le mot qui convient >, sûrement nécessaire à mon adaptation à cette nouvelle condition, la question de ma propre mort est venue m'arracher à la douce quiétude qui m'envahissait. Suis-je morte ? me suis-je demandé, incrédule.
Tout le laissait paraître. Il fallait me rendre à l'évidence. Et, tiens toi bien, j'acceptais sans émotion particulière l'idée de mon décès. J'en faisais le simple constat. Comme si cela ne me concernait pas directement ou n'avait pas grande importance. Ma propre mort semblait un événement parfaitement banal. En moi, aucune réaction émotionnelle ne lui faisait écho sauf, à la rigueur, une certaine compassion pour la forme humaine que j'abandonnais. Mais pas de quoi en faire un drame !
C'est alors que j'ai été catapultée dans le cosmos. " Cosmos " est le mot qui convient parfaitement pour désigner l'environnement de ce fantastique voyage : une obscurité totale, silencieuse, constellée d'une myriade d'étoiles. Je filais à une vitesse vertigineuse, attirée par l'un de ces points lumineux. La brillance de celui-ci ne cessait de croître et la pénombre s'effaçait à mesure que ma fulgurante progression me rapprochait du générateur de ce fantastique rayonnement. Je me suis dit : " c'est sûrement ça la vitesse de la lumière ! " Et au même instant tout est devenu lumière. J'étais moi-même imprégnée d'une formidable clarté dorée. Si mon émotivité a été peu sollicitée dans un premier temps, je n'ai rien perdu à attendre. J'allais l'avoir, mon compte d'émotions !
Plus j'approchais de la source lumineuse plus je ressentais une vie, une présence, dans cette brillance mille fois plus puissante que le soleil. Je n'en étais nullement aveuglée pour autant. Intraduisible, inexprimable... Il n'existe aucun mot pour décrire cette lumière et dire le bouleversement qu'elle suscite. Mon intuition ne m'a pas trompée, cette féerie céleste était habitée : deux personnes se sont approchées de moi, nimbées de cette splendide lumière, sans que cette étrange apparition n'éveille de ma part le moindre étonnement. Et pourtant ! Me voici en présence de mon grand-père, disparu depuis huit ans, et de Martine que tu as toi-même connue, une amie tragiquement décédée il y a peu d'années. Tu te souviens d'elle ? Ils paraissaient heureux de me voir, souriants et accueillants, identiques à l'image que j'ai conservée d'eux ; peut-être plus jeunes. Je savais parfaitement qu'ils étaient morts et cette pensée a emporté définitivement ma conviction de l'être également.
Nous avons échangé quelques propos, mais sans que notre dialogue utilise le langage habituel. L'information circulait directement, sans utiliser le canal des sens, de cerveau à cerveau. À propos, avais-je encore un cerveau ? Je veux dire un cerveau en état de marche. Si ce n'était plus le cas, comment pouvais-je utiliser aussi facilement ces facultés télépathiques ? Comment puis-je m'en souvenir aujourd'hui encore ? En tous cas, l'intégralité de nos pensées se révélait instantanément, aux uns et aux autres, claires, parfaitement intelligibles. Je ne me rappelle pas de toute notre conversation et les bribes dont subsiste la trace paraîtraient futiles à d'autres que moi. En revanche, leur désir de me garder auprès d'eux et la perspective d'une existence post mortem radieuse, qu'ils se proposaient de me faire découvrir, demeurent bien ancrés dans ma mémoire.
Mon voyage s'est poursuivi. Mes guides étaient toujours à mes côtés, bien que je ne les voyais plus, lorsque j'ai pénétré, me suis fondue, serait plus juste, dans un embrasement céleste tout aussi indescriptible. Ne souris pas de mon lyrisme, mais c'était tellement fort !
Là, j'ai eu la très nette impression de me retrouver dans un lieu familier, un endroit que j'ai bien connu. Comme si j'étais partie depuis peu de temps et que je revenais chez moi. Depuis peu de temps... Mais qu'est ce que ça veut dire : " peu de temps " ? La notion de durée à laquelle on se réfère habituellement est absente de cette histoire-là. Tout ce que je peux dire, même si je suis incapable de l'expliquer, c'est que j'ai existé dans ce qu'on pourrait appeler une sorte d'intemporalité absolue. Car l'ensemble de ce périple hors de mon corps s'est également déroulé hors du temps. Plus de corps : plus de temps ! De sorte que je me demande si notre perception d'un écoulement temporel ne serait pas une vaste mise en scène. Mais à ce moment-là je ne me suis pas vraiment posé ce genre de question.
J'ai très vite perçu une autre présence. " La Présence ", devrais-je dire. C'est d'elle qu'émanait cette extraordinaire lumière. Une lumière qui me connaissait aussi bien, sinon mieux, que je pouvais me connaître moi-même. Aussitôt, provenant de la lumière, un sentiment d'amour incommensurable m'a submergé. Un raz de marée d'amour tout aussi inexprimable que le reste. De toute façon " amour " est un concept humain trop restrictif pour dire la communion avec ce soleil de bonté et de tendresse. Notre vocabulaire est inapte à rendre compte de telles sensations.
La moindre parcelle de mon existence était connue de la lumière, je le sentais, mais je ne me doutais pas que cela s'achèverait par une sorte de rétrospective critique de ma vie. En effet, sans que je sache de quelle manière, des pans entiers de mon passé se sont mis à défiler devant moi : des événements les plus proches aux souvenirs les plus éloignés de mon enfance. Le plus inouï c'est que j'ai même assisté à ma naissance ! Des scènes plus ou moins prépondérantes, d'autres plus anodines ont resurgi devant moi. Spectatrice de ma propre histoire j'ai pu en mesurer les mérites et les faiblesses.
Cette rétrospective était accompagnée de remarques venues de la lumière. Remarques généralement bienveillantes mais aussi, quelquefois, teintées d'un humour quasi-sarcastique. J'ajouterai tout de même que si je me suis sentie évaluée, je ne peux pas parler d'un véritable jugement. Il s'agissait plutôt d'une auto-évaluation commentée par la lumière, d'un examen de conscience sans la moindre possibilité de tricher. J'ai revu des scènes au cours desquelles je ne me montrais guère à mon avantage. Et c'est peu dire ! Les moins flatteuses pour moi suscitaient de sa part une réaction de moquerie amusée. Je ne dirais pas qu'elle allait jusqu'à rire mais je sentais bien que l'imbécillité de certains de mes comportements l'amusait. Elle souhaitait manifestement dédramatiser ces situations en me faisant comprendre que seule l'ignorance était responsable de tels actes. Elle soulignait à l'occasion les conséquences de ce que j'avais cru être de petites causes, me montrant la disproportion de leurs effets. Dans l'ensemble il y avait de ma part du bon comme du mauvais, mais sans me flatter le positif l'emportait malgré tout.
J'ai vu des images de loisirs récents avec mes enfants, des épisodes de ma vie professionnelle ou familiale. Plus avant dans le temps, c'était la collégienne rêvassant à la fenêtre de sa chambre. Et plus avant encore, vers l'âge de cinq ou six ans, la petite fille qui jouait dans le jardin jouxtant le pavillon. Jusqu'à une scène où j'étais assise sur une chaise haute, en bois verni, dont le souvenir est désormais bien net. Puis, je te l'ai dit, j'ai assisté à ma naissance. En fait, j'y participais. Mais de manière lucide cette fois-ci. C'est vraiment incroyable !
Tu ne peux pas imaginer comme tout cela m'a bouleversée. Car en visionnant ces extraits du film de ma vie je ne devinais pas mes émotions d'alors, je les vivais réellement. Je les revivais ! Ce qu'il y a de plus étonnant, et de plus pénible aussi, c'est qu'il en allait de même pour les émotions manifestées par les autres intervenants présents à ces moments particuliers de mon existence. Je veux dire que je ressentais tour à tour les sentiments d'autrui que mes comportements suscitaient. J'ai même eu la surprise de constater que, dans des circonstances précises, les réactions intimes de certains des protagonistes ne correspondaient pas du tout à celles que je leur avais prêtées sur le moment.
Totalement sereine, et dans un état de béatitude inimaginable, je continuais à flotter dans un univers de clarté époustouflante où la notion de temps, il semblait figé, échappe à toute compréhension. Au diapason de cette inexplicable intemporalité les tranches de mon existence sont perçues instantanément, hors de toute impression de durée. C'est assez difficile d'en rendre compte avec des " mots terrestres ". Ma vie passée ne se présentait pas seulement devant moi en images se succédant dans une chronologie à rebours, comme pourraient le laisser entendre mes précédents propos. Les événements se déroulaient en quelque sorte selon le scénario original mais leur succession remontait le cours de ma vie.
Parfois aussi, là c'est encore plus délicat à expliquer, j'avais l'impression que mon existence entière était étalée sous mes yeux ; indifférenciée dans ses étapes et toujours sans que l'enchaînement des événements paraisse se nourrir de temps. Je sais que c'est complètement fou, totalement incompréhensible, mais cela s'est passé ainsi. Il me semble toutefois que les scènes se succédaient, comme je l'indiquais, de façon que soit mis en évidence un lien de cause à effet. Afin, peut-être, que les conséquences de mes comportements me soient plus claires.
D'ailleurs, pour moi, tout était limpide à ce moment-là. Je comprenais tout avec une incroyable rapidité. Qu'il s'agisse de ma vie ou de la Vie d'une manière plus large. C'est comme si j'avais pu consulter les archives d'une espèce de savoir universel. Pour utiliser un cliché je dirais que je possédais alors la connaissance de la vérité ultime ; c'est du moins le sentiment que j'ai éprouvé. Cela peut sembler prétentieux mais il n'y a pas de quoi en tirer orgueil puisque le souvenir de cet enseignement demeure si flou que je suis bien incapable de t'en dire plus.
Ensuite, la lumière de laquelle émanait toutes ces connaissances m'a demandé si je désirais la suivre. Ce n'était pas un ordre, elle me laissait le choix. Dans l'espace d'un éclair l'image de mes deux enfants a fait resurgir une réalité depuis longtemps oubliée. J'ai immédiatement compris dans leurs regards que mon absence leur serait une injustice inacceptable. Et, en définitive, la responsabilité de cette injustice m'incombait !
La brève pensée que je venais d'avoir pour mes enfants a aussitôt mis un terme à cet épisode d'incomparable félicité. Je n'ai même pas eu le temps de protester de mes devoirs envers eux que la réponse s'est imprimée en moi : " La puissance de ton amour pour tes enfants témoigne d'une volonté à laquelle je ne désire pas m'opposer. " Ou quelque chose d'approchant et de très solennel. La lumière me faisait comprendre qu'elle ne voulait pas rompre un lien aussi fort que celui qui me retenait auprès d'eux. Ces considérations se gravaient en moi par l'effet de ce phénomène télépathique qui avait servi de support à tous les dialogues précédents. Elle acceptait mon choix, qui n'était pas vraiment réfléchi, estimant que mon accession dans ce " paradis " était prématurée puisque ma tâche ici bas n'était pas achevée. J'ai réintégré dans l'instant le corps abandonné sur le lit. Je regrettais déjà ma décision, mais il était trop tard.
J'ignore la durée de mon absence. Quelques minutes ? Qui ont paru des siècles. Mais je garderai toujours en mémoire la profonde amertume de ce retour à la nature humaine et à ses vicissitudes. La lourdeur du corps alliée à ce que j'éprouvais alors comme un engourdissement des fonctions cérébrales, en comparaison des fabuleux pouvoirs dont je venais de faire l'expérience et des connaissances illimitées auxquelles j'avais accédé, m'imposaient une pénible renaissance. Le fragile microbe humain supportait mal la transition. La brutale déception de mon renvoi n'a pas facilité la réadaptation. J'ai alors pleuré comme je ne l'avais jamais fait. Joie et dépit mêlés. Progressivement, j'ai repris contact avec la vie, avec ma vie. La représentation était terminée. Et quelle représentation !
Cela dit, il ne s'agit pas d'une représentation mentale en rapport avec un rêve ou une hallucination. Je ne peux douter un seul instant de la réalité de ce que je viens de vivre. D'ailleurs, après avoir récupéré mon corps j'ai ressenti physiquement, pendant un court moment, cette félicité éprouvée tout au long de mon périple ; et je sais qu'à cet instant précis j'étais bien éveillée. Puis elle s'est rapidement estompée pour laisser place à l'amertume et aux regrets.
L'ensemble du phénomène demeure imprégné de ce même sentiment de réalité. Car lorsque je me réveille avec le souvenir d'un rêve, plus ou moins net en général, je reconnais pleinement celui-ci comme une construction imaginaire. Là, rien d'onirique. J'ai la certitude de m'être vue, morte, allongée sur mon lit, d'avoir rencontré ces deux personnes qui m'ont été si familières de leur vivant et d'avoir voyagé jusqu'à cette lumière qui est la véritable " Source de la Vie ". Sans omettre qu'il m'a été donné de consulter les archives de ma propre existence, alors que je n'avais même plus conscience de tous ces souvenirs.
Je me suis demandé qui serait capable d'entendre une telle histoire. À qui pouvais-je raconter ce fantastique voyage sans passer pour une illuminée ou pour une folle ? Je n'ai pas voulu téléphoner à Clément car, outre cet incroyable récit, je lui aurais porté le coup de grâce en lui dévoilant le véritable rôle de cet homéopathe ; j'en suis d'ailleurs miraculeusement guérie. J'ai tout de suite pensé à toi. Le temps de récupérer un peu et je t'ai appelé. Qu'en pense-tu ? De quoi s'agit-il ? Peux-tu croire que l'âme soit capable de quitter le corps et d'y revenir ? Que nous puissions ainsi survivre à la mort ? "
REACTION CARTESIENNE et ENQUETE
S’agirait-il d’une drogue hallucinogène ? NON !
Vous avez dit bizarre ?
Le phénomène dont on vient de prendre connaissance, bien que transcrit dans un style plus littéraire que le récit original, est en tous points fidèle au témoignage recueilli moins de deux heures après qu'Angèle ait effectué son " voyage ". C'était la première fois que j'entendais une histoire aussi ahurissante. Je ne savais pas du tout ce qu'il fallait en penser, même si Angèle semblait sincère. Je savais encore moins comment y répondre si ce n'est, dans un premier temps, en réconfortant mon amie et en promettant de faire tout mon possible pour lui apporter une explication au plus tôt.
Elle allait d'abord me confier ce fameux flacon. J'en ferais analyser le contenu par Charles, un ami qui dirige un important laboratoire, chez lequel nous devons passer le prochain week-end avec mon épouse. J'étais persuadé que le liquide contenu dans cette fiole était à l'origine des hallucinations d'Angèle. Pouvait-il en être autrement ? Informé des faits Carlito eut la gentillesse de se charger de la tâche. Celle-ci impliquait, entre autres procédures, le recours à une technique d'analyse très fine, la spectrographie en phase gazeuse, permettant d'identifier la moindre molécule suspecte. Mais en raison du surcroît de travail du laboratoire et du traitement prioritaire des urgences, il me demandait un délai de quelques jours à une ou deux semaines au plus.
Angèle accepta que j'informe Hélène, mon épouse, de cette histoire aberrante. Mieux, elle nous invita pour le lendemain soir, pensant que nous ne serions pas trop de trois pour informer Clément et prévenir ses réactions. Au cours de cette soirée, alors que les enfants regardaient la vidéo à l'étage, nous en fîmes donc le récit à Clément, avec les plus grands ménagements. Comme prévu, malgré nos précautions, nous frôlâmes la catastrophe et eûmes beaucoup de mal à le raisonner. En dernier ressort Angèle parvint à le convaincre en lui affirmant qu'elle ne surmonterait pas la publicité qui serait faite à l'affaire pour le cas où il mettrait son projet de représailles à exécution. Insouciant des menaces qui pesaient sur lui, Mister Hyde devait en définitive une fière chandelle à sa victime.
Au cours des jours qui suivirent j'eus l'occasion de discuter plus d'une fois avec Angèle. Nous revînmes à son étrange aventure et ces échanges confirmèrent ses premiers propos, donnant lieu à de nouveaux commentaires. Voici ce que j'en ai retenu :
" Je n'ai aucune preuve formelle de ce que j'avance mais j'ai la ferme conviction d'avoir fait un saut de l'autre côté. Un indice, que je considère personnellement comme une preuve, me fait penser que je n'ai pas rêvé ou déliré : moi qui étais jusqu'alors si effrayée par la mort, je n'ai plus du tout peur de mourir. Ce ne sont pas des paroles irréfléchies. C'est tout simple, je ne vois plus la vie de la même façon. C'est une autre manière d'être présente au monde, d'apprécier ce qui m'entoure, comme si je venais de renaître. Jusqu'ici je me trompais et ne respectais pas suffisamment la vie, sous toutes ses formes.
J'ai bien du mal à digérer cette affaire, à faire le point. Mais je sais maintenant que je vais m'en sortir. Pour cela il me faudra encore améliorer ma relation aux autres et les accepter comme ils sont. Ou m'en détourner, sans les juger pour autant. Ça m'est d'ailleurs un peu plus facile car depuis ce voyage de l'autre côté du décor j'ai l'impression, c'est curieux, de pouvoir discerner instantanément les personnes intéressantes de celles dont la compagnie pourrait freiner mon... évolution. "
Et le mystérieux liquide contenu dans le flacon remis à Angèle ? Comme je l'ai indiqué, cette histoire était si ahurissante qu'elle ne pouvait avoir été induite, à mon sens, que par une drogue psychoactive. J'étais persuadé que l'ingestion d'un puissant psychotrope, quelle que soit la façon dont il avait pénétré dans l'organisme de l'intéressée, demeurait la seule hypothèse envisageable. Au départ je pensais à un cocktail amphétamines1/sédatifs ou, à la rigueur, à un stupéfiant illicite. Dans un cas comme dans l'autre il ne restait qu'à identifier la substance en cause. J'attendais donc avec une certaine impatience les résultats de l'analyse.
Confiant dans mes intuitions je me rendis à plusieurs reprises au service de documentation de l'hôpital qui m'emploie, avec l'espoir de mettre un nom sur le toxique possédant de telles propriétés. Mais hors quelques descriptions recelant de maigres analogies avec le récit d'Angèle, aucune des drogues dont j'avais relevé les effets n'était créditée d'une activité comparable. Il faut savoir que la plupart de ces toxiques, il s'agit de substances synthétiques, produisent des hallucinations d'une totale incohérence. Celles-ci sont entrecoupées de phases stuporeuses ou d'exaltation, responsables de brusques variations émotionnelles. De plus, et c'est capital, le sujet n'accorde aucun statut de réalité à son vécu hallucinatoire.
Une exception, cependant, avait retenu mon attention. La description de certains épisodes hallucinatoires induits par le LSD présentait parfois de franches similitudes avec le phénomène qui motivait ma recherche. Bien que ces similitudes ne concernaient qu'une partie de celui-ci (sensation de légèreté, visions colorées, flashes d'événements passés) j'envisageais tout de même de me documenter plus sérieusement par la suite sur cette drogue. J'en étais là de mes investigations lorsque me parvint la réponse du laboratoire.
Il ne s’agit pas d’une drogue hallucinogène !
Cette réponse mit mes conceptions rationalistes à rude épreuve et me conduisit dans l'impasse intellectuelle évoquée dans l'avant-propos. Car les résultats de l'analyse étaient négatifs : de l'eau et quelques traces de sels minéraux. Rien qui puisse soutenir la thèse des effets d'une drogue. On avait procédé à une double vérification et il n'y avait pas la moindre probabilité d'erreur. Les conclusions du laboratoire étaient sans appel. Il me fallait donc abandonner la piste d'un toxique psychoactif et chercher ailleurs.
Pathologie mentale ? NON !
Peu enclin à souscrire à l'hypothèse d'une pathologie mentale, je sollicitai néanmoins l'avis d'un spécialiste, un psychiatre en l'occurrence. Puisqu'il ne pouvait être question de drogue, celui-ci me suggéra l'éventualité d'un épisode psychotique, une phase dépressive restant un mode d'entrée classique : " On a probablement affaire à une bouffée délirante plutôt atypique, sur fond érotomaniaque... Peut-être que les choses en resteront là et que cela ne se reproduira plus... Mais on ne peut écarter le risque d'une rechute et d'une systématisation avec délire, hallucinations et dissociation de la personnalité. Évolution vers une psychose... "
J'en avais assez entendu ! Cela ne me convenait pas. Ça ne cadrait pas avec le personnage. Je connaissais Angèle depuis trop longtemps et sa santé mentale était satisfaisante. Son vécu dépressif n'était pas vraiment de nature à infléchir cette opinion, même si je n'en faisais pas totale abstraction. Bien sûr, je me rendais compte de ses difficultés à intégrer cette expérience dans son quotidien. Moi-même, à sa place, si cette histoire n'avait rien à voir avec une hallucination, comment aurais-je réagi ? En fait, l'idée que l'on psychiatrise aussi lestement son vécu me mettait mal à l'aise. C'était faire fi de la qualité émotionnelle et des accents de sincérité qui ponctuaient ses propos, avec tout ce que les mots ne parviennent pas à traduire. Des dimensions subjectives, me dira-t-on. Certes, mais j'en avais moi-même perçu l'impact et il m'était désormais impossible de les ignorer.
Je me dois de préciser que, depuis la date du précédent récit, Angèle n'a jamais connu de rechute, n'a jamais présenté la moindre pathologie mentale et encore moins une quelconque " évolution vers une psychose ". Quant au fond érotomaniaque... j'en rigole encore ! Ce n'est pas du tout le type de comportement susceptible d'affecter Angèle, dont la passion exclusive pour Clément tient du sacerdoce.
S’agit-il d’un conditionnement mental ? NON !
Après avoir rejeté ce diagnostic psychiatrique, et à la suite de ma recherche passablement infructueuse sur les drogues, j'en vins à m'intéresser aux états modifiés de conscience ainsi qu'aux techniques de conditionnement mental. C'était peut-être là que résidait l'explication. J'en venais même à me faire une idée assez précise de la méthode utilisée pour conditionner Angèle.
Ces trois gouttes " pures " déposées sur sa langue ? Rien ne permettait d'affirmer qu'elles provenaient, elles, du fameux flacon ! J'étais même loin de le penser. J'imaginais le scénario suivant : dans un premier temps, ce jour-là, mister Hyde avait opéré avec le soutien d'un inducteur actif Ð trois gouttes de LSD par exemple ð en gardant simultanément sa cliente sous le " charme " envoûtant d'un conditionnement verbal orienté vers ses propres fins ; un conditionnement entrepris depuis plusieurs consultations déjà. Tout en prescrivant à Angèle de penser à lui de façon permanente et de n'en parler à personne, ce dont elle se souvient parfaitement, il lui avait également remis un flacon ne contenant qu'un substitut inoffensif : de l'eau tout bonnement. Cette eau agirait comme par mimétisme, supposait-il sans doute, grâce à l'effet de suggestion initial. Et celui-ci avait été décuplé ce jour-là par les trois gouttes de LSD déposées directement sur la langue. Aucun risque donc que l'on découvre quoi que ce soit dans le flacon.
Un sujet au psychisme affaibli, très suggestible donc, venu pieds et poings liés s'en remettre à ses pouvoirs devait être une proie idéale pour un manipulateur aussi pervers. Tout pouvait s'expliquer ainsi. Mon amie avait tout simplement eu affaire à un malade, à un détraqué sexuel, qui avait su museler chez elle toute volonté de lui résister. Ce n'était pas plus compliqué que ça.
Pourtant, bien que ce scénario n'était pas pour me déplaire, beaucoup de choses ne cadraient pas. Du moins en ce qui concernait l'épisode hallucinatoire qui avait suivi. Car, je l'ai signalé, le LSD, comme les autres hallucinogènes dont j'avais alors étudié les effets, ne produit pas de visions et d'émotions vraiment comparables à celles qu'avait connues Angèle. Quant au sentiment de réalité exprimé par la suite, je n'en avais jamais trouvé la moindre mention dans les études consacrées à ce type de drogue. Et que dire encore de la disparition de sa crainte de la mort ? Trois gouttes de LSD, encore moins trois gouttes d'eau, même ajoutées à la manipulation mentale d'un pervers, pouvaient-elles expliquer cela ? Je ne le pensais pas.
EURÊKA !
Vint le jour où le hasard se mit de la partie. Vous avez dit hasard ? Comme c'est... bizarre. Vous y croyez systématiquement, vous, au hasard ? Je veux dire à certains de ces hasards vraiment trop bizarres pour être d'honnêtes hasards... Bref ! À l'occasion d'une mise en ordre de ma bibliothèque, disons qu'une curiosité opportune me poussa à feuilleter quelques pages du livre de Raymond Moody, " La vie après la vie ".
Eurêka ! eut dit Archimède. " J'ai trouvé ! " me dis-je, plus prosaïque, dans une langue qui m'est familière. Je venais enfin de comprendre la signification de ces " cas décrits par Moody " : des allusions relevées çà et là au fil de mes lectures lorsque je m'intéressais aux états modifiés de conscience. Sur le moment, je m'étais effectivement demandé en quoi consistaient ces fameux " cas décrits par Moody ", signalés par divers chercheurs. Mais, à l'époque, je n'avais jamais entendu le nom de cet auteur et j'ignorais absolument tout du thème de sa recherche. Puis, pressé par le temps, j'avais dû remettre à plus tard... pour finir par oublier !
Je ne me rappelais pas avoir acheté ce livre. Me l'avait-on offert ? En tout cas je l'avais rangé sur un rayon au bas de la bibliothèque, sans en avoir parcouru la moindre ligne ; me réservant sans doute de le lire plus tard. Puis, là encore, j'avais oublié ! Décidément, il était écrit, si l'on peut dire, que ce livre ne serait pas ouvert avant que vienne son heure. Vu son titre, je comprenais mieux les raisons de cet oubli : ce n'était pas du tout, alors, mon genre littéraire. Une regrettable négligence puisque j'aurais pu fournir à Angèle un début d'explication dans l'immédiat, ce livre traitant précisément de l'expérience qu'elle avait vécue ; à une nuance près, et de taille : ceux qui la décrivaient avaient échappé de peu à la mort ! Cette négligence avait malgré tout permis au virus du doute de faire son oeuvre. Car, entre le moment où je recueillis le récit d'Angèle et celui de ma trouvaille, ma foi matérialiste avait commencé à donner des signes de faiblesse.
Dès le jour de cette découverte ma recherche prit un tour nouveau. En premier lieu, si ces phénomènes s'avéraient aussi fréquents que l'assurait Moody, je trouverais forcément d'autres personnes ayant vécu ce genre d'expérience. Il me faudrait donc, si possible, en interroger quelques-unes afin de comparer la teneur de leur récit avec celui d'Angèle. Cela aurait au moins pour effet de la rassurer à propos de sa santé mentale, plus encore que ne le ferait la seule lecture de cet ouvrage au titre un peu racoleur.
Ayant créé une association dont l'objet était d'étudier ces phénomènes et d'en diffuser l'information, je mis à profit la publicité qui m'était offerte à cette occasion par un grand quotidien régional. Je recueillis ainsi d'autres témoignages qui vinrent démontrer, sans aucune ambiguïté, que les vécus de cette sorte sont beaucoup plus répandus qu'on ne l'imagine. Parallèlement je me procurai quantité de publications sur le thème, dans la perspective d'approfondir mon étude. Enfin, à partir du mois de mars 1997, la diffusion de mon livre sur Internet m'offrit de nombreux contacts avec des personnes ayant vécu une expérience semblable à celle d'Angèle.




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Témoignages docteurs - Dr Joyce H

 http://www.nderf.org/French/joyce_h's_emi.htm
EMI de Joyce H 
DESCRIPTION DE L’ EXPERIENCE
Alors que j’étais en train de nettoyer la maison, un vitrail encastré dans un cadre de chêne (61 x 46 cm et environ 9 kg) tomba du manteau de la cheminée et me cogna la tête. Je me souviens de l’avoir entrevu alors qu’il arrivait sur moi et de son impact quand il m’a fait tomber à genoux. Sur le moment, je ressentis une incroyable douleur et, ensuite, plus rien, tandis que je me séparais de mon corps.
A cette époque, j’étais docteur en recherche biophysique et microscopie électronique ; entièrement immergée dans la science et la recherche sur la superstructure de la pathologie cellulaire dans les organismes exposés aux environnements polluants. Je n’avais pas de croyances spirituelles, pas de croyances en l’au-delà, Dieu ou une quelconque religion. Je n’avais jamais entendu parler d’expériences de mort imminente et n’avais pas non plus d’intérêt pour ce que j’appellerai « fantasmes ».
Je ne pensais à rien de tout cela alors que je dévalais dans un grand sifflement un long tunnel sombre, vers une lumière qui m’attirait jusqu’à elle. Je ne pensais à rien du tout, pas plus que je n’étais effrayée. J’étais juste là et tout arrivait si vite !
Je me souviens d’avoir ralenti, sans l’avoir voulu de moi-même, à l’entrée de cet endroit illuminé ; ma grand-mère se tenait sur la droite et m’accueillait avec tant d’amour ! Ils étaient tous là qui communiquaient avec moi, incontestablement avec des mots que l’on ne peut entendre, mais très distinctement à l’intérieur de mon esprit. J’étais étonnée de les voir tous en aussi bonne santé, dans la fleur de l’âge, si emplis d’amour et de reconnaissance à mon égard ! Je reprendrais bien n’importe quel coup sur la tête pour retrouver l’assurance qu’ils étaient là. Quel cadeau !
Je pénétrai alors dans cet univers de lumière : collines ondulantes, herbe, fleurs, cieux azur et vibrants de couleur. Ce qui m’étonna le plus fut l’intensité, la brillance et la clarté de la couleur, le fait qu’elle semblait émaner de l’intérieur de chaque détail du paysage. L’herbe irradiait de vert. C’était tellement beau ! Vraiment que c’était beau !
Soudain, je fus en présence de l’être de lumière. J’étais dans l’impossibilité de voir son visage, pouvais communiquer mais pas du tout en termes de mots ou d’images, plutôt en une sorte de communication universelle. Je fais l’expérience fréquente de ce type de communication dans la méditation, mais je ne peux l’expliquer avec précision. Cela se situe au-delà des mots et de toutes autres sortes d’expériences. Les émotions sont toujours accrues. Je ressens une joie si intense que mon être en sursaute de gratitude. Je ressens de la crainte et un sentiment d’appartenance. Je n’ai pas eu de revue de vie à proprement parler, mais ressentais que toute chose me concernant, ainsi que ma vie, était connue, comprise et exempte de jugement. J’étais profondément aimée.
On aurait dit que j’étais pour toujours en cette Présence.
Sans autre discussion préalable ni avertissement, je me retrouvai brusquement dans mon corps, avec un mal de tête sévère. Un tapis de sang séché entourait ma tête et j’étais réellement dans le cirage. Le service de mon médecin soignant me demanda si j’avais perdu conscience et je répondis que non. Quelle idiote ! Je me retrouvai donc dans mon lit, rehaussée de coussins parce que j’avais trop mal pour rester couchée sur le ventre. C’était la nuit du vendredi.
Ce fut vraiment ma fête ce lundi quand je retournai au laboratoire pour travailler : un collègue me regarda et m’emmena d’urgence à son médecin. J’étais à Seattle depuis peu, avais seulement eu un examen d’obstétrique et gynécologie, n’avais pas de médecin de famille. Après un scanner CT, un examen neurologique (je n’avais aucun frémissement des orteils d’un côté, j’étais très chancelante), on m’envoya au lit avec un congé de plusieurs semaines. L’hématome sur mon cerveau était assez petit pour ne pas nécessiter de chirurgie. L’entaille sur mon crâne était maintenant refermée. Comme le médecin me le dit : “nous vous l’aurions recousu, si vous étiez venue plus tôt”.
Ainsi donc, c’était la première fois de ma vie que je me retrouvais toute seule sans aucun souci provenant de l’extérieur. Les images et les sentiments de mon EMI commencèrent à me revenir.
Alors que j’étais en convalescence et pouvais me lever et circuler, je commençai à flâner dans la librairie Elliot Bay Book Co. Le livre de Raymond Moody sur les expériences de mort imminente, “La Vie après la Mort”, sembla sauter de son étagère pour atterrir dans mes mains. Je parcourus une grande partie du livre, peut-être même tout le livre, plantée là, stupéfaite. Il décrivait, cas par cas, des expériences similaires à la mienne. Je ne pouvais pas renier tout ce qui m’était arrivé, les visions que j’avais eues. Je me lançai alors dans une exploration de conscience et de réalité modifiées qui continue jusqu’à ce jour.
Après des années de méditation, d’étude, de rencontres avec des enseignants et des gens qui ont connu des expériences similaires, j’ai eu une vision qui m’a conduite à soigner. En 1984, j’ai confié le laboratoire à un de mes assistants et suis partie pour poursuivre une vie de conseil, d’étude de traditions spirituelles dans les cultures chamaniques, et faciliter les aspects spirituels de la guérison. Maintenant, je continue de donner des cours privées, j’enseigne, j’anime des séminaires, et j’ai publié mon premier livre pour rendre accessible à tous l’information que j’ai reçue.

Est-ce que ce type d’expérience était difficile à exprimer avec des mots ?Oui Un ton émotionnel très fort, des images d’une beauté indescriptible.
Aumoment de l’expérience, est-ce qu’il y avait un événement associé menaçant votre vie ?Oui J’ai été touchée à la tête par un vitrail décoratif.

A quel moment de l’expérience étiez-vous à votre niveau le plus élevé de conscience et de vigilance A partir du moment où j’ai quitté mon corps
Comment votre plus haut niveau de conscience et de vigilance durant l’expérience pouvait-il se comparer à votre niveau normal de conscience et de vigilance dans la vie courante ? Plus de conscience et de vigilance que la normale

Si votre niveau de conscience et de vigilance le plus élevé durant cette expérience différait de votre état de conscience et de vigilance habituel, veuillez expliquer : Je pouvais regarder dans toutes les directions, y compris derrière moi-même. J’étais consciente mais relaxée et il me semblait percevoir toute chose.
Est-ce que votre vision différait d’une quelconque manière de votre vision de tous les jours (sous n’importe quel angle, soit par la clarté, le champ de vision, les couleurs, la brillance, la profondeur de perception, le degré de solidité/la transparence des objets, etc.… ? Oui clarté accrue, angle de vue, des couleurs semblables à du laser, des teintes claires et brillantes, réaction émotionnelle aux couleurs… extatique.
Est-ce que votre audition a différé d’une certaine manière de votre audition de tous les jours (à tous les égards, tels que la clarté, la capacité à reconnaître l’origine du son, le ton, l’intensité, etc.)Indécise Je ne me souviens pas d’avoir entendu quoi que ce soit...L’information semble juste se déverser dans mes pensées.
Est-ceque vous avez ressenti une séparation de votre conscience et de votre corps ? Oui

Quelles émotions avez-vous ressenties pendant l’expérience ? De la joie, de l’extase, de la paix, de la gratitude, du sens, de la complétude, une absence de lutte.
Est-ceque vous êtes passée à travers un tunnel ou un espace fermé ? Oui Je me suis dégagée de mon corps pour atterrir immédiatement dans un tunnel avec une lumière magnétique à son bout qui m’attirait vers elle à grande vitesse.

Avez-vous vu une lumière ? Oui Une belle lumière m’attirait à elle.Cette lumière m’inspire encore de la crainte et je fonds en larmes.

Est-ce que vous avez rencontré ou vu d’autres êtres ? Oui ma mère et ma grand-mère m’ont accueillie juste à l’entrée du “paysage”.
Est-ce que vous avez assisté à une revue d’événements passés de votre vie ? Oui… Enfin...pas une revue détaillée ou spécifique de ma vie, mais le sentiment qu’il n’y avait pas de secrets, que tout était connu et que je ne me sentais jugée en aucune manière.
Est-ce que pendant votre expérience vous avez observé ou entendu quelque chose par rapport à des gens ou des événements qui ait pu être vérifié plus tard ? Non

Est-ce que vous avez vu ou visité de beaux endroits ou des lieux remarquables d’une autre façon, d’autres niveaux, d’autres dimensions ? Oui Le paysage était magnifique; ciels bleus, collines ondulantes, fleurs. Tout était empli de lumière, comme si chaque chose était éclairée de l’intérieur et émettait de la lumière sans la réfléchir.
Est-ce que vous aviez un sentiment d’espace ou de temps altérés ? On aurait dit qu’il n’existait qu’un temps et qu’une expansion du temps.
Est-ce que vous aviez le sentiment d’accéder à une connaissance spéciale, un ordre et/ou un plan universel ? Oui Tout va bien, l’univers est entre les mains de Dieu.

Est-ce que vous avez atteint une frontière ou une structure physique limitante ? Non

Est-ce que vous êtes devenue consciente d’événements futurs ? Non
Est-ce que vous avez eu des pouvoirs psychiques, paranormaux ou autres dons spéciaux après l’expérience, que vous ne possédiez pas avant celle-ci ?
Oui j’ai lentement compris que j’étais revenue avec plusieurs dons de vision, de savoir, de perception au-delà de la simple réalité et la capacité de faciliter la guérison, particulièrement au niveau physique.

Est-ce que vous avez partagé cette expérience avec d’autres personnes ? Oui, j’ai attendu plusieurs années plusieurs années avant de partager cette expérience, après avoir fréquenté un groupe IANDS de Seattle à la Green Lake Library.
Est-ce que vous aviez connaissance d’expériences de mort imminente (EMI) avant votre expérience ? Non

Comment avez-vous perçu la réalité de votre expérience tout de suite (jours ou semaine) après sa survenue ? Cette expérience n’était décidément pas réelle. J’ai assimilé toute l’expérience à une hallucination alors même que l’impact émotionnel et les événements spécifiques refusaient de s’effacer de ma mémoire.
Est-ce qu’il y a eu un ou plusieurs éléments de l’expérience particulièrement constructifs or importants pour vous ? Chaque instant de cette expérience a été constructif et a généré des changements profonds dans ma vie.
Comment voyez-vous actuellement la réalité de votre expérience ? Cette expérience était absolument réelle. Je la regarde comme réelle, répétable dans le sens où je peux occasionnellement retrouver les aspects de cet « endroit « par la méditation. C’est à dire que lorsque j’aspire à retrouver cet endroit, il arrive qu’il s’ouvre et je me trouve en présence de l’Etre de Lumière et des collines ondulantes. Ce n’est pas quelque chose que je peux contrôler ou demander, mais cela m’est accordé de temps en temps.

Est-ce que votre rapport aux autres a change notablement à la suite de votre expérience ? OuiJ’ai mis fin à mon mariage mais gagné des amis et des enseignants fabuleux.
Est-ce que vos croyances/pratiques religieuses ont changénotablement à la suite de votre expérience ? OuiJe ne suis plus athée. Je pratique la spiritualité de façon conséquente.
Après votre expérience, avez-vous eu dans votre vie des événements ou des médicaments ou des substances qui reproduisaient une partie quelconque de votre expérience ? , Oui La méditation profonde peut reproduire une partie de cette expérience. Je n’ai pas pris de médicaments, ni fumé ou ingéré de substances susceptibles de provoquer des voyages chamaniques ou des hallucinations.
Est-ce que vous aimeriez ajouter quelque chose par rapport à cette expérience ?Yes Great questions...helped me deepen the remembrance a bit more.

Est-ce que jusqu’ici les questions posées et l’information que vous avez fournie rendent compte précisément et dans le détail de votre expérience? Oui Ce sont des questions importantes… Elles m’ont un tant soit peu aidée à approfondir mes souvenirs
Est-ce qu’il y a d’autres questions que nous pourrions vous poser pour vous aider à communiquer votre expérience ?Bonjour Jodi et Jeff …
En fin de compte, j’ai réussi à remplir votre questionnaire ! J’ai trouvé cette expérience très génératrice d’émotions, oui c’est surprenant ! Revivre l’expérience de mort imminente me ramène à un lieu de crainte et d’humilité, de gratitude et d’envie. !
Joyce


hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Témoignages docteurs - Dr George Rodonaia

http://www.nderf.org/French/dr_george_rodonaia_emi.htm

EMI du Dr Georges Rodonia
TÉMOIGNAGE

Le Dr George Rodonaia a obtenu un doctorat en médecine, en neuropathologie et en psychologie des religions. Plus récemment il a fait aux Nations Unies un discours sur l’émergence d’une spiritualité mondiale qui a donné le ton. Avant d’immigrer d’Union Soviétique aux Etats-Unis en 1989, il a travaillé en tant que psychiatre chercheur à l’université de Moscou.
Le Dr Rodonaia a subi l’un des cas les plus long d’expérience de mort imminente / clinique jamais enregistré. La mort a été prononcée immédiatement après qu’il ait été percuté par une voiture en 1976. Il est resté trois jours dans une morgue. Il n’est pas « revenu à la vie » avant qu’un médecin ne commence à pratiquer une incision sur son abdomen lors d’une procédure d’autopsie.
Autre caractéristique notable de l’EMI du Dr Rodonaia – celle-ci très commune – elle l’a radicalement transformé. Avant son EMI, il travaillait en tant que neuropathologiste. Il était également un athée convaincu. Cependant, après l’expérience, il s’est consacré exclusivement à l’étude de la psychologie des religions. Il a ensuite été ordonné prêtre de l’église orthodoxe d’orient. Il a servi en tant que pasteur attaché pour l’église First United Methodist à Nederland au Texas.
« La première chose dont je me souvienne concernant mon expérience de mort imminente, c’est que je me suis retrouvé dans un royaume d’obscurité totale. Je ne ressentais pas de douleur ; j’étais toujours totalement conscient de mon existence en tant que George, tout était ténèbres autour de moi, une obscurité absolue et complète – la plus sombre des noirceurs, plus sombre que n’importe quelle ombre, plus noire que n’importe quel noir. C’était ce qui m’environnait, ce qui m’oppressait. J’étais horrifié ! Je n’étais pas du tout préparé à cela. J’étais sous le choc du constat que j’existais toujours, mais je ne savais pas où je me trouvais. La seule pensée qui revenait sans cesse dans mon esprit était : « Comment puis-je être alors que je ne suis pas ? ». C’était ce qui me troublait.
Lentement, je me suis repris et j’ai commencé à penser à ce qui était arrivé, à ce qui se passait. Mais cela ne m’a rien amené de revigorant ou de décontractant. Pourquoi suis-je dans cette obscurité ? Que vais-je faire ? Puis je me suis souvenu de la phrase célèbre de René Descartes : « Je pense donc je suis. », cela m’a enlevé un poids énorme, car c’est alors que j’ai été sûr d’être encore en vie, bien qu’à l’évidence, dans une dimension très différente. Puis j’ai pensé : « Si je suis, pourquoi ne serais-je pas positif ? ». C’est ce qui m’est venu à l’esprit. Je suis George et je suis dans l’obscurité, mais je sais que je suis. Je suis ce que je suis. Je ne dois pas être négatif.
Puis j’ai pensé : « Comment puis-je déterminer ce qui est positif dans les ténèbres ? ». Eh bien, ce qui est positif c’est la lumière. Alors, soudainement, je me suis retrouvé dans la lumière ; intense, blanche, brillante et forte ; une lumière très puissante. Cette clarté était comme le flash d’un appareil photo, mais non fractionnée. Une luminosité constante. Au début j’ai trouvé que l’intensité de la lumière était douloureuse. Je ne pouvais pas la regarder directement. Mais peu à peu, j’ai commencé à me sentir en sécurité et soudain tout a semblé sans problème.
Juste après, j’ai pu voir toutes ces molécules qui volaient tout autour, des atomes, des protons, des neutrons qui volaient partout. D’un certain côté, c’était totalement chaotique, cependant, ce qui me procurait une telle joie, c’est que ce chaos possédait aussi sa propre symétrie. Cette symétrie était magnifique, unifiée, complète et elle m’inondait d’une joie immense. J’ai vu, étalé devant mes yeux, la forme de la vie et de la nature dans l’univers. C’est à ce moment que se sont évanouies toutes les inquiétudes que j’avais conservées au sujet de mon corps, car il était clair pour moi que je n’en avais plus besoin, qu’en fait il constituait une limitation.
Tout fusionnait dans cette expérience, il m’est donc difficile d’indiquer une séquence exacte des évènements. Le temps tel que je l’avais connu s’est arrêté ; le passé, le présent et l’avenir étaient d’une certaine manière confondus pour moi dans l’unité intemporelle de la vie.
A un moment, j’ai subi ce que l’on appelle le « processus de passage en revue de la vie », car j’ai vu ma vie simultanément du commencement à la fin. J’ai participé en direct aux scènes de ma vie, quasiment comme dans une image holographique de ma vie se déroulant devant moi, pas de sens du passé, du présent ou de l’avenir, juste maintenant et la réalité de ma vie. Ce n’était pas comme si cela commençait à ma naissance et continuait avec ma vie à l’université de Moscou. Tout est apparu en même temps. J’y étais. C’était ma vie. Je n’ai pas ressenti de culpabilité ou de remords pour des choses que j’avais faites. Je ne me sentais pas comme ceci ou comme cela concernant mes échecs, mes erreurs ou mes succès. Je ne faisais que ressentir ma vie pour ce qu’elle est. Et j’en étais satisfait. J’ai accepté ma vie pour ce qu’elle est.
Pendant ce temps, la lumière rayonnait en moi un sentiment de paix et de joie. C’était très positif. J’étais si heureux d’être dans la lumière. Et j’ai compris ce que la lumière signifiait. J’ai appris que toutes les lois physiques de la vie humaine ne sont rien comparées à cette réalité de l’univers. J’ai aussi réalisé qu’un trou noir n’est qu’une autre partie de cet infini qu’est la lumière.
Je me suis rendu compte que cette réalité est partout. Il ne s’agit pas simplement de la vie terrestre mais de la vie infinie. Non seulement tout est connecté, mais tout ne fait aussi qu’un. J’ai donc ressenti une plénitude avec la lumière, le sens que tout est bien pour moi et pour l’univers.
Je pouvais être partout instantanément, y être vraiment. J’ai essayé de communiquer avec les gens que je voyais. Certains sentaient ma présence, mais aucun n’a réagi. J’ai ressenti la nécessité de m’instruire au sujet des Ecritures et de la philosophie. On souhaite, on reçoit. On pense et cela vient à soi. J’y ai donc pris part, je suis remonté dans le temps et j’ai vécu les pensées de Jésus et de ses disciples. J’ai entendu leurs conversations, j’ai fait l’expérience de leur repas, de faire passer le vin, des odeurs, des goûts, je n’avais cependant pas de corps. J’étais pure conscience. Si je ne comprenais pas ce qui se passait, une explication arrivait. Mais aucun professeur ne parlait. J’ai exploré l’empire romain, Babylone, le temps de Noé et d’Abraham. Toutes les époques que l’on peut nommer, j’y suis allé.
Donc j’y étais, inondé de toutes ces bonnes choses et de cette expérience merveilleuse, lorsque quelqu’un a commencé à m’inciser l’estomac. Pouvez-vous imaginer cela ? Ce qui est arrivé, c’est que l’on m’avait emmené à la morgue. Ma mort avait été prononcée et on m’y avait laissé pendant trois jours. Une enquête sur les causes de ma mort avait été décidée, on avait donc envoyé quelqu’un pour pratiquer une autopsie sur moi. Lorsqu’on a commencé à m’inciser l’estomac, j’ai ressenti comme une grande puissance qui me prenait par le cou et me poussait vers le bas. C’était si puissant que j’ai ouvert les yeux et j’ai ressenti une énorme douleur. Mon corps était froid et j’ai commencé à trembler. On a immédiatement arrêté l’autopsie et on m’a emmené à l’hôpital où je suis resté les neuf mois suivants, dont la plus grande partie sous respirateur.
Lentement, j’ai recouvré la santé. Mais je ne pouvais plus être le même, car tout ce que je voulais faire pour le restant de mes jours, c’était étudier la sagesse. Ce nouveau centre d’intérêt m’a conduit à fréquenter l’université de Géorgie où j’ai obtenu mon second doctorat en psychologie des religions. Puis je suis devenu prêtre de l’église orthodoxe d’orient. Finalement, en 1989, nous sommes venus en Amérique et je travaille maintenant en tant que pasteur attaché pour l’église First United Methodist à Nederland au Texas. De nombreuses personnes m’ont demandé en quoi je crois, comment mon EMI a changé ma vie. Tout ce que je peux dire c’est que maintenant je crois au Dieu de l’univers. A la différence d’autres personnes, cependant, je n’ai jamais appelé la lumière « Dieu », car Dieu est au-delà de notre compréhension. Dieu, je pense, est encore plus que la lumière, car Dieu est aussi l’obscurité. Dieu est tout ce qui existe, tout – et cela, c’est totalement hors de notre capacité à l’appréhender. Donc je ne crois pas au Dieu des Juifs, ou des Chrétiens, ou des Hindous, ou à toute autre idée religieuse de ce que Dieu est ou n’est pas. Tout cela c’est le même Dieu et ce Dieu m’a montré que l’univers dans lequel nous vivons est un superbe et merveilleux mystère ou tout est en connexion pour toujours et à jamais.
Toute personne ayant eu une expérience de Dieu telle que celle-ci, qui a ressenti ce sentiment profond de connexion avec la réalité, sait qu’il n’y a qu’une seule œuvre réellement significative à accomplir dans la vie, c’est aimer ; aimer la nature, aimer les gens, aimer les animaux, aimer la création elle-même, juste parce que cela existe. Servir la création de Dieu avec une main chaleureuse et aimante de générosité et de compassion – c’est la seule existence qui ait du sens.
Beaucoup de gens se tournent vers ceux qui ont eu une expérience de mort imminent parce qu’ils pensent que ceux-ci ont les réponses. Mais je sais que ce n’est pas vrai, du moins pas entièrement. Aucun d’entre nous ne sondera totalement les grandes vérités de la vie avant que nous ne soyons finalement unis à l’éternité après la mort.
Mais d’ici là, c’est notre nature même de chercher des réponses à nos questions les plus profondes sur l’expérience de mort imminente et l’immortalité.
Mais occasionnellement, nous avons des aperçus de réponses ici sur la terre et cela seulement est suffisant à mon avis. J’aime poser des questions et rechercher des réponses, mais je sais qu’en fin de compte, je dois vivre les questions et les réponses. Mais est-ce un problème ? Tant que nous aimons, que nous le faisons de tout notre cœur et passionnément, cela a-t-il une importance ? Peut-être que la meilleure manière pour moi d’exprimer ce que j’essaie de communiquer, c’est de partager avec vous ce que le poète Rilke a écrit jadis dans une lettre à un ami. J’ai vu cette lettre, le manuscrit original, à la bibliothèque de l’université de Dresde en Allemagne.
(Il cite de mémoire comme suit :)
« Soyez patient avec tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur. Et essayez d’aimer les questions elles-mêmes. Ne cherchez pas les réponses qui ne peuvent être données. Car vous ne seriez pas en mesure de vivre avec elles. Et ce qui compte c’est de tout vivre, vivre les questions maintenant, et peut-être sans le savoir, vous vivrez un jour dans les réponses. »
Je mets ma foi en cela. Vivez les questions et l’univers ouvrira les yeux pour vous.
Récit de George Rodonaia sur l’épisode de son EMI concernant un bébé
Des informations supplémentaires concernant le récit de l’EMI de George Rodonaia sont mentionnées dans le livre de Melvin Morse et Paul Perry intitulé « Transformed by the Light ». Le Dr Morse se réfère à George par son prénom Russe « Youri ». Ce qui suit est un extrait de « Transformed by the Light » décrivant l’examen d’un bébé par George Rodonaia alors qu’il était hors de son corps.
« [Pendant l’EMI de Youri, il] a pu rendre visite à sa famille. Il a vu sa femme endeuillée et leurs deux enfants, tous deux trop petits pour comprendre que leur père avait été tué. »
« Puis il a rendu visite à ses voisins de palier. Ils venaient d’avoir un enfant, né quelques jours avant la « mort » de Youri. Youri se rendait compte qu’ils étaient bouleversés par ce qui lui était arrivé. Mais ils étaient plus encore dans le désarroi à cause leur enfant qui ne cessait de pleurer. »
« Peu importe ce qu’ils pouvaient faire, il continuait à pleurer. Il dormait par périodes courtes et irrégulières, puis il s’éveillait et pleurait à nouveau. Ils l’avaient ramené chez les médecins mais ceux-ci leur avaient fait de beaux discours. Tous les problèmes habituels comme les coliques avaient été écartés et ils les avaient renvoyé à la maison en espérant que le bébé finirait par se calmer. »
« Alors qu’il était dans cet état désincarné, Youri a découvert quelque chose : »
« Je pouvais parler au bébé. C’était ahurissant. Je ne pouvais pas parler aux parents, mes amis,
mais je pouvais parler au petit garçon qui venait juste de naître. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Aucun mot n’a été échangé, mais je lui ai demandé, peut-être par télépathie, ce qui n’allait pas. Il m’a dit qu’il avait mal au bras. Et lorsqu’il m’a dit cela, j’ai été en mesure de voir que l’os était déformé et brisé. »
« Le bébé avait une fêlure, une cassure de l’os du bras probablement due à une torsion pendant la naissance. A ce moment là, Youri et le bébé savaient ce qui n’allait pas, mais aucun n’était en mesure de communiquer le problème aux parents. »
« Finalement, le médecin de Moscou est venu pratiquer l’autopsie sur Youri. Quand on a déplacé son corps du tiroir vers un brancard, ses yeux ont cligné. Le médecin est devenu soupçonneux et il a examiné ses yeux. Lorsqu’ils ont réagi à la lumière, il a immédiatement été transféré aux urgences chirurgicales et il a été sauvé. »
« Youri a raconté sa « mort » à sa famille. Personne ne l’a cru jusqu’à ce qu’il commence à fournir des détails sur ce qu’il avait vu pendant son voyage hors du corps. Ils sont alors devenus moins sceptiques. Son diagnostic sur le bébé des voisins a été l’argument majeur. Il a rapporté leur avoir rendu visite cette nuit là, leur inquiétude pour leur nouvel enfant. Il leur a dit avoir parlé au bébé et avoir découvert qu’il avait une fêlure au bras. Les parents ont emmené l’enfant voir un médecin qui a fait une radio du bras, juste pour s’apercevoir que le diagnostic à très longue distance de Youri était exact. »

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