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INTRODUCTION AUX NDE PAR UN MERVEILLEUX TEXTEde l'auteur Daniel MAURER "La vie à corps perdu"
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Ce texte me touche beaucoup, et il introduit pour moi, merveilleusement la connaissance, l'espoir, la réalité, la vérité, le témoignage que recèlent les NDE, EMI, EFM ...
Le voici ...
Elle n'avait pas huit ans lorsque, par un après-midi d'août moite et étouffant, on avait inhumé son grand-père. Au soir de cette triste journée, accoudée à l'appui de la fenêtre, le menton serré dans la corolle de ses petites mains, elle contemplait pensive la voûte sombre mouchetée d'étoiles. Sans quitter le spectacle céleste du regard, elle interrogea sa mère qui lui caressait affectueusement les cheveux : " Dis maman, papi, c'est quelle étoile maintenant ? "Sa fraîcheur d'esprit lui gardait intacte la perception d'un monde affranchi de la raison, d'un univers magique inaccessible à qui a perdu son regard d'enfant. Faut-il affirmer pour autant que ce regard ne pénètre pas au coeur des phénomènes, qu'il a moins de valeur que celui des adultes ?Et si, justement, notre regard était à ce point adultéré que nous ne voyons de la réalité que ce que nous la forçons d'être ?" À ma fille qui attend toujours une réponse depuis la mort de mon père.
À mon fils qui a failli la découvrir dramatiquement, dont la chair conserve le projectile tiré sans le moindre mobile par des agresseurs ignorants.
À tous ceux qui sont retournés dans la Lumière et me conservent leur affection.
À toi lecteur avec qui je souhaite partager une autre vision de la réalité."
Extraits « NDE Sciences et religions» de Victor OJEDAINTRODUCTION
Quelques questions ?
La mort c’est quoi ? D’où, quand, de qui, pourquoi, comment, par quoi vint-elle ?Voilà quelques interrogations universelles pour lesquelles nous aimerions tous avoir les vraies réponses.
Ces questions font partie des trois questions clés de la vie qu’un jour nous nous sommes posées ou que nous nous poserons :
_ D’où venons nous ?
_ Quel est notre but sur cette terre ?
_ Où allons nous après la mort ?
Bien entendu, la mort relève davantage de la troisième.
Pourtant les trois sont intimement liées et répondre véritablement à l’une permet de répondre totalement ou partiellement d’une manière évidente et sûre aux deux autres.
Nous savons quand nous sommes nés et ignorons quand nous allons mourir tout en ayant la certitude qu’un jour ce sera inexorablement notre tour. De cela nous en avons la preuveoccasionnellement, pas le décès de nos parents, amis, voisins ; Tous les jours par les journaux et la télé qui annoncent invariablement et quotidiennement : catastrophes, accidents, guerres, attentats, crimes causant la mort d’innombrables victimes. Le sujet de la mort est tabou. Le seul fait d’y penser semble nous en rapprocher ; aussi devant le trouble, le vide l’inconnu, qu’il suscite nous préférons l’éviter et passer ou penser à autre chose.
Pourtant l’homme a essayé depuis l’aube des temps à définir la mort et son aboutissement. Conduit-elle à une autre vie ou au néant ?
L’athée répondra à rien, expliquant que notre individu se réduisantseulement à un corps de chair et d’os se décomposera pour donner tout simplement d’autres formes de vies.Pour certains cela peut paraître réaliste, mais c’est tout de même déprimant et il n’empêche qu’au fond de l’homme réside des sentiments et des vocations éternels : amour, amitié, bonheur, bonté, sagesse, intelligence, foi, confiance, espérance, fraternité, famille n’en sont que quelques uns et ils n’ont rien de matériel.
Notre but sur terre serait-il simplement de nous reproduire pour préserver la race humaine en essayant d’assurer un meilleur avenir à nos enfants ?Si tel est l’objectif de l’humanité le réussit-elle ? Je ne le pense pas. Si dans les pays dits « riches », les progrès de la sciences, de la technique, de la médecine, du bien être matériel augmentent exponentiellement,paradoxalement les valeurs morales baissent de la même manière et généralement on est moins « heureux » aujourd’hui que hier ; avant nos parents étaient heureux d’un petit rien aujourd’hui on est malheureux avec tout. Que dirent alors, des pays dit « pauvres » du tiers monde où des hommes, des femmes et des enfants connaissent quotidiennement la guerre plus ou moins larvée, la famine et en meurent ?
Le croyant de son côté, répondra qu’effectivement la mort nous mène à une autre forme de vie. Le problème est qu’il y a beaucoup de religions donnant chacune des réponses plus ou moins claires, à la fois différentes et contradictoires.
Il y a deux principales croyances. La première vient des religions révélées : Judaïsme, Christianisme et Islam. Après la mort, le corps réside dans le tombeau,l’esprit où l’âme dans le paradis ou l’enfer selon la vie menée sur terre en attendant la résurrection et le Jugement. La seconde les religions d’orient, principalement l’Hindouisme et le Bouddhisme, croient à la réincarnation : lors de notre mort l’âme abandonne lecorps dans la tombe comme un vêtement pour s’en revêtir d’un autre et vivre une nouvelle vie en vue de progresser ou régresser.
Les religions révélées croit à la résurrection, les religions orientales à la réincarnation.
On pourrait dire qu’il y aurait une troisième croyance qui est un syncrétisme des deux avec les doctrines des philosophes grecs : Aristote, Pythagore, Platon, etc. et des auteurs plus modernes issus des deux ou trois derniers siècles. Le problème est qu’il existe autant de dogmes de la réincarnation faisant que la vie sur terre est, soit un moyen fabuleux de progressionselon les théories grecques et modernes occidentales ou la pire des calamités selon les religions ou écoles orientales.
Extraits « NDE, Sciences et religions» de Victor OJEDAINTRODUCTION
Lafontaine
En conclusion l’homme se trouve bien désemparé face à la mort et à son signifiant. Ce qui fait que les deux fables de Jean de Lafontaine, « La mort et le bûcheron » et « La mort et le malheureux », traduisent bien fidèlement et tristement, l’attitude del’homme en généralface à la mort qu’il soit athée et trop souvent croyant. L’athée avec sa croyance qu’il n’y a rien après la mort et le croyant qui n’a pas les vraies réponses ou des incertitudes quant à la survie de l’âme se trouvent tous les deux paradoxalement et parfoisà égalité devant le trépas.
La mort et le bûcheron
Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé, marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier et la corvée
Lui font d’un malheureux la peinture achevée.
Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder,
Lui demande ce qu’il faut faire.
« C’est, dit-il, afin de m’aider
A recharger ce bois, tu ne tarderas guère. »
Le trépas vient tout guérir ;
Mais ne bougeons d’où nous sommes :
Plutôt souffrir que mourir,
C’est la devise des hommes.
La mort et le malheureux
Un malheureux appelait tous les jours
La mort à son secours
« O Mort, lui disait-il, que tu me sembles belle !
Viens vite, viens finir ma fortune cruelle ! »
La mort crut, en venant, l’obliger en effet.
Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre.
« Que vois-je ? cria-t-il : ôtez-moi cet objet ;
Qu’il est hideux ! que sa rencontre
Me cause d’horreur et d’effroi
N’approche pas, ô Mort ! ô Mort, retire-toi ! »
Mécénas fut un galant homme ;
Il a dit quelque part : « Qu’on me rende impotent.
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme
Je vive, c’est assez, je suis plus que content. »
Ne viens jamais, ô Mort ; on t’en dit tout autant.
Ainsi d’une part, l’homme malgré toutes les difficultés, les détresses physiques et morales tient à la vie plus que tout. Il détient en lui coûte que coûte ce fameux instinct de survie qui le fait survivre face à toutes les souffrances, toutes les humiliations, toutes les privations, tous les sévices, toutes les tortures. Les camps de la mort nazis ne sont qu’un triste exemple parmi tant d’autres que chacun de nous peut citer.D’autre part la mort est un sujet tabou le seul fait d’en penser ou d’être en contact ne serait-ce que lors d’enterrements, semble nous en rapprocher, nous met mal à l’aise, nous angoisse ; nous effraie.
Extraits « NDE, Sciences et religions» de Victor OJEDADéfinitions de la mort
Une autre question s’est posée depuis toujours et la réponse change chaque jour : Quand peut-on démarrer l’exécution des cérémoniesdestinées aux défunts ? Autrement dit, quand est-on définitivement mort ? Ou encore : Quelle est la définition de la mort ?A l’heure actuelle la définition scientifique de la mort est en constante évolution.
Nous allons en distinguer quelques unes :
1_ La mort clinique. Le médecin constate des premiers signes d'apparition de la mort : disparition du regard restant fixe, avec la dilation de la pupille devenue ovale. Plus de respiration.Aux derniers siècles par exemple, le médecin plaçait un miroir sur la bouche du mourant pour voir s'il y avait ou non formation de buée.
2_ La mort cardiaque : Par arrêt du cœur sans qu'on ait réussi à le faire battre à nouveaupar des massages, chocs électriques, défibrillateur.
3_ En 1959, la mort encéphalique ou cérébrale prévaut celle du cœur. La mort d’après certains intellectuels serait davantage dans le cerveau que dans le corps ou cœur : le cerveau serait mort alors que le corps reste « vivant ». On peut constater que le fondement de cette définition reste purement philosophique.
4_ Après 1959, pour aller plus loin et être plus, c’est la mort administrative :
a/ Abolition de la respiration spontanée.
b/ Abolition de toute activité des nerfs crâniens.
c/ Perte totale de l'état de conscience, à l'exception des réflexes du tronc et des membres.
d/ Electroencéphalogramme plat pendant trois minutes.
L’Electroencéphalogramme plat est passé de 3 minutes à 30 minutes. Actuellement, il est requis 2 EEG à 6 heures d'intervalles faits par deux médecins différents ou une angiographie cérébrale.
5_La mort physiologique ou cadavérique : Le froid gagne le corps avec sa pâleur caractéristique puis s’installent la paralysie et la rigidité cadavérique.
6_ La mort biologique : Les cellules, les tissus explosent et suit la liquéfaction, la putréfaction avec émission de méthane et d'odeurs pestilentielles. Puis la chair se détachent des os.
7_La mort fonctionnelle : Avec la mort biologique, toutes les fonctions ne sont pas tout à faitabolies ;la barbe et les ongles peuvent encore continuer à pousser sur les cadavres.
Par conséquent la mort n’est pas un acte instantané, mais un véritable processus, réparti en plusieurs étapes, qui demande du temps.Quelqu’un a dit « Que la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort. »
Cette définition, tout au moins en ce qui concerne le corps physique est bien conforme à la réalité qui nous montre que l’homme dès sa naissance en tant que bébé, puis enfant, adolescent, adulte etvieillard reste constamment sous l’emprise de la mort.
On nous apprend que chaque jour qui passe tue en nous des millions de cellules que notre corps renouvelle, avec chaque fois plus de difficultés au fur et à mesure que les années passent. Ainsi chaque jour, sans le savoir nous vivons en nous même des petites mort, constamment nous mourons et renaissons en attendant la grande mort, celle qui sera définitive.
Nous voyions que la définition scientifique de la mort varie constamment en fonction des progrès de réanimation et également par rapport aux contingences sociales, éthiques (quand doit-on prélever les organes par exemple) et autres.
Extraits livre « NDE,Sciences et religions» de Victor OJEDADEFINITIONS NDE, EMA, EMI, EFM
Nous avons vu que matérialistes et croyants ont une approche bien différente de la mort et de ce qui suit après. En 1975, le livre « La vie après la vie »du Docteur Raymond Moody déclencha un véritable événement auprès d’un grand public, du monde médical et religieux pour ces NDE, ( Near Death Experiences ou Expérience de Mort Imminente), EMA (Expériences de mort approchée), EMI (Expérience de mort imminente), EFM (expériences aux frontières de la mort).
Ce livre raconte que des hommes, des femmes considérés comme mort : plus de respiration, cœur arrêté, encéphalogramme plat revenaient à la vie après un certains temps pouvant s’étendre à plusieurs heures ! Par la suite, ils relataient des évènements extraordinaires qu’il disaientavoir vraiment vécu pendant leur mort clinique. Bien plus, ils pouvaient fidèlement répéter les conversations qu’ils avaient entendu, décrire le déroulement détaillé de l’opération que leur corps avait subit.
De plus les témoignages nombreux recueillis convergent tout en se complétant harmonieusement montrantqu’il ne s’agit en aucun cas de rêves, d’hallucinations ou d’affabulations. Ainsi ces expérience décrites par le Dr Moody, prouveraient la survivance d’une certaine conscience ou « âme », ou « esprit », ou tout autre chose, capable de voir, d’entendre, de sentir, de vivre des expériences aux frontières de la mort et revenir ensuite à la vie, alors que le cœur est arrêté, l’encéphalogramme plat et le corps tout entier ne donne plus signe de vie. Comme son livre l’indique, il y aurait une autre vie après la vie !
Ce livre et les vocations d’hommes et de femmes de science qu’il engendra par la suite allaient-ils se tenir entre la science conservatrice et les religions et apporter des réponses à la troisième question : Où allons-nous après la mort ? C’est ce que allons essayer de voir ou revoir simplement et sincèrement tout en allant, je l’espère au fond de la question posée. Mieux : nous projeter même beaucoup plus loin en répondant aux deux précédentes : D’où venons nous ? et Quel est notre but sur la terre ?
Extraits livre« NDE,Sciences et religions» de Victor OJEDAEFM avant le Docteur Raymond Moody.
Les expériences aux frontières de la mort apparaissent clairement dans des récits très anciens. En voici quelques uns dans un ordre chronologique
PLATON (427 -348 avant J.C.)
« La République » est un des plus importants dialogues de Platon On y découvre le récit d’une EFM ; celledu mythe d'Er le Pamphylien. Dans ce mythe, Platon aurait mélangé une histoire vraie avec les traditions orphiques et pythagoriciennes. Voici le résumé :
[1] « Il était mort dans une bataille ; dix jours après, comme on enlevait les cadavres déjà putréfiés, le sien fut retrouvé intact. On le porta chez lui(…), mais le douzième jour alors qu’il était étendu sur le bûcher, il revint à la vie ; quand il eut repris ses sens, il raconta ce qu’il avait vu là-bas. Aussitôt, dit-il, que son âme était sortie de son corps, elle avait cheminée avec beaucoup d’autres et elle était arrivée en un lieu divin.(…) Celles qui se connaissaient se souhaitaient mutuellement la bienvenue.(…) Elles parlaient de plaisirs délicieux et de visions d’une extraordinaire beauté.’’
Vint ensuite le moment où ses âmes devaient choisir leur futur corps physique, humain ou animal. Ce choix dépendait des réalisations de la vie précédente. Ensuite elles devaient se rendre dans la plaine du Léthé, et boirent boivent l'eau du fleuve Amélès. L’eau de ce fleuve rendait amnésique quiconque en buvait. Platon termine ainsi le récit de l’aventure d’Er :
[2]« Lui pour sa part fut empêché de boire de l'eau ; par où cependant et comment il était retourné vers sons corps, il n'en savait rien, mais tout à coup, levant les yeux, il se vit au point du jour étendu sur le bûcher. »
PLOTIN ( 205 – 270 avant J.C.)
Plotin philosophe qui influença les Pères de l'Eglise, adepte d’une interprétation spiritualiste de la doctrine platonicienne, n’eut pas a utiliser le mythe pour expliquer l’après-vie. Bien qu’écrit sur un mode impersonnel, cet extrait de la sixième Ennéades, montrerait par les sentiments exprimés une expérience aux frontières de la mort :
« Quiconque a vu sait ce que je dis ; il sait que l'âme a une autre vie, quand elle s'approche de lui (Dieu), est près de lui et y participe ; dans cette disposition, elle sait que celui qui donne la vie véritable est là ; et elle n'a plus besoin de rien. Tout au contraire, il lui faut déposer le reste et s'en tenir à lui seul. (...) Ici même l'on peut le voir et se voir soi-même, autant qu'il est permis d'avoir de telles visions ; on se voit éclatant de lumière et rempli de lumière intelligible ; ou plutôt on devient soi-même une pure lumière, un être léger et sans poids ; on devient ou plutôt on est un Dieu embrasé d'amour (...) jusqu'à ce que l'on retombe sous le poids, et que cette fleur se flétrisse. »
PLUTARQUE (50 – 125 avant J.C.)
Plutarque, raconte, sous forme de [3]mythe, l’aventure d’un certain Thespesios de Soles ; " viveur et jouisseur sans scrupules " :
« Étant tombé d'un endroit assez élevé, la tête la première, il n'eut point de blessure grave, mais seulement une contusion qui le fit s'évanouir. On le crut mort, mais trois jours après, comme on se préparait à l'enterrer, il revint à la vie. Il reprit en peu de jours ses esprits et ses forces et il se fit dans sa vie le changement le plus merveilleux. Dans toute la Cilicie, on ne connut point, de son temps, d'homme plus juste dans les affaires, plus religieux envers les dieux, plus sûr pour ses amis et plus redoutable aux ennemis. (...)
Il disait qu'au moment où il perdit connaissance il se trouva dans le même état qu'un pilote qu'on aurait précipité au fond de la mer ; qu'ensuite, s'étant peu à peu relevé, il lui sembla qu'il respirait parfaitement, et que, ne voyant plus que des yeux de l'âme, il portait ses regards vers tout ce qui l'environnait. Il ne vit plus aucun des objets qu'il avait coutume de voir, mais des astres d'une prodigieuse grandeur, séparés entre eux par des intervalles immenses. Ils jetaient une lumière éblouissante et d'une couleur admirable.
Son âme portée sur cet océan lumineux, comme un vaisseau sur une mer calme, voguait légèrement et se portait partout avec rapidité (...).
Il vit l'âme d'un de ses parents, qu'il eut de la peine à reconnaître, parce qu'il était mort dans son enfance. Mais elle s'approcha de lui et lui dit :
« Bonjour Thespesios. »
Surpris de s'entendre nommer ainsi, il lui fut répondu :
« Vous n'êtes pas mort, seulement la partie intelligente de votre âme est venue ici par une volonté particulière des dieux ; ses autres facultés sont restées unies à votre corps comme une ancre qui le retient. La preuve que je vous en donne, c'est que les âmes des morts ne font point d'ombre et que leurs yeux sont sans mouvements. »
À ces mots, Thespesios, rentrant en lui-même et s'examinant avec plus d'attention, voit autour de lui une sorte d'ombre assez obscure qui suivait tous ces mouvements, au lieu que ces âmes étaient transparentes et environnées de lumière. (...).
Là il vit encore plusieurs lacs parallèles et remplis l'un d'or en fusion, et tout bouillant, un autre d'un plomb plus froid que la glace, le troisième d'un fer très rude. La garde en était confiée à des génies qui, armés de tenailles semblables à celles des forgerons, plongeaient dans ces lacs et en retiraient, tour à tour, les âmes de ceux que l'avarice et une insatiable cupidité avaient conduits au crime. (...)
Jusque là Thespesios n'avait été que simple spectateur de tous ces objets, mais comme il était sur le point de s'en retourner il éprouva toutes les angoisses de la frayeur. Une femme d'une taille et d'une beauté admirable le prit par la main, en lui disant :
« Approchez, je veux que vous conserviez parfaitement le souvenir de tout ce que vous venez de voir. »
En même temps elle fit mine de le toucher avec une petite baguette rougie au feu et semblable à celle dont les peintres se servent, mais un autre l'en empêcha. Alors il se senti saisi par un vent violent et impétueux qui, l'entraînant avec force, le fit rentrer dans son corps, et il ouvrit les yeux au moment même où on allait l'ensevelir. »
Saint Grégoire (540 - 604)
Saint Grégoire, pape en 590,écrit dans ses Dialogues des visions vécues par des religieux à l'instant de trépasser ou par des personnes ayant été déclarées mortes :
« Ce vénérable prêtre, ayant vécu fort longtemps, tomba malade la 40ème année de sa promotion aux Ordres, et fut travaillé d'une violente fièvre qui le réduisit à l'extrémité (...). Il était tout épuisé de force et étendu sur son lit comme une personne morte. Il s'efforça de parler et dit d'un ton assez vigoureux :
« Messieurs soyez les bienvenus. Quelle est votre bonté de vivifier ainsi votre petit serviteur ? Je m'en vais, je m'en vais, je vous rends grâce. »
Comme il répétait toujours ces mots, ses amis qui l'assistaient lui demandèrent à qui il parlait. Il leur répondit avec étonnement :
« " Ne voyez-vous pas que les Saints Apôtres sont venus ici ? »
Puis, s'étant de nouveau tourné vers ces saints, il dit :
« Me voici, je viens, me voici, je viens »
Et, prononçant ces paroles, il rendit l'esprit. »
BEDE le Vénérable (673 - 735)
BEDE le Vénérable (673 - 735)
Bède moine anglo-saxon, vécut vers le Haut Moyen-âge. Il raconte dans l’Histoire Ecclésiastique de l'Angleterre, l'expérience à l'approche de la mort que vécut, vers 731,Drythelm, père de famille, pieux laïc, habitant de la région de Cunningham, près de la frontière Écossaise :
Il tomba gravement malade et, un soir, mourut. À l'aube, il revint à la vie, mettant en fuite ceux qui veillaient son cadavre, à l'exception de sa femme terrorisée mais heureuse. Par la suite, Drythelm partagea ses biens en trois parts, un tiers pour son épouse, un tiers pour ses enfants, un tiers pour les pauvres et se retira dans un ermitage isolé de Malros, dans un méandre de la Tweed. Il y vécut dans la pénitence et quand il en avait l'occasion racontait son aventure :
Un personnage brillant, de blanc vêtu, l'avait conduit vers l'est dans une vallée très large, très profonde et infiniment longue, entourée à gauche de flammes épouvantables, à droite de terribles rafales de grêle et de neige. Ces deux versants étaient pleins d'âmes humaines que le vent faisait passer d'un côté à l'autre sans trêve.
Il passa ensuite dans des lieux de plus en plus obscurs où il ne voyait plus que la tache claire de son guide.
Et soudain surgirent des boules de feu sombres sautant d'un grand puits et y retombant. Drythelm se retrouva seul. Dans ces flammes montaient et descendaient, comme des étincelles, des âmes humaines. Ce spectacle était accompagné de pleurs inhumains, de ricanements et d'une odeur fétide. Drythelm remarqua plus particulièrement les tortures que des démons infligeaient à cinq âmes, dont l'une était un clerc reconnaissable à sa tonsure, une autre un laïc, une troisième une femme. Alors qu'environné de diables qui menaçaient de le saisir avec des pinces de feu, Drythelm se croyait perdu, soudain une lumière apparut, grandit comme celle d'une étoile brillante. Les diables se dispersèrent et fuirent.
Son compagnon était revenu et, changeant de direction, le ramena en des lieux lumineux. Ils parvinrent à un mur d'une longueur et d'une hauteur que son oeil ne put embrasser, mais ils le franchirent d'une façon incompréhensible et Drythelm se retrouva dans une prairie vaste et verte, pleine de fleurs, brillante et parfumée. Des hommes vêtus de blanc y tenaient par groupes innombrables de joyeuses réunions.
Drythelm traversa la prairie, une lumière encore plus douce s'intensifia peu à peu, des chants très doux s'élevèrent, un parfum l'entoura auprès duquel celui qu'il avait senti dans la prairie n'était qu'une toute petite odeur, et la lumière était devenue si brillante que celle de la prairie ne lui apparaissait plus que comme une faible lueur. Il espérait entrer dans ces lieux merveilleux quand son guide le força à rebrousser chemin jusqu'au séjour riant des âmes vêtues de blanc.
« Tu dois maintenant retourner à ton corps et revenir parmi les hommes. »
Sur ces mots Drythelm fut triste d'avoir à retourner à son corps et contempla avidement le charme et la beauté du lieu où il se trouvait, et la compagnie qu'il y voyait.
Mais pendant qu'il se demandait, sans oser le faire, comment poser une question à son guide, il se retrouva vivant parmi les hommes.
Deux grands livres des morts
Deux grands textes traditionnels ont pour objet de décrire le passage dans la mort et la vie posthume dans l'au-delà. Ce sont le Livre des morts égyptien et leLivre des morts tibétain ou Bardo-Thôdol. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
[1] Platon « La République »
[2] Platon « La République » http://plato-dialogues.org/fr/tetra_4/republic/er.htm
[3] Récit imaginaire dans lequel sont transposés des événements réels.
EXTRAiTS LA VIE APRES LA VIE DU DOCTEUR R. MOODYCARACTERISTIQUES D'UNE NDE ou EMI ou EMA ou EFM
Voici : « ... Les études et travaux célèbres du Docteur Élisabeth Kübler-Ross, portant sur le comportement psychologique des agonisants, avaient révélé entre autres, et contre toute attente, que des sujets ramenés à la vie grâce à des techniques nouvelles après avoir passé un certain temps (jusqu’à une douzaine d’heures) en état de mort clinique _ respiration interrompue, cœur arrêté, activité cérébrale nulle_ relataient parfois des aventures étranges qui leur seraient advenues pendant le bref passage dans l’au-delà. Bien plus, ils se révélaient capables de fournir le compte rendu fidèle de ce qui s’était passé dans leur chambre d’hôpital pendant qu’ils gisaient sans connaissance et sans signe de vie : ils précisaient le nombre des membres du personnel hospitalier qui avaient pris part aux efforts de réanimation, répétaient mot pour mot les répliques qui avaient été échangées, décrivaient enfin les méthodes employées par les équipes de secours, méthodes qui leur avaient été jusqu’à ce jour-là totalement inconnues. L’exactitude de leurs recensions montrait qu’il ne pouvait s’agir de rêves ni d’hallucinations. Cette permanence d’une haute forme de conscience chez un individu dont le corps ne remplit plus aucune fonction vitale pourrait bien constituer_auxdires du Dr Kübler-Ross _ une première preuve de la survie après a mort.
Est-il besoin de dire, pareille déclaration émanent d’un médecin revêtu d’une certaine autorité devait provoquer un tollé parmi les psychologues, voire parmi les théologiens, ces derniers estimant que la survivance de l’âme (si elle existe) doit rester une affaire de foi. Néanmoins, l’attention générale avait été éveillée dans les milieux médicaux des États-Unis, où l’on guettait l’apparition éventuelle de faits nouveaux.
C’est ici qu’intervient l’étude du Dr Raymond Moody, rapportant une cinquantaine de témoignages sélectionnés parmi un nombre bien supérieurs de récits, émanent soit de sujets arrachés à une mort temporaire, soit de personnes ayant affronté la mort de très près, et rapportant des impressions remarquablement concordantes. Plus prudent que son confrère, le Dr Moody refuse de considérer qu’il puisse y avoir une preuve (au sens scientifique de ce terme) de la vie après la mort. Toutefois, dans la deuxième partie de son exposé _ à mes yeux la plus importante _ il s’efforce en vain de trouver au phénomènes relatés des explications naturelles ; par exemple, l’effet de drogues anesthésiantes, ou l’influence d’un conditionnement psychologique dû au milieu culturel ou religieux du patient. Or, aucune de ces interprétations ne résiste finalement à un examen approfondi. Si bien que l’hypothèse de la permanence d’une certaine forme de conscience après la mort physique du corps ne saurait plus être systématiquement écartées ; elle doit, d’un point de vue objectif, prendre place parmi les possibilités. Voilà où nous en sommes actuellement parvenu, en attendant une nouvelle évolution des connaissances humaines » Préface de Paul Misraki.
page 35
« Voici donc un homme qui meurt, et, tandis qu’il atteint le paroxysme de la détresse physique, il entend le médecin constater son décès. Il commence alors à percevoir un bruit désagréable, comme un fort timbre de sonnerie ou un bourdonnement, et dans le même temps il se sent emporté avec une grande rapidité à travers un obscur et long tunnel. Après quoi il se retrouve soudain hors de son corps physique, sans quitter toutefois son environnement immédiat ; il aperçoit son propre corps à distance, comme en spectateur. Il observe de ce point de vue privilégié les tentatives de réanimation dont son corps fait l’objet ; il se trouve dans un état de forte tension émotionnelle.
Au bout de quelques instants, il se reprend et s’accoutume peu à peu à l’étrangeté de sa nouvelle condition. Il s’aperçoit qu’il continue à posséder un « corps », mais ce corps est d’une nature particulière et jouit de facultés très différentes de celles dont faisait preuve la dépouille qu’il vient d’abandonner. Bientôt, d’autres événements se produisent : d’autres êtres s’avancent à sa rencontre, paraissant vouloir lui venir en aide ; il entrevoit les « esprits » de parents et d’amis décédés avant lui. Et soudain une entité spirituelle, d’une espèce inconnue, un esprit de chaude tendresse, tout vibrant d’amour _ un « êtrede lumière » _ se montre à lui. Cet « être » fait surgir en lui une interrogation, qui n’est pas verbalement prononcée, et qui le porte à effectuer le bilan de sa vie passée. L’entité le seconde dans sa tâche en lui procurant une vision panoramique, instantanée, de tous les événements qui ont marqué son destin. Le moment vient ensuite où le défunt semble rencontrer une sorte de barrière, ou de frontière, symbolisant l’ultime limite entre la vie terrestre et la vie à venir. Mais il constate alors qu’il lui faut revenir en arrière, que son temps de mourir n’est pas encore venu pour lui. A cet instant, il résiste, car il est désormais subjugué par le flux des événements de l’après-vie et ne souhaite pas ce retour. Il est envahi d’intenses sentiments de joie, d’amour et de paix. En dépit de quoi il se retrouve uni à son corps physique : il renaît à la vie.
Par la suite, lorsqu’il tente d’expliquer à son entourage ce qu’il a éprouvé entre-temps, il se heurte à différents obstacles. En premier lieu, il ne parvient pas à trouver des paroles humaines capables de décrire de façon adéquate cet épisode supraterrestre. De plus, il voit bien que ceux qui l’écoutent ne le prennent pas au sérieux, si bien qu’il renonce à se confier à d’autres. Pourtant cette expérience marque profondément sa vie et bouleverse notamment toutes les idées qu’il s’étaient faites jusqu’à-làà propos de la mort et de ses rapports avec la vie. ».
Il est bien entendu que c’est un schéma général et complet, et que malgré les similitudes présentéespar les divers témoignages, chacun garde son originalité propre. Certains sujets ont vécu toutes les étapes présentées dans le modèle type,d’autres n’ont parcouru que certainesd’entre elles.
[1] La vie après la mort du Docteur Raymond Moody
Extrait livre "La vie après la vie" du Docteur R.MoodyETAPES D'UNE NDE
Etapes ou phases parcourues, au cours d’expérience d’approche de la mort ou encoreNDE (Near-Death Experience)
La première étape : l’audition du verdit, page 43 Les personnes concernées affirment avoir entendu du médecin ou d’autres personnes présente qu’ils sont « mort » et qu’il n’y a plus rien à faire ou à espérer.
« Je me trouvais à l’hôpital, mais personne ne savais exactement ce que j’avais. Le Dr James, mon médecin, m’a fait transporter au service de radiologie pour me faire examiner le foie dans l’espoir d’y trouver quelque chose. Mais d’abord il a fallu essayer sur mon bras une certaine drogue qu’on allait m’injecter, parce que j’étais allergique à beaucoup de médicaments. Comme aucune réaction n’apparaissait, ils y sont allés carrément ; et tout ce qu’ils ont gagné c’est que mon cœur s’est arrêté de battre. J’ai entendu le radiologue se précipiter sur le téléphone, et je l’ai très clairement entendu former un numéro, puis dire « Docteur James, je viens de tuer votre cliente, Mrs Martin. » Mais je savais bien que je n’étais pas morte. J’ai voulu bouger pour les prévenir, mais je ne pouvais pas. Pendant qu’ils s’efforçaient de me ranimer, je les ai entendus dire combien de centimètres cubes de je ne sais quoi ils allaient m’injecter, mais je n’ai pas senti la piqûre. Je ne sentais absolument rien quand ils me touchaient. »
Deuxième étape : sentiments de calme et de paix page 45
Bien des gens décrivent des pensées et des sensations extrêmement agréables survenant dans les premiers moments. A la suite d’une grave blessure à la tête, tout signe de vie était devenu indécelable chez un homme, qui raconte :
« A l’instant de la blessure, j’ai momentanément ressenti une très vive douleur, puis la souffrance a disparu. J’eus la sensation de flotter dans un espace obscur. Il faisait ce jour-là un froid intense, mais tandis que je me trouvais dans le noir, tout ce que je ressentais était une douce chaleur, un immense bien-être, tel que je n’en avais jamais éprouvé auparavant... Je me rappelle avoir pensé : « Je dois être mort. »
Troisième étape : les bruits page 47
Beaucoup de témoignages font allusions à d’étranges sensations auditives survenant au moment de la mort, ou aux approches de celle-ci. Ces sensations sont parfois extrêmement désagréables. Un homme dont la « mort » se prolongea pendant vingt minutes au cours d’une intervention chirurgicale à l’abdomen décrit « une sorte de vrombissement franchement pénible provenant de l’intérieur de ma tête. Cela me mit très mal à l’aise... Je n’oublierai jamais ce son ».
Quatrième étape : le tunnel obscur page 49
Souvent, conjointement au surgissement des bruits, les mourants éprouvent la sensation d’être emportés très rapidement à travers une sorte d’espace obscur. Ils se servent de termes très divers pour décrire cet espace. Je l’ai entendu nommer caverne, puits, cuve, enclos, tunnel, cheminée, vacuité, vide , cloaque, vallée ou cylindre. Mais en dépit d’une terminologie différente, il est bien évident que ces vocables s’efforcent d’exprimer une réalité unique. Examinons 3 témoignages ».
« Cela m’arriva quand j’étais un petit garçon ; j’avais neuf ans. Il y a cela vingt-sept ans, mais cela m’a tellement frappé que je ne l’ai jamais oublié. Un après-midi, je tombai soudain gravement malade et je fus vite dirigé vers l’hôpital le plus proche. Dès mon arrivée, onpris la décision de m’anesthésier ; pourquoi ? je n’en sais rien, j’étais trop jeune. En ce temps-là, on endormait à l’éther. On me l’administra en me mettant un linge sur le nez, et dès ce moment, d’après ce qu’on m’a raconté plus tard, mon cœur s’arrêta de battre. Je ne comprenais pas alors ce qui c’était cela qui se passait en moi, mais sur le moment, il m’est arrivé quelque chose de bizarre. Tout d’abord _ je vais décrire exactement ce que j’ai ressenti _j’entendis ce bruit de sonnerie, du genre brrrrrrnnnnrrg-brrrrrrrnnng,brrrrrrrrnnng, très rytmé. Très rythmé. Après, me voilà comme entraîné dans ce .... _ ça va vous paraître dément _ dans ce long couloir sombre ; quelque chose comme un égout, si vous voulez. Je ne peux pas vous le décrire. Toujours est-il que je m’enfonçais, avec ce bruit continu de sonnerie...
Un autre sujet déclare :
« J’ai fait une mauvaise réaction allergique à une anesthésie locale et j’en ai eu la respiration coupée, un arrêt respiratoire. La première chose qui se produisit _ tout a été très rapide _ fut que je m’en allai à travers ce grand vide noir à une vitesse folle. On pourrait comparer cela, à un tunnel. Je me sentais comme emportée dans une de ces attractions foraines genre montagnes russes à une allure vertigineuse."
Un homme qui vit la mort de très près utilise une analogie quelque peu différente, tirée de son éducation religieuse :
« Brusquement, je me vis dans une vallée très profonde et très sombre. Il y avait comme un chemin, disons une route, qui longeait cette vallée ; et moi, je parcourais ce chemin... Beaucoup plus tard, après ma guérison, il m’est venu cette pensée : maintenant, je sais ce que la Bible entend par « la vallée de l’ombre de la mort » ; j’y suis allé. »
Cinquième étape : décorporation page 53
« ..... après un passage rapide par le tunnel obscur, un mourant éprouve souvent une écrasante surprise. Car, à cet instant, il peut fort bien se retrouver en train de contempler son propre corps vu de l’extérieur, comme s’il était « un spectateur » ou « une tierce personne dans la chambre », observant les personnages et les événements. « comme sur la scène d’un théâtre », ou encore « comme au cinéma »
Voici quelques extraits de témoignages où sont décrits ces mystérieux épisodes de « décorporation ».
Une femme raconte :
« Il y a à peu près un an, j’ai été admise à l’hôpital à la suite de troubles cardiaques : le lendemain matin, étendue dans mon lit, je commençai à ressentir une très forte douleur dans ma poitrine. J’appuyai sur une sonnette près de mon lit pour appeler les infirmières ; elles accoururent et s’empressèrent autour de moi. Me sentant très mal à l’aise couchée sur le dos, je voulus me tourner sur le côté ; mais ce faisant je perdis mon souffle et mon cœur s’arrêta. J’entendis les infirmières donner l’alerte dans le langage de l’hôpital, et en même temps je me sentais sortir de mon corps et glisser vers le bas entre le matelas et la barre de côté du lit _ très exactement, il me semblait que je passais au travers de cette barre _ jusqu’au sol. Puis je m’élevai doucement en l’air, et pendant que je montais, je vis d’autres infirmières pénétrer dans la chambre en courant _ il y en avait une douzaine. Par hasard mon médecin se trouvait dans l’hôpital en train de faire une ronde ; elles l’appelèrent, et je le vis entrer lui aussi. J’ai pensé : « Tiens ! qu’est ce qu’il peut bien faire ici ? » Je continuai à m’élever jusqu’au-dessus du plafonnier (que je pus voir de côté, et très distinctement). Et m’arrêtai, flottant au-dessus du plafond, le regard tourné vers le bas. J’avais l’impression d’être un morceau de papier sur lequel on aurait soufflé pour le faire voler en l’air.
De là-haut, j’ai assiste à tout le travail de réanimation. Mon corps gisait là, en bas, étendu sur le lit, bien en vue, et on l’entourait ; j’entendis une infirmière s’écrier : « Ah ! mon Dieu, elle a passé », tandis qu’une autre se couchait pour le bouche-à-bouche
J’apercevais le dos de sa tête tandis qu’elle s’y adonnait ; je n’oublierai jamais la forme de sa coiffure, elle avait les cheveux coupés court sur la nuque. Tout de suite après, j’observai cet appareil qu’on roulait dans la chambre, on fixait des électrodes sur ma poitrine. Aussitôt, je vis mon corps tout entier bondir au-dessus du litet j’en entendis craquer tous les os, c’était horrible.
Et pendant que je les regardais frapper ma poitrine et frictionner mes bras mes jambes, je me disais : « Mais pourquoi se donnent-elles tant de mal ? Je me sens très bien maintenant. »
Il semblerait que les mourants commencent à prendre conscience de leur corps spirituel lorsqu’ils en constatent les limitations. En effet, ils découvrent, après avoir quitté leur corps physique, qu’ils ont beau s’évertuer en efforts désespérés pour avertir les personnes présentes de la situation ainsi créée, ils n’y parviennent pas : personne ne les entend. Circonstance bien illustrée par cet extrait dû à une femme qui avait succombé à un blocage de la respiration et que l’on avait transportée dans une salle de réanimation :
« Je les voyais en train de me ressusciter. C’était très curieux, comme si je me trouvais sur un piédestal, pas très haut par rapport à eux, plutôt comme si je regardais par-dessus leurs épaules. J’essayais de leur parler, mais personne ne m’attendait, personne ne songeait à m’écouter. »
Comme pour aggraver le fait que sa voix demeure inaudible, celui qui occupe un corps spirituel ne tarde pas à s’apercevoir qu’il est également devenu invisible. Le personnel médical, et tous ceux qui se pressent autour du corps physique, peuvent bien concentrer leur regard vers le lieu où se situe le corps spirituel, ils ne paraissent aucunement apercevoir quoi que ce soit. Le corps spirituel ne présente en outre aucune solidité : les objets matériels placés à proximité le traversent sans rencontrer le moindre obstacle ; il ne peut ni saisir ces objets ni toucher quelqu’un.
« Les médecins et les infirmières frictionnaient vigoureusementmon corps pour rétablir ma circulation et me ramener à la vie, ; et moi, je n’arrêtais pas de leur crier : »Mais laissez-moi tranquille ! Tout ce que je demande, c’est qu’on me laisse tranquille. Cessez de me taper dessus ! » Mais ils n’entendaient pas. Alors j’ai voulu leur attraper les mains pour les empêcher de me triturer, mais en vain. Je ne pouvais rien faire. C’était comme si ... à vrai dire, je ne sais pas ce qui se passait, mais je n’arrivais pas à saisir leurs mains. J’avais pourtant l’impression de les atteindre, et je faisais des efforts pour les éloigner de moi, mais même quand je croyais les avoir repoussées, ces mains étaient toujours là. Je ne sais pas si les miennes leur passaient au travers, ou les contournaient. Je ne sentais pas le contact de ces mains que j’essayais d’empoigner..."
Sixième étape : contact avec d’autrespage 74
Plusieurs sujets m’ont relaté comment, à un moment donné _ pour les uns dès le début de leur expérience, pour d’autres à la suite d’événements ayant déjà eu lieu _ ils avaient pris conscience de la présence, dans leur environnement, d’autres entités spirituelles dont le rôle paraissait consister à leur faciliter le passage vers la mort ; ou bien, comme ce fut deux fois le cas, à leur faire savoir que l’heure de mourir n’avait pas encore sonné pour eux et qu’il fallait réintégrer leur corps physique.
« Ca m’est arrivé à la naissance d’un de mes enfants. L’accouchement avait été difficile, j’avais perdu beaucoup de sang. Le médecin avait renoncé à me sauver et il a annoncé à ma famille que j’allai mourir. Mais moi, pendant ce temps, je me sentais très lucide, et même, quand j’ai entendu le médecin parler de ma mort, j’ai cru que j’allais reprendre connaissance. C’est à ce moment que je me suis aperçue de la présence d’un tas de monde, presque une foule, planant à la hauteur du plafond de ma chambre. Tous les gens que j’avais connus autrefois et qui étaient passés dans l’autre. Je reconnaissais ma grand-mère, et une ancienne camarade de classe, et aussi d’autres parents ou amis. Je voyais surtout leur visage et je les sentais là. Ils avaient tous l’air content, c’était une circonstance heureuse, et je savais qu’ils étaient venus pour me protéger ou pour me guider. C’était comme si je revenais chez moi et que l’on soit venu m’accueillir sur le seuil pou me souhaiter la bienvenue. Tout me paraissait beau et léger. Ce fut une minute magnifique, toute de splendeur. »
Un homme se souvient :
« Peu de temps avant ma prétendue mort, un de mes très bon amis, Bob, avait été tué. Au moment où je suis sorti de mon corps, j’ai eu le sentiment très vif que Bob se tenait tout près de moi. Je le voyais mentalement, et je le sentais là, mais c’était une sensation curieuse : je ne le voyais pas physiquement ; je distinguais des choses, mais pas sous une forme physique ; et pourtant de façon très claire, ses traits, tout. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Il était là, mais il n’avait pas de corps terrestre. C’était un corps un peu diaphane, il me faisait l’effet d’avoir tous des membres _ bras, jambes, etc. _ mais je ne peux pas dire que je le voyais physiquement. Dans l’instant, ça ne m’a pas semblé bizarre parce que je ressentais aucun besoin de le voir de mes yeux. D’ailleurs, je n’avais pas d’yeux. Je lui demandais sans arrêt : « Bob, où faut-il que j’aille maintenant ? Qu’est ce qui m’est arrivé ? Est-ce que je suis mort, oui ou non ? » Mais il ne me répondait pas, il demeurait sans dire un mot. Par la suite, durant mon séjour à l’hôpital, il revenait souvent et je l’interrogeais de nouveau : « Qu’est ce qui se passe ? », mais pas de réponse. Et puis le jour où les médecins ont déclaré que j’étais sauvé, il est parti. Je ne l’ai pas revu, je n’ai plus senti sa présence. C’était presque comme s’il avait attendu que je franchisse la frontière finale, et alors seulement il m’aurait par é, donné les détails sur ce qu’il fallait faire. »
Septième étape : l’Être de lumièrepage 78
p 78 De tous les éléments communs figurant dans les témoignages que j’ai analysés, le plus difficilement croyable, et en même temps celui qui produit sur le témoin l’impression la plus intense, c’est la rencontre avec une très brillante lumière. Détail typique : lors de sa première manifestation, cette lumière est pâle, mais elle devient vite de plus en plus éclatante jusqu’à atteindre une brillance supraterrestre. Et bien que cette lumière (généralement qualifiée de « blanche » ou de « claire ») soit d’un rayonnement indescriptible, beaucoup insistent sur le fait caractéristique qu’elle ne brûle pas les yeux, qu’elle n’éblouit pas, qu’elle n’empêche pas de voir distinctement les objets environnants ( peut-être parce que, dans ce moment, les témoins ne sont pas physiquement dotés d’yeux, ce qui exclut l’éblouissement).
Malgré l’aspect extraordinaire de cette apparition, pas un seul d’entre mes sujets n’a exprimé le moindre doute quand au fait qu’il s’agissait d’un être, d’un être de lumière. Et qui plus est, cet être est une Personne, il possède une personnalité nettement définie. La chaleur et l’amour qui émanent de cet être à l’adresse du mourant dépassent de loin toutes possibilité d’expression. L’homme se sent comme envahit et transporté par cet amour ; il s’abandonne en toute sérénité au bienveillant accueil qui lui est fait. Un attrait magnétique, irrésistible émane de cette lumière, vers laquelle il se sent inéluctablement entraîné.
Page 83 « Je savais que j’allais mourir et que je n’y pouvais plus rien, parce que personne ne pouvait plus m’entendre... J’étais sorti de mon corps, j’en suis sûr, puisque je voyais ce corps étendu, là, sur la table d’opération. Mon âme l’avait quitté ! J’ai été d’abord très bouleversé, mais c’est alors qu’est intervenu cette lumière brillante. Au début, elle m’a paru un peu pâle, mais tout à coup il y a eu ce rayon intense. La luminosité était prodigieuse, rien à voir avec un éclair d’orage, une lumière insoutenable, voilà tout. Et cela dégageait de la chaleur, je me suis senti tout chaud.
C’était d’un blanc étincelant, tirant un peu sur le jaune _ mais surtout blanc. Cela brillait formidablement. Je n’arrive pas bien à le décrire. Cela éclairait tout alentour, mais cela m’empêchait absolument pas devoir tout le reste, la salle d’opération, le docteur et les infirmiers, tout. J’y voyais très distinctement sans être aveuglé.
Au commencement, quand la lumière est arrivée, je ne me rendais pas très bien compte de ce qu’il se passait : mais après, la lumière m’a demandé _ enfin, c’était comme si elle me demandait _ si j’étais prêt à mourir. C’était comme quand on parle à quelqu’un, seulement il n’y avait personne. C était la lumière qui me parlait, elle avait une voix.
J’imagine maintenant que cette voix qui me parlait a dû constater que je n’étais pas du tout prêt à mourir. Elle voulait simplement me mettre à l’épreuve, sans plus. Et cependant, à partir du moment où elle a commencé à me parler, je me suis senti délicieusement bien ,protégé et aimé. L’amour qui émanait de la lumière est inimaginable, indescriptible. Et par-dessus le marché, elle dégageait de la gaieté ! Elle avait le sens de l’humour, je vous assure ! »
Un autre témoignage : p 82
« ..... une lumière très belle , très brillante, irradiante. Mais elle ne faisait pas mal aux yeux. On ne peux comparer cette lumière à rien de ce qui existe sur terre. Je ne peux pas dire que j’ai vu une personne dans cette lumière, mais il m’a paru certain qu’elle possède une identité, c’est indéniable. Imaginez une lumière faite de totale compréhension et de parfait amour.
Une pensée a été dirigée vers moi : « M’aimes-tu ? » Cela ne m’est pas venu sous forme d’une question, mais je crois bien que ce que la lumière voulait me dire était ceci : « Si tu m’aimes, retourne sur tes pas, achève ce que tu as commencé. » Et pendant ce temps, je me sentais tout enveloppée de compassion, et comme écrasée d’amour.... »
Huitième étape : le panorama de la vie page 84
L’apparition initiale de l’être de lumière et ses interrogations muettes constituent le prélude d’un épisode d’une extrême densité, pendant lequel, l’entité présente au mourant une vision panoramique embrassant toute sa vie passée. Il ressort de façon évidente que l’entité possède déjà la connaissance de tous les détails de cette vie et n’a nul besoin d’en recevoir l’information. Son but est d’éveiller la réflexion.... page 85 .. Plusieurs de mes narrateurs ont voulu voir l’effet d’une volonté éducative de la par de l’être de lumière. Car, tout au long de cette rétrospective, l’être ne cesse de souligner l’importance de deux devoirs fondamentaux : apprendre à aimer le prochain et acquérir la connaissance.
« Tout arriva très brusquement. J’avais eu un peu de fièvre et je ne me sentais pas très bien depuis une quinzaine de jours ; mais cette nuit-là mon état s’aggrava rapidement et je me sentis de plus en plus mal. J’étais dans mon lit, et je me rappelle avoir essayé d’atteindre ma femme pour lui dire que j’étais très malade, mais il me fus impossible de faire un mouvement. Qui plus est , je me trouvais dans une sorte de vide complètement noir, et toute ma vie se mit à défiler devant moi comme en un éclair. Cela a commencé quand j’avais six ou sept ans et je me suis souvenu d’un de mes bons camarades d’école ; puis j’ai passé des petites aux grandes classes, de là à l’institut dentaire, et enfin j’exerçais mon métier de dentiste.
Je savais que j’allais mourir, et je me souviens d’avoir pensé qu’il me fallait subvenir aux besoins de ma famille. J’étais dans l’angoisse à l’idée de mourir, en pensant à certaines fautes que je regrettais d’avoir commises dans ma vie, et à d’autres choses que je regrettais de n’avoir pas faites.
Ce retour en arrière prenait la forme d’images mentales, disons, mais c’étaient des images beaucoup plus vives qu’en temps normal. Je ne revoyais que les moments importants, mais cela se passait à toute vitesse ; comme si je feuilletais le livre de ma vie entière en quelques secondes. Cela se déroulait devant moi comme un film prodigieusement accéléré, tout en me permettant de tout voir et de tout comprendre. Mais les émotions n’accompagnaient pas les images, elles n’en avaient pas le temps
Je n’ai rien vu d’autres au cours de cette expérience. Tout était noir, à part les images. Pourtant, j’ai nettement perçu près de moi une sorte de présence très puissante, et très aimante, qui ne m’a pas quitté un seul instant.
C’est vraiment très curieux. A mon réveil, j’aurais pu raconter à n’importe qui les moindres étapes de ma vie avec tous ses détails, grâce à ce qui venait de m’arriver. C’est une aventure extraordinaire, mais j’ai beaucoup de peine à traduire en mots, tant elle s’est déroulée rapidement, et cependant avec une parfaite netteté. »
Un autre : page 85
« Dès qu’il m’est apparu, l’être de lumière m’a tout de suite demandé : « Montre-moi ce que tu as fait de ta vie », ou quelque chose d’approchant. Et aussitôt les retours en arrière ont commencé. Je me demandais ce qu’il m’arrivait, parce que d’un seul coup je me retrouvais toute petite, et à partir de là je me suis mise à avancer à travers les premiers temps de mon existence, année par année, jusqu’au moment présent.... Pendant le défilé des images, je ne voyais plus l’être de lumière ; il avait disparu tout de suite après m’avoir demandé ce que j’avais fait, dès les retours en arrière avaient commencé ; néanmoins je n’ai pas cessé de le savoir à mes côtés, je savais aussi que c’était lui qui m’entraînait à travers mon passé ; d’abord parce que je sentais sa présence, et en plus il lui arrivait de faire des commentaires de temps à autres.....Et durant tout ce temps, il ne manquait pas une occasion de me faire remarquer l’importance de l’amour....Il insistait aussi beaucoup sur l’importance de la connaissance. Il me signalait sans arrêt tout ce qui a rapport avec « apprendre ». Il m’a dit que j’allais devoir continuer à apprendre, et que même lorsqu’il reviendra un jour me chercher (parce que, entre-temps, il m’avait révélé que j’allais revivre), il y aurait toujours en moi un besoin de savoir.. Il m’a dit que c’est un besoin permanent, d’où j’ai conclu que cela dois continuer après la mort. Je crois bien que son but, en me faisant assister à tout mon passé, était de m’instruire.... »
Neuvième étape : Frontière ou limite page 92
Plusieurs témoignages rapportent la façon dont certaines personnes, au cours de leur passage aux abords de la mort, on rencontré ce que l’on pourrait appeler une frontière, ou quelque autre sorte de limite.
« Cela m’est arrivé au moment de la naissance de mon premier enfant . J’étais enceinte depuis huit mois quand j’ai fait ce que le médecin a appelé une grave intoxication ; il m’a conseillé de me faire admettre à l’hôpital, où il pourrait provoquer un accouchement prématuré. Tout de suite après la délivrance, j’ai eu une très forte hémorragie que le docteur a eu beaucoup de peine à juguler. J’étais très consciente de ce qui se passait ayant moi-même été infirmière, et je me savais en danger. C’est alors que j’ai perdu connaissance, et j’ai commencé à percevoir un bourdonnement désagréable comme une sonnerie. Puis je me suis vue transportée à bord d’un bateau, d’un petit navire voguant vers l’autre rive d’une grande étendue d’eau. Là-bas, de l’autre côté, j’apercevais tous ceux que j’avais aimés et qui étaient morts, _ ma mère, mon père, ma sœur et d’autres. Je les voyais, je voyais leur visage, exactement comme ils avaient été sur la terre. Ils me faisaient signe de venir les rejoindre, et moi je me répétais : « Non, non, je ne suis pas prête, je ne veux pas mourir, je ne suis pas prête à partir... »
Tout cela constituait une expérience des plus étranges parce que pendant tout ce temps je n’avais pas cessé de voir les médecins et les infirmières qui me donnaient des soins, mais c’était plutôt comme si j’étais une spectatrice et non pas cette personne, ce corps, dont ils s’occupaient. J’essayais de toutes mes forces d’avertir le docteur : « Je ne vais pas mourir ! » Mais personne ne m’entendait. Tout, les médecins, les infirmières, la chambre de travail, le bateau, l’eau et le rivage au loin, tout cela se mélangeait étroitement, comme si es images se superposaient les unes aux autres.
Enfin mon embarcation était sur le pont d’atteindre l’autre rive quand brusquement, elle fit demi-tour et rebroussa chemin. Je parvins à attirer l’attention du médecin, à qui je disais :« Je ne vais pas mourir », et c’est alors, je crois que j’ai repris conscience. Le docteur m’a expliqué que je venais de faire une hémorragie consécutive à mon accouchement, que j’avais failli y rester, mais que dorénavant tout irait bien. »
Un autre témoignage intéressant : p 94
«A la suite d’une crise cardiaque, je suis tombée dans un grand trou noir. J’avais abandonné mon corps physique et, certaine que j’allais mourir, j’ai pensé : « Mon Dieu, j’ai toujours agi du mieux que j’ai pu ; je t’en prie, aide-moi. » Tout de suite, l’obscurité s’est dissipée, remplacée par une lueur gris pâle, et j’ai continué à avancer en me laissant glisser rapidement. Devant moi, au loin, il y avait un brouillard grisâtre vers lequel je me hâtais, mais il me semblait que je n’y arriverais jamais assez vite à mon gré ; parvenue tout près, j’ai commencé à entrevoir qu’au delà du brouillard, il y avait des gens, leur apparence était exactement comme sur terre ; et je discernais aussi quelque chose qui ressemblait à des immeubles. Le tout était imprégné d’une lumière splendide, d’une luminosité d’un jaune d’or très vif, mais plus claire, pas comme la couleur crue de l’or que nous connaissons ici-bas.
A mesure que je m’approchais encore d’avantage, j’eus la certitude que j’allais traverser ce brouillard. C’était une sensation de joie formidable ; je ne peux pas trouver de mots pour l’exprimer. Pourtant, mon heure n’était pas encore venue, probablement, puisque tout à coup, comme sortant de la brume, voilà que j’ai vu surgir mon oncle Charles, mort depuis des années. Il m’a barré le passage en disant : « Il faut t’en retourner, tu n’as pas achevé ton ouvrage sur la terre ; retourne sur tes pas maintenant. » Je n’avais aucune envie de repartir, mais je n’avais pas le choix : dans l’instant même, j’avais retrouvé mon corps, avec cette douleur affreuse dans la poitrine. Et j’entendis mon petit garçon qui pleurait en disant : « Mon Dieu, fais que maman revienne ! »
Dixième étapes : le retour page 97
Est-il besoin de le dire, toutes les personnes que j’ai pu interroger avaient été, à un moment quelconque de leur expérience, obligées de « s’en retouner ». Je rappelle que, au cours des tout premiers moments qui suivent la mort, les sentiments les plus communément éprouvés sont un violent désir de réintégrer l’enveloppe corporelle et l’amer regret de se voir décédé ; néanmoins, dès que le mourant atteint un certain stade de son aventure, il n’a plus envie de revenir et va parfois jusqu’à opposer une résistance à ce retour au corps physique.Cette dernière attitude est surtout fréquente chez les sujets qui ont poussé l’expérience jusqu’à la rencontre avec l’être de lumière. Comme l’exprime un homme avec une certaine instance : « Jamais je n’aurais voulu quitter la présence de cet être. » Les exceptions à cette règle ne sont souvent qu’apparente. Des femmes qui , à l’époque de leur expérience, étaient mères de très jeunes enfants m’ont dit que malgré leur intense désir de demeurer là où elles étaient parvenues, le sentiments d’un devoir les obligeait à revivre afin de pouvoir veiller à l’éducation de ces enfants.
« Je me demandais si j’allais rester là définitivement ; mais en même temps, je me suis souvenue de ma famille, de mes trois enfants, de mon mari. Je sais que c’est assez difficile à admettre : tant que j’avais ressenti cette délicieuse impression de bonheur auprès de la lumière, je n’avais vraiment aucune envie de m’en retourner. Mais je prends toujours mes responsabilités très à cœur, et je me sentais un devoir envers les miens ; alors j’ai pris la décision de revenir. »
Un homme se rappelle :
« J’affirme que Dieu a été très bon pour moi, parce que j’étais mort et qu’ila permis aux médecins de me ranimer, dans un but bien précis. Ce but était je pense, de venir en aide à ma femme : elle avait une propension à boire, et je suis sûr qu’elle n’aurait pas eu le courage de lutter sans moi. Elle va beaucoup mieux maintenant, et rien ne m’ôtera de l’idée que son amélioration est en grande partie liée à mon aventure. »
Onzième étape : le problème du témoignagepage 104
Il convient d’insister sur le fait que quiconque a passé par une expérience de cet ordre ne peut concevoir le moindre doute quant à sa réalité et à son importance. Les confidences que j’ai reçues sont généralement parsemées de remarques précises à ce sujet. Par exemple :
« Pendant que j’étais sorti de mon corps, j’étais littéralement stupéfait de ce qui m’arrivait ; je n’y comprenais rien. Mais c’était réel. Je voyais mon corps si distinctement, et de si loin ! Je n’étais pas du tout dans cet état d’esprit de quelqu’un qui s’attend à voir arriver des choses extraordinaires, ou qui ferait travailler son imagination. Je ne fabriquais pas des idées. Ce n’était pas du tout mon état d’esprit à cet instant-là. »
« Cela n’avait rien d’une hallucination. Il m’est arrivé d’avoir des hallucinations un jour où on m’avait administré de la codéine à l’hôpital ; mais cela avait eu lieu longtemps avant mon accident qui m’a pratiquement tué. Et ce que je vous décris maintenant n’avait rien . »
De telles remarques proviennent de gens qui sont tout à fait capables de distinguer un rêve ou un fantasme de la réalité. Les témoignages que j’ai recueillis proviennent de personnes sérieuses et bien équilibrées. Or, elles ne relatent pas leurs expériences comme elles l’eussent fait d’un rêve, mais bien comme on retrace des faits réels qui ont effectivement eu lieu.
Pourtant, malgré leur propre certitude touchant la réalité et l’importance de leur aventure, ces personnes se rendent bien compte que notre société contemporaine n’est pas un milieu particulièrement disposé à accueillir des récits de cette nature avec indulgence et compréhension. De fait, plusieurs d’entrée elles ont pris soin de noter qu’elles s’étaient rendu compte dès le début que, si elles avaient entrepris de narrer de telles péripéties, leurs interlocuteurs auraient eu vite fait de les taxer d’instabilité mentale. En sorte qu’elles ont résolu de garder le silence à ce sujet, ou tout au moins de s’en confier qu’à des intimes.
Des témoignages à ce sujet :
« Tout ça m’a paru très intéressant, seulement, je n’aime pas en parler à d’autres : les gens vous regardent tout de suite comme si vous étiez fou. »
« La seule personne a qui j’ai essayé d’en parler a été ma mère ; au bout d’un certain temps, je lui ai raconté ce que j’avais ressenti. Mais je n’étais qu’un petit garçon et elle n(y a prêté aucune attention. Alors je n’en ai plus parlé à personne. »
« J’ai voulu tout raconter à mon confesseur. Mais il m’a répondu que j’avais eu des hallucination. Du coup, je n’ai plus rien dit. »
« ... lorsque cela m’est arrivé et que j’ai essayé d’en parler à mes camarades de collège, j’ai été automatiquement cataloguée comme folle. Je racontais mon histoire, on m’écoutais d’un air intéressé, et puis je découvrais un peu plus tard qu’on disait de moi : « La pauvre, elle déraille complètement ! » Quand je me suis aperçue qu’on se payait ma tête, j’ai renoncé à communiquer. D’ailleurs mon but n’était pas de me faire valoir en clamant : »Ah ! comme c’est étrange, ce qui m’est arrivé ! » Non, ce que je tentais de faire passer, c’est que nous avons encore plus de choses à apprendre de la vie que je ne l’aurais jamais supposé ; et je suis bien sûre qu’ils n’y auraient jamais pensé, eux non plus. »
« A mon réveil, j’ai voulu tout raconter aux infirmières, mais elles m’ont conseillé de n’en parler à personne ; tout ça n’était que de l’imagination. »
Par suite du scepticisme et de l’incompréhension auxquels se heurtent les gens qui tentent de faire part de leur expérience de « mort temporaire », on ne s’étonnera pas si presque tous ceux qui se sont trouvés dans cette situation s’imaginent qu’ils constituent un cas unique, et que personne d’autre n’a jamais éprouvé ce par quoi ils sont passés. L’un d’entre eux, par exemple, m’a dit : « je suis allé là où personne n’était jamais allé. »
C’est pourquoi, à la fin de l’interview au cours de laquelle un sujet vient de me livrer son récit détaillé, lorsque j’en arrive à lui dire que d’autres ont déjà rapporté les mêmes faits et décrit les mêmes perceptions, j’ai souvent pu constater que cette révélation apporte à l’intéressé un profond soulagement.
« C’est vraiment très important de découvrir que d’autres ont eu la même expérience, parce que je ne m’en rendais pas compte... Je suis franchement heureux de l’apprendre et de pouvoir me dire que d’autres ont passé par là eux aussi ; maintenant, au moins, je sais que je ne suis pas fou.
J’avais toujours considéré cela comme tout à fait réel, mais je préférais ne pas en parler, par crainte qu’on me regarde en pensant : » Celui-là, quand il a perdu connaissance, il a également perdu l’esprit !
J’avais beau me dire que d’autres devaient avoir vécu la même expérience, il y avait peu de chance pour que je puisse tomber sur quelqu’un qui aurait entendu parler d’un cas semblable ; ce sont des choses dont on ne va pas se vanrer. Si cela ne m’était arrivé à moi-même et que quelqu’un d’autre soit venu me raconter cette histoire, je me serais probablement demandé quel genre de blague on voulait me faire. Le monde d’aujourd’hui est comme ça. »
Douzième étape : répercussions sur la conduite de la vie
page 109
Les répercussions de leur expérience sur la conduite de leur vie ont généralement assumé des formes plus calmes, plus subtiles. Beaucoup m’ont assuré qu’à la suite de ces événements leur vie avait gagné en profondeur et en largeur de vues ; ils se sont mis depuis lors à réfléchir et à s’interroger davantage sur des problèmes philosophiques fondamentaux....
Une unanimité remarquable se manifeste quant aux « leçons », si je puis dire, rapportées de ces voyages aux abords de la mort. Presque tous les témoignages mettent l’accent sur l’importance, en cette vie, de l’amour du prochain, un amour d’une qualité unique et profonde. Un homme, à sa rencontre avec l’être de lumière, s’est senti totalement aimé et accepté, alors même que toute sa vie se déroulait en un panorama destiné à être vu de l’entité. Il lui semblait que la « question » posée par celle-ci équivalait à lui demander s’il se sentait capable d’aimer les autres avec la même intensité. Il pense maintenant que sa mission sur terre consiste à s’efforcer d’apprendre à aimer ainsi.
« Un don que je crois avoir reçu à la suite de ma « mort » est que j’arrive à deviner les besoins des autres, souvent, par exemple, quand je me trouve avec d’autres personnes dans l’ascenseur de l’immeuble où je travaille, j’ai presque le sentiment de pouvoir lire leurs pensées sur leur visage, je sens qu’ils ont besoin d’aide, et quelle sorte d’aide.Il m’est souvent arrivé de parler à des gens dans ces conditions, et de les amener avec moi dans mon bureau afin de leur proposer mes conseils. »
En outre, bien d’autres insistent sur l’importance de la recherche de la connaissance. Pendant leur expérience, il leur a été suggéré que l’acquisition de la connaissance se poursuit même dans l’après-vie. Une femme, entre autres, à la suite de sa « mort » ;, n’a plus laissé échapper la moindre occasion de s’instruire. Un homme transmet ce conseil : « Quel que soit votre âge, continuer à apprendre ; car c’est, je crois bien, une activité qui ne cesse jamais, même dans l’éternité. »
« En ce temps là _ je n’avais pas encore entamé mes études supérieures _ j’avais grandi dans une toute petite ville parmi des gens assez étroits d’esprit ; d’ailleurs, je n’étais pas différente d’eux. J’étais le type de la chipie en plein âge ingrat, un rien snob par dessus le marché.
Mais après ce qui m’est arrivé, j’ai commencé à avoir envie d’en savoir plus long. Pourtant, à cette époque, jen’imaginais pas qu’il puisse y avoir des gens ayant des connaissances là-dessus ; je n’étais jamais sortie de mon petit monde clos. Je n’avais aucune notion de psychologie ni de quoi que ce soit de ce genre. Tout ce que je savais, c’est que, à la suite de cette affaire, j’avais brusquement mûri ; un monde tout nouveau pour moi venait de s’ouvrir, dont je ne savais même pas qu’il put exister. Je me répétais sans arrêt : « Il y a donc tant de choses à découvrir encore ! » En d’autres termes, la vie ne se borne pas au cinéma du vendredi soir et aux matches de football ; il y a , dans ma propre vie beaucoup plus que ce que j’en connais moi-même. Et j’ai commencé à me poser des questions sur les limites de l’humain et de la conscience. Tout un univers inconnu s’offrait à mes recherches. »
Treizième étape : Nouvelles perspectives de la mort page 114
Comme on peut aisément s’y attendre, cette expérience affecte profondément les idées que l’on a pu se forger sur la mort physique, et singulièrement dans le cas de ceux qui ne s’attendaient nullement à ce que la mort comporte une suite quelconque. Que ce soit sous une forme ou sous une autre, pratiquement tous les sujets m’ont donné à entendre qu’ils n’avaient désormais plus aucune peur de la mort. Toutefois, quelques précisions sont ici nécessaires. D’abord, certaines façons de mourir sont de toute évidence, absolument indésirables ; et ensuite, aucune de ces personnes ne recherche activement la mort. Ils sont tous convaincus qu’ils ont des tâches à remplir aussi longtemps qu’ils seront physiquement vivants, et contresigneraient les paroles de cet homme qui m’a dit : « Il va falloir que je change beaucoup de choses avant de m’en aller d’ici. » De même, ils seraient tous prêts à condamner le suicide en tant que méthode visant à retrouver les lieux qu’ils ont entrevus pendant leur « voyage ».
Voici un témoignage :
« Je crois bien que cette expérience a introduit un élément nouveau dans ma vie. Je n’étais qu’un enfant quand cela est arrivé, j’avais à peine dix ans ; mais depuis, et durant toute ma vie, j’ai gardé la conviction que la vie continue après la mort ; cela ne fait pas l’ombre d’un doute pour moi, et je n’ai pas peur de mourir. Pas une seconde. J’ai vu des gens qui ont cette peur, cette terreur. J’ai toujours envie de sourire quand j’entends des gens douter qu’il y a un au-delà, ou décréter : »Après la mort, il n’y a rien. » Je pense alors intérieurement : « Ils ne savent pas. ».
J’ai connu pas mal d’épreuves dans ma vie. Il m’est arrivé, dans mon travail, d’avoir le canon d’un revolver braqué sur moi et appuyé sur ma tempe ; je n’en ai pas été très effrayé parce que je pensais : » Bon, si je meurs, s’ils me tuent vraiment, je sais que je continuerai à vivre quelque part ailleurs. »
« Ce que l’être de lumière m’a dit en dernier avant que je retourne à mon corps et à la vie, c’était _ ou plutôt cela signifiait à peu près : « Je reviendrai » Il m’a fait comprendre que, pour cette fois, j’allais continuer à vivre, mais qu’un jour arriverait où il se mettrait de nouveau en rapport avec moi, et qu’alors je mourrais pour de bon.
Je sais donc que l’être de lumière reviendra, avec cette voix, mais pour ce qui est de la date, je n’en ai aucune idée. Je pense que je repasserai par une expérience semblable, mais j’imagine qu’elle se trouvera plutôt améliorée du fait que je suis maintenant prévenu de ce qui m’attend et que j’en serai moins désorienté que la première fois. Je ne suis pourtant pas du tout presséde m’en aller là-bas ; j’estime qu’il me reste beaucoup à faire de ce côté-ci ».
Ce qui contribue à effacer la crainte de la mort, à en juger, par ces extraits, c’est qu’à la suite de son épreuve le sujet n’entretient plus aucun doute sur la survie après la mort corporelle. Il ne s’agit plus pour lui d’une possibilité abstraite, c’est devenu un fait d’expérience.
Quatorzième étape : incommunicabilité de l’expérience
Voici une caractéristique qui à divers degrés est commune à tous ceux qui ont vécu de telles expériences. Ils sont incapables souvent de trouver les mots, les termes, les phrases pour exprimer ce qu’ils ont vécu. Car pour eux il n’y a aucun doute, ils n’ont pas rêvé , ils ne sont pas fous. Ils craignent simplement et surtout qu’on les prennent pour des fous. Ils ont vraiment vécu ce qu’ils essaient d’expliquer et ce qu’ils essaient de communiquer est incommunicable. Voici un témoignage d’une femme:
Page 42 « Voyez-vous, c’est pour moi tout un problème, d’essayer d’exprimer ça, parce que tous les mots que j’emploie s’appliquent à trois dimensions. Pendant mon aventure, je n’arrêtais pas de penser : « Mes cours de géométrie enseignent qu’il y a en tout et pour tout trois dimensions, ce que je tenais pour acquis. Mais c’est une erreur : il y en a davantage. ». Bien sûr, le monde dans lequel nous vivons maintenant est tridimensionnel, mais dans l’autre monde, pas du tout. C’est pour ça que j’ai tant de mal à vous expliquer. Je suis obligée d’employer des mots à trois dimensions. J’essaye de coller autant que possible à la réalité, mais ce n’est jamais tout à fait ça. Je n’arrive pas à vous dépeindre un tableau. »
[1] La vie après la mort du Docteur Raymond Moody
CONCLUSION ETUDE
http://www.outre-vie.com/vieapresvie/
ConclusionL' après-vie apparaît comme un nouvel espace à explorer.
Les questions posées par les NDE nécessitent une investigation poussée dans les domaines scientifique, physique, métaphysique et philosophique.
Dans ce débat, la science apporte sa contribution jusqu'à un certain point. L'anoxie (diminution de la quantité d’oxygène que le sang distribue aux tissus), les drogues et les endorphines peuvent expliquer beaucoup de choses, mais éludent certains phénomènes.
Comment le cerveau peut-il traiter, stocker et rappeler des souvenirs aussi inhabituels pour lui ? Comment peut-on dans certains cas percevoir un environnement avec tous ses détails, et s'en souvenir alors que les structures cérébrales responsables de ces facultés sont inopérantes? Pourquoi toujours cette ressemblance dans les témoignages ?
Beaucoup de NDEs sont survenues lors d’arrêts cardio-vasculaires, parfois en plus sous anesthésie, ou lors de noyades, c’est-à-dire à un moment ou le cerveau souffre d’un manque d’oxygène, ainsi que de glucose dans le cas d’un arrêt cardiaque, qui sont tous deux essentiels pour que les neurones fonctionnent. Tout se passe donc comme si l’expérience était indépendante de l’état fonctionnel du cerveau ou comme s’il existait une zone du cerveau qui soit insensible au manque d’oxygène, de glucose et à l’anesthésie !
Le passage vers la mort
On ne peut pas savoir si les morts réels sont bien passés par ces phases de N.D.E. avant de mourir. Si la conscience subsiste après l’arrêt du coeur puis celui du cerveau, s’agit-il d’une ultime activité - désespérée - de celui-ci ou d’un vrai passage vers autre chose ?
On ne peut pas savoir si les morts réels sont bien passés par ces phases de N.D.E. avant de mourir. Si la conscience subsiste après l’arrêt du coeur puis celui du cerveau, s’agit-il d’une ultime activité - désespérée - de celui-ci ou d’un vrai passage vers autre chose ?
Le passage vers la mort est progressif. Les fonctions physiologiques s'arrêtent les unes après les autres mais le cerveau continue de fonctionner. C'est dans ce laps de temps que s'inscrivent les NDE. La réanimation du sujet interrompt le processus avant le point de non-retour. Un arrêt cardiaque ne dure que quelques minutes (guère plus de cinq sans conséquences sérieuses pour le cerveau non irrigué, hors certains cas particuliers associés à une hypothermie) mais un encéphalogramme plat beaucoup plus longtemps. Certains phénomènes, différents de l'approche de la mort, comme le coma barbiturique ou une réfrigération brutale, peuvent donner lieu à un encéphalogramme plat prolongé. La limite précise entre la vie et la mort reste difficile à cerner. Un des critères médicaux de la mort officielle est le relevé de deux encéphalogrammes plats dans un intervalle de 36 à 72 heures.
Les effets de l'anoxie
Bon nombre de NDE peuvent s'expliquer par les effets de l'anoxie, c'est-à-dire l'insuffisante oxygénation du cerveau.
Bon nombre de NDE peuvent s'expliquer par les effets de l'anoxie, c'est-à-dire l'insuffisante oxygénation du cerveau.
Le phénomène comporte plusieurs facteurs qui influent sur le fonctionnement du cerveau : variations de la pression sanguine, arrêt de la vue et des contractions musculaires. Il se retrouve en hypovigilance et perd le contact sensoriel avec le corps. Les informations ne lui parviennent plus. L'angoisse qui en résulte fait réagir le psychisme. Cette déconnexion du corps, qui n'est pas tout à fait complète (l'ouïe semble être le dernier des sens à 'décrocher') est ressentie comme une 'décorporation'. Une perception auditive subliminale (à la limite de la conscience) persiste. Cette explication de la sensation de 'sortie' du corps se justifie par la disparition des impressions douloureuses qui va de pair.
La NDE nait dans des structures du cerveau et du système nerveux.
Hypothèses biologiques
Les EMI peuvent également être présentées comme une hallucination déclenchée par la réaction du cerveau à certains produits pharmaceutiques administrés pour soulager la douleur d'un mourant.
Les EMI peuvent également être présentées comme une hallucination déclenchée par la réaction du cerveau à certains produits pharmaceutiques administrés pour soulager la douleur d'un mourant.
noesysLe cerveau est un organe excessivement complexe avec ses dix milliards de neurones et ses innombrables connexions où interfèrent des processus chimiques et électriques multiples.
Le cerveau fabrique ses propres morphines (les endorphines), emploie des neuromédiateurs, molécules à actions hormonales, telles les catécholamines (dopamine, adrénaline, noradrénaline) aux fonctions spécifiques variées.
Anesthésie à la Kétamine
La kétamine (qui n'est plus utilisée depuis la fin des années 80) est un anesthésique hallucinogène à courte durée d'action provoquant une anesthésie dite "dissociative" car les patient déconnectés de tous stimuli extérieurs se sentaient à tel point séparés de leur corps qu'ils ne percevaient plus la douleur de l'opération avec l' impression de mourir, de quitter son corps, de traverser un tunnel;
La kétamine (qui n'est plus utilisée depuis la fin des années 80) est un anesthésique hallucinogène à courte durée d'action provoquant une anesthésie dite "dissociative" car les patient déconnectés de tous stimuli extérieurs se sentaient à tel point séparés de leur corps qu'ils ne percevaient plus la douleur de l'opération avec l' impression de mourir, de quitter son corps, de traverser un tunnel;
La kétamine provoquant des dissociations de personnalité, fut pour ces raisons supprimée. L'état altéré de conscience qui en résulte se rapproche semblerait-il beaucoup de celui associé à une NDE,
L'étude de l' action de la Kétamine (Karl Jansen) montre qu'elle se fixe sur les récepteurs neuronaux NMDA: N-méthyl-D-aspartate et les bloque. Les récepteurs NMDA sont normalement activés par une molécule naturelle: le glutamate.
Le glutamate
Le glutamate joue un rôle vital dans tous les processus cognitif auquel participe le cortex : la pensée, la mémoire et la perception. Les neurones à glutamate sont essentiellement situés dans le cortex et dans l'hippocampe, formation cérébrale impliquée dans les processus de mémoire et dans les émotions, qui intègre les signaux en provenance de nombreuses parties du cerveau. Lorsque survient un manque d'oxygène, une réduction du flux sanguin ou du taux de sucre dans le sang ou encore une crise d'épilepsie, le glutamate est libéré en quantité excessive. A forte dose cette molécule est toxique pour les neurones, il y a donc de fortes chances pour qu'en cas de surproduction de glutamate , le cerveau dispose de moyens de protection naturels qui viennent également bloquer le récepteur afin d'éviter une surexcitation fatale aux neurones.
Cela pourrait être une explication des NDE non médicamenteuses.
Le glutamate joue un rôle vital dans tous les processus cognitif auquel participe le cortex : la pensée, la mémoire et la perception. Les neurones à glutamate sont essentiellement situés dans le cortex et dans l'hippocampe, formation cérébrale impliquée dans les processus de mémoire et dans les émotions, qui intègre les signaux en provenance de nombreuses parties du cerveau. Lorsque survient un manque d'oxygène, une réduction du flux sanguin ou du taux de sucre dans le sang ou encore une crise d'épilepsie, le glutamate est libéré en quantité excessive. A forte dose cette molécule est toxique pour les neurones, il y a donc de fortes chances pour qu'en cas de surproduction de glutamate , le cerveau dispose de moyens de protection naturels qui viennent également bloquer le récepteur afin d'éviter une surexcitation fatale aux neurones.
Cela pourrait être une explication des NDE non médicamenteuses.
Cependant ce modèle ne s'applique qu'aux cas où il y a anoxie et s’accorde mal avec l'exceptionnelle mémorisation associée à ce type d'expérience.
Les endorphines
Substances proches de la morphine, naturellement sécrétées par le cerveau en période de stress, les endorphines masquent la douleur immédiate dans, par exemple, un accident corporel important.
Les visions naîtraient d'une dernière décharge d'endorphines émise par le cerveau dans la transe mortelle. En effet, au seuil de la mort, les endorphines, molécules proches de l'opium, sont sécrétées en abondance dans les états de mort imminente sans provoquer aucune hallucination. Sans être directement à l'origine des NDE, les endorphines sont certainement responsable de la sérénité décrites par les témoignages. En génant l'activité de l'hippocampe (rôle fondamental dans les processus de mémorisation) , la réactivation simultanée de nombreux souvenirs s'expliquerait également.
L'explication fondée sur les endorphines comporte des failles. Si le cerveau cherchait à nous protéger de la douleur, il le ferait avec des images agréables. Or toutes les EMI ne sont pas agréables: certaines de ces expériences sont en effet associées à d'affreuses visions.
L'explication fondée sur les endorphines comporte des failles. Si le cerveau cherchait à nous protéger de la douleur, il le ferait avec des images agréables. Or toutes les EMI ne sont pas agréables: certaines de ces expériences sont en effet associées à d'affreuses visions.
On pourrait reproduire les effets des NDE à l'aide de molécules appropriées. Paul Minaki donne des exemples de ce genre d'effets, dus à certains anesthésiques, dans l'introduction du second livre de R. Moody Lumières nouvelles sur 'la vie après la vie'(Robert Laffont, 1978).
Hypothèses neurologiques
Les neurologues soulignent que les désordres consécutifs à des attaques cérébrales présentent des analogies avec les N.D.E. :
Les neurologues soulignent que les désordres consécutifs à des attaques cérébrales présentent des analogies avec les N.D.E. :
Le Dr Michael Persinger, professeur de neurosciences au Canada, estime que les forces électromagnétiques sont à la source d'un grand nombre d'expériences dites paranormales. Persinger effectua plusieurs expériences au cours desquelles, en soumettant le cerveau de sujets à des impulsions électromagnétiques, il parvenait à déclencher chez eux des expériences de mort imminente. Il prétend ainsi pouvoir provoquer «n'importe quelle expérience d'un genre similaire». Selon l'avis de Persinger, la totalité des phénomènes dits parapsychologiques trouveraient leur explication dans l'activité des lobes temporaux: « Toute expérience provient du cerveau ; il nous faut donc simplement déterminer à quel type d'activité électrique correspond telle ou telle expérience. »
Le lobe temporal :
Les lésions du lobe temporal provoquent un " bruit " annonciateur du début de la crise. De plus, si on admet que le lobe temporal puisse jouer un rôle dans la mémorisation, il peut être à l’origine de la vision panoramique de la vie passée. En fait, dans les attaques cérébrales, il arrive effectivement que le passé défile rapidement dans la mémoire, mais de façon non sélective, sans ordre logique, sous la forme de flashs successifs non cohérents.... alors que dans les N.D.E., le passé est panoramique, ordonné, lié à un jugement moral de l’existence. Au " réveil ", le souvenir résiduel après une attaque cérébrale est généralement confus, alors que celui lié à une N.D.E. est précis et net.
Les lésions du lobe temporal provoquent un " bruit " annonciateur du début de la crise. De plus, si on admet que le lobe temporal puisse jouer un rôle dans la mémorisation, il peut être à l’origine de la vision panoramique de la vie passée. En fait, dans les attaques cérébrales, il arrive effectivement que le passé défile rapidement dans la mémoire, mais de façon non sélective, sans ordre logique, sous la forme de flashs successifs non cohérents.... alors que dans les N.D.E., le passé est panoramique, ordonné, lié à un jugement moral de l’existence. Au " réveil ", le souvenir résiduel après une attaque cérébrale est généralement confus, alors que celui lié à une N.D.E. est précis et net.
En 1955, le neurochirurgien W. Penfield a mené des expériences de stimulation électrique directe sur certaines zones du lobe temporal qui ont provoqué chez les patients des sensations diverses fréquemment associées aux NDEs, comme la sensation de décorporation, l'impression de traverser un tunnel ou des visions mystiques (Penfield, 1975). Les zones du cerveau qui assurent le traitement et la redistribution de l'information (hippocampe, amygdale et système limbique) sont directement reliées au lobe temporal, en particulier par des neurones dont le neurotransmetteur est la sérotonine. Cependant, la grande majorité des neurones du cortex cérébral utilisent le glutamate comme neurotransmetteur et seulement très peu de cellules utilisent la sérotonine.
Les lobes occipitaux :
Les lobes occipitaux sont le siège de la vision. Il est possible qu’une anoxie de ces lobes puisse donner une impression de lumière. Toutefois, les neurologues n’arrivent pas à comprendre comment les sujets ayant une N.D.E. (comme lors de voyages hors du corps d’ailleurs) sont capables d’assister aux événements qui se passent autour d’eux - considéres comme morts ou tout au moins inertes -(gestes des équipes médicales, conversations, appareillages utilisés...) aussi bien dans la salle que dans d’autres lieux voisins... avec une netteté et une précision absolues, alors que les membres de l’équipe médicale gardent beaucoup moins de souvenirs.
E. Kubler Ross cite le cas d’un aveugle, en état de mort clinique, qui ramené à la vie, fut capable de raconter l’agitation de l’équipe médicale autour de son corps, avec les couleurs des blouses, les gestes, les cheveux... qui lui étaient inaccessibles à l’état normal !
Les lobes occipitaux sont le siège de la vision. Il est possible qu’une anoxie de ces lobes puisse donner une impression de lumière. Toutefois, les neurologues n’arrivent pas à comprendre comment les sujets ayant une N.D.E. (comme lors de voyages hors du corps d’ailleurs) sont capables d’assister aux événements qui se passent autour d’eux - considéres comme morts ou tout au moins inertes -(gestes des équipes médicales, conversations, appareillages utilisés...) aussi bien dans la salle que dans d’autres lieux voisins... avec une netteté et une précision absolues, alors que les membres de l’équipe médicale gardent beaucoup moins de souvenirs.
E. Kubler Ross cite le cas d’un aveugle, en état de mort clinique, qui ramené à la vie, fut capable de raconter l’agitation de l’équipe médicale autour de son corps, avec les couleurs des blouses, les gestes, les cheveux... qui lui étaient inaccessibles à l’état normal !
Selon Bruno Duroux, neurochirurgien, " l'hypothèse neurophysiologique la plus probable à propos des N.D.E. est celle d'une libération finale de neuropeptides, molécules servant à la circulation des informations dans le cerveau. sorte de réaction programmée du cerveau face â l'ultime épreuve. " Mais cette hypothèse n'a pu être vérifiée car " aucune équipe scientifique n'accepterait de poser des capteurs d'électro-encéphalogramme sur le crâne d'une personne à l'agonie.
Une protection :
Selon certains, la NDE serait un phénomène pathologique de dépersonnalisation, voisin de la schizophrénie. En quelque sorte, une réponse de l'organisme à la peur de la mort par un phénomène de neuroprotection qui serait à l'origine d'une "déconnexion" de la conscience et du besoin de se protéger face à l'imminence de sa propre mort en se réfugiant dans un monde de fantasmes construit à partir de croyances conscientes et/ou inconscientes.
Selon certains, la NDE serait un phénomène pathologique de dépersonnalisation, voisin de la schizophrénie. En quelque sorte, une réponse de l'organisme à la peur de la mort par un phénomène de neuroprotection qui serait à l'origine d'une "déconnexion" de la conscience et du besoin de se protéger face à l'imminence de sa propre mort en se réfugiant dans un monde de fantasmes construit à partir de croyances conscientes et/ou inconscientes.
Hypothèse psychanalytique
La thèse psychanalytique, défendue en particulier par R. Noyes (Université de Iowa - U.S.A.) suppose que l’inconscient, gravement menacé à la mort, cherche une issue dans le souvenir de l’utérus maternel protecteur. Le souvenir de l’accouchement pourrait aussi réapparaître : tunnel obscur, lumière... Sur 104 cas examinés par lui, la vision de la vie passée ou le sentiment de paix sont confirmés, mais Noyes pense que l’esprit rejette la réalité de la mort à l’aide d’un processus complexe associant le sentiment de dépersonnalisation (détachement du corps) à une extrême vigilance de l’attention (sens aiguisées, notion perturbée du temps, pensées exaltées...), et que ce processus permet alors de faire face au traumatisme énorme de la mort.
La thèse psychanalytique, défendue en particulier par R. Noyes (Université de Iowa - U.S.A.) suppose que l’inconscient, gravement menacé à la mort, cherche une issue dans le souvenir de l’utérus maternel protecteur. Le souvenir de l’accouchement pourrait aussi réapparaître : tunnel obscur, lumière... Sur 104 cas examinés par lui, la vision de la vie passée ou le sentiment de paix sont confirmés, mais Noyes pense que l’esprit rejette la réalité de la mort à l’aide d’un processus complexe associant le sentiment de dépersonnalisation (détachement du corps) à une extrême vigilance de l’attention (sens aiguisées, notion perturbée du temps, pensées exaltées...), et que ce processus permet alors de faire face au traumatisme énorme de la mort.
Etats altérés de la conscience et phénomènes paranormaux
Il ne fait aucun doute que ces expériences sont réelles, mais sont-elles dues au fait que l'esprit se détache du corps à l'approche de la mort ? Cet état de perception accrue correspondrait-il alors à des capacités psychiques inexploitées?
Il ne fait aucun doute que ces expériences sont réelles, mais sont-elles dues au fait que l'esprit se détache du corps à l'approche de la mort ? Cet état de perception accrue correspondrait-il alors à des capacités psychiques inexploitées?
Les travaux de K. Ring, psychologue, spécialiste des états altérés de conscience (Université Connecticut - U.S.A. - 1980), ont confirmé ceux du Docteur R.Moody : existence des N.D.E., absence de l’influence culturelle ou religieuse... Ils ont aussi confirmé l’existence de processus physiologiques particuliers : métabolisme plus lent, tension artérielle abaissée, augmentation importante de la sensibilité électrique (pouvant même provoquer des dysfonctionnements des appareillages électriques : on rejoint les phénomènes paranormaux !).
Le cardiologue B. Sabom (Université Atlanta - U.S.A. - 1982), d’abord opposé et sceptique attribuait les phénomènes décrits soit à l’anoxie modifiant les réactions neuronales, soit à l’action de drogues médicamenteuses administrées aux mourants. Après l’étude de 116 cas, il admit la réalité des phénomènes, ce qui, compte tenu de la diversité des personnes et de la concordance de leurs témoignages, conduit à supposer l’existence d’un état de conscience très particulier " à la limité de la vie et de la mort ". Il " se passe quelque chose ".
Les expériences de mort imminente pourraient être générées par des circonstances particulières au cours desquelles se produirait plus facilement la libération d’un formidable potentiel de l’esprit humain, insoupçonné mais à la portée de tout un chacun à n’importe quel moment de sa vie. Cet état de perception accrue correspondrait-il alors à des capacités psychiques inexploitées?
Drogues psychédéliques
Certaines substances hallucinogènes, comme le fameux LSD, surexcitent l'activité cérébrale et la perturbent, induisent un état mental très différent de celui associé aux NDEs et impliquent en général un accroissement énorme de l'entrée de stimuli sensoriels en provenance de l’environnement qui contraste avec la perte de contact avec le monde extérieur qui accompagne une NDE.
Certaines substances hallucinogènes, comme le fameux LSD, surexcitent l'activité cérébrale et la perturbent, induisent un état mental très différent de celui associé aux NDEs et impliquent en général un accroissement énorme de l'entrée de stimuli sensoriels en provenance de l’environnement qui contraste avec la perte de contact avec le monde extérieur qui accompagne une NDE.
Extases religieuses
Les grandes traditions religieuses préconisent le jeûne, l’ascèse, la solitude pour accéder aux plans supérieurs de conscience. Ce qui obligent à se poser des questions sur les rapports entre conscience et cerveau, certaines caractéristiques récurrentes obligent aussi à envisager une réflexion sur notre conception de l'univers, certaines implications des NDE rejoignant parfois des conceptions millénaires plus ou moins universelles , en particulier dans les mystiques orientales.
Les grandes traditions religieuses préconisent le jeûne, l’ascèse, la solitude pour accéder aux plans supérieurs de conscience. Ce qui obligent à se poser des questions sur les rapports entre conscience et cerveau, certaines caractéristiques récurrentes obligent aussi à envisager une réflexion sur notre conception de l'univers, certaines implications des NDE rejoignant parfois des conceptions millénaires plus ou moins universelles , en particulier dans les mystiques orientales.
Le père Patrick Verspieren , conseiller scientifique à l'Episcopat et directeur du département d'éthique biomédicale du centre de Sèvres, ainsi que rédacteur à la revue Etudes, considére que les N.D.E.ne doit être assimilée à la mort, celle-ci étant un phénomène total, définitif et irréversible.
Inconscient collectif
Les travaux statistiques du Docteur K. Osis (1959-1960) sur les visions des mourants, ont montré qu’il ne s’agissait pas d’un mauvais fonctionnement cérébral, car les rescapés ne présentent pas de lésions irréversibles. Ces visions sont différentes des hallucinations typiques caractéristiques des troubles mentaux. Elles ne peuvent pas être attribuées aux médicaments ou à la fièvre. K. Osis et E. Haraldsohn , examinent 1708 cas de N.D.E. aux U.S.A. et aux Indes, pays culturellement différents, ont mis en évidence la similitude des visions, donc leur objectivité. Ces visions sont ressenties par les sujets comme une aide extérieure provenant de l’Au-Delà.
Les travaux statistiques du Docteur K. Osis (1959-1960) sur les visions des mourants, ont montré qu’il ne s’agissait pas d’un mauvais fonctionnement cérébral, car les rescapés ne présentent pas de lésions irréversibles. Ces visions sont différentes des hallucinations typiques caractéristiques des troubles mentaux. Elles ne peuvent pas être attribuées aux médicaments ou à la fièvre. K. Osis et E. Haraldsohn , examinent 1708 cas de N.D.E. aux U.S.A. et aux Indes, pays culturellement différents, ont mis en évidence la similitude des visions, donc leur objectivité. Ces visions sont ressenties par les sujets comme une aide extérieure provenant de l’Au-Delà.
Les NDEs se déroulent toujours selon un schéma constant et tous les récits contiennent un grand nombre de symboles universels (le passage, la lumière, Dieu etc.) ce qui pourrait suggérer un rôle important de la psyché dans le phénomène. La plupart du temps, ces symboles sont sans aucun rapport avec les croyances des témoins et ceci n’est pas sans rappeler la notion d’archétypes développée par Carl Jung (1971) qui représenteraient des images primordiales appartenant à un inconscient collectif.
D’après Jung, il existerait autant d’archétypes que de situations typiques dans la vie. Il ne serait donc pas surprenant de trouver des archétypes liés à la mort. Bien que Jung lui-même ait vécu une NDE et ne l’interprétât pas par rapport à l’inconscient collectif, certains de ses adeptes ont vu dans la NDE une imagerie archétypale déclenchée par l’approche de la mort. Cette théorie est intéressante et contient probablement une part de vérité, bien qu’elle ne puisse pas rendre compte de tous les aspects de l’expérience.
Reconstruction de la réalité
Lorsque le cerveau se meurt, dit Susan Blackmore, il continue à modéliser des environnements, mais en utilisant la mémoire et l'imagination -et non les sens. S'apparentant aux rêves ou aux souvenirs, ces perceptions peuvent très bien être effectuées "à vol d'oiseau".
Le cerveau est constamment en train de construire un modèle de la réalité qui nous entoure à partir de l’ensemble des signaux sensoriels qui lui parviennent. Le modèle de Blackmore spécule que lorsque ces signaux cessent, nous nous servons de notre mémoire et de fragments de perceptions pour reconstruire un modèle de notre réalité. Ainsi, l’expérience de décorporation résulterait de la tentative d’un cerveau agonisant de reconstruire un modèle de l’univers à partir de signaux sensoriels limités.
La conscience hors du cerveau
A développer
A développer
Physique quantique
A développer
Et si l'Au-delà existait ?
La science reste modeste devant l' analyse de ce phénomène accidentel qu'on ne peut reproduire à volonté en laboratoire. En effet, les recherches en neurophysiologie retirent à ces expériences tout caractère surnaturel dont certains voudraient les parer. Rien ne permet de dire aujourd'hui qu'il y a dans les NDE quelque chose de paranormal qui défierait la connaissance humaine.
Cependant, la possibilité d’une survie, sous une forme différente de celle de la vie terrestre, ne peut être écartée. En effet, les descriptions des patients rejoignent celles des mystiques. La N.D.E. semble donc non spécifique de cette transition vie-mort, mais une étape de l’évolution humaine, plus facile à faire à l’approche de la mort, libérant le potentiel spirituel bloqué : c’est un chemin vers une autre réalité que les religions
COMPLEMENTS DES EFM
http://www.noesis.ch/temoignage/nde_sans_mort_imminente/
Les NDE et autres Etats de Conscience Modifiés
Les NDE
L’expérience de mort imminente (EMI ou NDE) est un phénomène vécu généralement lors d’un arrêt cardiaque, d'un coma ou d’une anesthésie, mais qui peut également survenir en réponse à un traumatisme psychologique sans proximité directe de la mort et parfois spontanément, sans raison apparente. Les récits font état d’une sensation de grand bien-être, l’impression de quitter son corps et de l’observer depuis un point de vue situé en général au-dessus, d’un déplacement à travers un tunnel en direction d’une lumière, d’une communication avec cette lumière, de la rencontre d’entités spirituelles ou de personnes décédées, de visions paradisiaques et de la présence d’une frontière à ne pas dépasser. Malgré des particularités individuelles, le contenu de l’expérience semble indépendant du niveau intellectuel et social, ainsi que du sexe et de l’âge. Les récits sont également très similaires à travers le monde, les cultures et les époques. Cette expérience d’une grande complexité induit un bouleversement total de l'individu, impliquant une remise en question générale des ses valeurs fondamentales. En outre, dans environ 5% des cas, le contenu de l’expérience peut aussi se révéler si terrifiant que l’individu en ressort fortement traumatisé. Avec le perfectionnement croissant des techniques de réanimation, le nombre de NDE rapportées se multiplie chaque jour dans le monde entier. Une étude réalisée aux Pays-bas et publiée dans le Lancet en 2001 a établi que cette expérience avait été vécue par 12% des personnes réanimées suite à un arrêt cardiaque.
http://www.noesis.ch/temoignage/nde_sans_mort_imminente/
Quelles sont les conséquences d'une NDE?
Vivre une NDE signifie en général vivre une transformation profonde et durable qui correspond la plupart du temps à un véritable ouragan intérieur. A ce titre, il est important de souligner que le seul fait d'avoir frôlé la mort ne suffit pas à expliquer toute la gamme de changements observée dans la vie d'une personne suite à une NDE. En effet, des études ont montré que certains de ces changements sont uniquement liés au fait d'avoir vécu une telle expérience (Ring, 1980). Cependant, il s'avère difficile de corréler la profondeur de l'expérience avec l'importance des répercussions comme on aurait pu logiquement s'y attendre. Effectivement, il semble que la rationalisation à posteriori de l'expérience ainsi que les propres croyances du témoin soient déterminantes pour son interprétation, et c'est cette interprétation qui conditionnera par la suite l'impact provoqué sur la personnalité du témoin.
Tout se passe comme si au cours d'une NDE un accès à un état de conscience différent s'ouvrait dans lequel était perçu une réalité plus vaste transcendant le temps, l'espace et la matière. Le retour à une conscience ordinaire s'accompagne d'effets secondaires typiques qui sont dans l'absolu positifs : une meilleure appréciation de la valeur de la vie, le sentiment d'un renouveau personnel et de la quête d'un but, une plus grande empathie, tolérance et compréhension vis-à-vis d'autrui, une plus grande confiance et estime de soi, une soif de connaissance, un réveil spirituel et un détachement des biens matériels, une diminution voire une disparition de la peur de la mort (alors que la peur de la souffrance liée à l'agonie demeure) et parfois l'apparition de nouvelles facultés psychiques. Ces changements de personnalité sont particulièrement surprenants chez des individus qui ont vécu une NDE à la suite d'une tentative de suicide. Dans certains cas, la NDE semble même jouer le rôle de "psychanalyse accélérée" en permettant la prise de conscience de traumatismes psychiques anciens et profondément enfouis. Finalement, pour beaucoup, la NDE est ressentie comme une seconde naissance.
Cependant, ces répercussions ne sont ni immédiates ni automatiques mais nécessitent un travail de concrétisation et d'intégration. Même sans parler des NDE"négatives", dont le contenu terrifiant peut provoquer un état dépressif accompagné d'anxiété, de cauchemars récurrents et d'une peur exacerbée de la mort, le témoin ressort dans un premier temps fortement fragilisé et perturbé par une telle expérience, même si elle était "positive". Tout d'abord parce qu'ayant frôlé la mort de près, il a subi un traumatisme considérable et se trouve souvent dans un état physique critique dû à l'accident ou la maladie qui l'a conduit à la NDE. De plus, il lui est très difficile de définir ce qu'il a vécu même s'il pressent déjà que cet événement va bouleverser sa vie. D'autre part, il se rend vite compte qu'il lui est difficile de partager ce qu'il a vécu avec le corps médical ou son entourage. S'il arrive à se faire écouter, il rencontrera en général de l'incompréhension ou verra sa santé mentale remise en question.
Au problème physique vient donc s'ajouter une aliénation totale et le patient se retrouve complètement seul pour assimiler et intégrer la plus bouleversante expérience de sa vie. Ce sentiment de solitude est encore accentué par la difficulté pour lui à retrouver sa place au sein d'une famille et d'une communauté dont les valeurs, les buts et les préoccupations en général ne sont plus partagés. D'un autre coté, son changement d'attitude est souvent difficile à vivre pour son entourage qui ne comprend pas cette transformation. Incapable de retrouver son ancienne personnalité, cet état de grande perturbation va souvent aboutir à une remise en question sévère qui conduira le témoin à un retournement général de son existence tant au niveau affectif que professionnel, ce qui ne l'aidera en rien à retrouver un peu de stabilité. Il s'ensuit une difficile période d'assimilation, durant souvent de nombreuses années, qui aboutira à une nouvelle manière de vivre.
http://www.paranormal-info.com/Les-NDE.html
Les NDE (Near Death Experience)
Par Eric Raulet
Un accident ou un coma, et leur vie a basculé. Ils seraient des millions dans le monde à avoir entrevu ce qu’il y a après la mort. Pure hallucination ? À voir...
« Je me rappelle avoir crié “Je ne veux pas mourir !”, de toutes mes forces, mais cela ne fut pas entendu. Aussitôt un bruit de fer amplifié me parvint, désagréable. » Le 12 janvier 1961, Solange est en clinique pour donner naissance à son deuxième enfant. Mais l’accouchement prend une tournure inexplicable. « Déjà, je me retrouvais plus vivante que jamais, légère. Je parcourais la salle, regardais, indifférente, mon corps et les médecins qui s’affairaient autour. Les murs s’éloignaient. Tout était plus lumineux. Attirée par une force toute puissante, à une vitesse incomparable, comme aimantée mais sans vertiges, je m’engageais dans un tunnel étroit, sombre ».
Ainsi débute l’un des plus émouvants et des plus complets témoignages d’expérience aux frontières de la mort, ou EFM (*), que nous ayons pu collecter. Mais redonnons la parole à Solange. Pas très à l’aise, elle se sent avancer, toujours très vite. Un point lumineux apparaît. « J’allais vers lui. Il devenait de plus en plus grand, de plus en plus lumineux ; il m’attirait. Et voilà que la lumière m’apparut comme un gigantesque soleil. J’entendis prononcer mon nom, puis mon grand-père se trouva auprès de moi. Il était radieux. Il me dit : "Viens". Aussitôt une camarade de classe, qui nous avait quittée à dix ans s’approcha. Elle était belle, lumineuse resplendissante d’amour ; elle m’encouragea. Alors, je pénétrais dans cet océan de lumière, et là, il n’y a pas de mot. Je recevais toujours plus d’énergie, toujours plus d’amour, une communion telle, que je devenais lumière, amour, énergie toute puissante. »
La lumière se fait encore plus intense, et elle l’invite à regarder sa vie. Solange ressent une énergie qui se surmultiplie, un bien-être virant au bonheur sans limite. Et puis cette incroyable sensation. « Voilà que je suis dans une compréhension si grande que je deviens le Tout, que je sais Tout, et que de plus, cela est simple, facile à comprendre. Je suis cette Connaissance. Je veux la garder en mémoire ». Moment merveilleux mais fugace. « Je vois qu’elle me quitte, qu’elle m’est ôtée. Je resterai toujours nostalgique de ce savoir ; j’ai su, et je ne sais plus. Je regardais de tous côtés. Je cherchais le temps. Il n’y avait pas de temps dans cette réalité ; le temps n’existait pas. ».
« J’émis un désir, un désir de liberté de mouvement ; alors la lumière pleine d’amour me regarda, me demanda « Veux-tu revenir sur la terre » ? Elle me montra quelques passages de ma vie future ici, et me demanda si cela ne serait pas trop difficile. C’était de grandes épreuves. Remplie d’une telle puissance d’énergie et d’amour, je dis « oui ». C’était un choix. Il y a 43 ans maintenant, que j’ai vécu cette expérience. Elle est toujours aussi présente en moi, et rien ne peut l’effacer ou l’atténuer. » Un cas exceptionnel, Solange ? Nullement. Depuis les années 70 et la popularisation des EFM par le médecin américain Raymond Moody, des témoignages ont été rapportés sous toutes les latitudes et dans les circonstances les plus variées : accouchement, arrêt cardiaque, électrocution, hémorragie cérébrale, noyade, asphyxie, complications lors d’une opération chirurgicale, tentative de suicide, etc.
Aux Etats-Unis, 30 % des personnes réanimées ont partagé cette expérience, affirmaient les premiers chercheurs américains dont le cardiologue Michael Sabom. Dans ce même pays, un sondage en 1988 estimait le nombre de témoins d’EFM à 8 millions. En 2001, une étude médicale menée aux Pays-Bas a ramené la fréquence de ces expériences à 12 %. Sans doute ces données sont-elles encore sous-estimées. En effet, nombres de témoins choisissent de taire leur expérience, incapables de traduire son contenu et l’émotion qu’elle a fait naître. Certains s’essayent à en parler autour d’eux, généralement à l’hôpital. Devant l’accueil sceptique du personnel et de leurs proches, ils restent silencieux. En moyenne, les témoins d’EFM mettent cinq à dix ans pour exprimer une première fois leur vécu. Certains n’en diront jamais un mot.
Qu’ont donc expérimenté ces « millions » de personnes ? Une incursion dans l’Au-delà ? Telle était la conviction de Raymond Moody, désormais partagée par une majorité de ceux qui l’ont vécu. Curieusement, pourtant, l’Église catholique regarde avec défiance ce phénomène qu’elle n’a jamais cherché à utiliser comme l’attestation d’une vie après la mort. Par ailleurs, médecins et scientifiques s’interdisent d’y voir une manifestation surnaturelle. Et c’est bien normal car la science, avec les critères de vérité qui lui sont propres, n’est pas « outillée » pour s’attaquer à la question de l’Au-delà.
Cela n’a pas empêché les études scientifiques de se succéder, à mesure que les témoignages d’EFM se faisaient eux-mêmes plus nombreux grâce aux progrès des techniques de réanimation. Hélas, il n’est pas facile de les comparer car elles ne définissent pas toutes, de façon identique, ce qu’est une EFM. Néanmoins, quelle que soit l’éducation, la culture, l’origine sociale ou l’âge des témoins (les enfants aussi vivent des EFM), les expériences sont décrites suivant un certain nombre d’étapes. Cinq d’entre elles, toutes présentes dans le récit de Solange, reviennent fréquemment mais rarement ensembles : la sortie hors du corps, l’aspiration dans un tunnel, l’immersion dans une lumière où a lieu la rencontre d’êtres connus ou non , et enfin le retour douloureux dans le corps (voir l’ensemble des photos de cet article).
Pour l’écrasante majorité des médecins et spécialistes, pas de doutes : l’explication est à rechercher du côté du cerveau. Lorsqu’il est confronté à la perspective de sa propre fin, notre noble organe se mettrait à dysfonctionner, engendrant une batterie d’hallucinations. En 2002, la découverte d’un neurologue de l’hôpital de Genève a conforté cette hypothèse. En diffusant par hasard un faible courant électrique dans le cortex temporal d’une patiente atteinte d’épilepsie (voir dessin ci-XXX), le Dr Olaf Blanke a fait naître chez cette personne des sensations de sortie du corps ; elle se voyait comme flottant deux mètres au-dessus d’elle-même.
Avant lui, le psychiatre Karl Jansen, de l’hôpital Maudsley de Londres, avait constaté que des injections intraveineuses de kétamine -un médicament classé comme stupéfiant- permettait de provoquer artificiellement les étapes d’une EFM. Or la kétamine modifie le fonctionnement « normal » de certains neurones et active à leur surface des récepteurs, dits récepteurs NMDA, susceptibles de faire halluciner. Toutefois, écrit Jansen, cette hypothèse n’a pas la prétention de valoir pour toutes les EFM et elle n’est pas incompatible avec d’autres théories.
En fait, les spécialistes des neurosciences reconnaissent qu’ils ne savent pas expliquer les EFM dans le détail... mais que c’est le cas de beaucoup de phénomènes liés au cerveau ! Néanmoins, dans cette tâche, il leur faudra prendre en considération de troublants constats enregistrés par certains de leurs collègues.
En 2001, le cardiologue néerlandais Pim Van Lommel a publié une enquête retentissante dans The Lancet, l’une des plus grandes revues médicales au monde. Après dix ans d’enquête dans dix hôpitaux néerlandais sur 355 personnes en état de mort clinique -ni respiration ni pouls-, il constate que les témoignages d’EFM sont rares (12 %). Et que cette rareté pose problème : pourquoi, s’il s’agit de la réaction « normale » d’un cerveau menacé, n’y a-t-il pas plus de patients à en témoigner ?
Dans le cours de son étude, il tombe sur des récits incompréhensibles. Comme celui de cet homme de 44 ans, inerte, en état de mort clinique, dont la réanimation commence dans une ambulance. Pour lui glisser un tube respiratoire dans la gorge, une infirmière lui retire son dentier. Après une heure et demi d’efforts, le malade revient à la vie. Une semaine plus tard, l’infirmière le visite et... surprise ! Le voilà qui la reconnaît, lui réclame son dentier, décrit avec précision l’intérieur de l’ambulance, puis la petite salle de réanimation. Comme s’il s’était vu de dessus pendant tout ce temps où il était inconscient !
Autre cas, plus troublant encore, rapporté par Michael Sabom : une jeune Américaine opérée du cerveau et dont l’électro-encéphalogramme devient soudainement plat, ce qui traduit une totale absence d’activité électrique du cerveau. Et pourtant, ranimée, elle racontera avoir vécu une intense EFM alors que c’est théoriquement impossible avec un cerveau HS !
On ne s’étonnera donc pas que Pim Van Lommel écrive dans ses conclusions : « L’idée, soutenue jusqu’à présent mais jamais démontrée, que la conscience et la mémoire sont situées dans le cerveau doit être discutée ». En clair, si notre esprit a besoin de notre cerveau pour exister, il ne se réduit pas à cela -ce qu’il serait bien hâtif d’interpréter comme le signe de l’existence de l’âme.
Il n’est pas le seul à défendre cette position : en 2001, Sam Parnia, médecin à l’hôpital général de Southampton (Angleterre) publie, en association avec son collègue Peter Fenwick, une étude sur les EFM aux Royaume-Uni. Et lui aussi de constater : « Certains patients semblent avoir obtenu des informations durant leur période d’inconscience. Dans ce cas, cela suggérerait qu’une partie de la conscience humaine soit capable de se séparer du corps et d’obtenir des informations à distance. » Une idée assez décapante... mais que Parnia manie avec des pincettes : « Il n’est pas exclu que les informations rapportées aient pu être obtenues par le biais de sources sensorielles tout à fait ordinaires ».
En 1997, une enquête dirigée par Kenneth Ring, professeur de psychologie à l’Université du Connecticut (Etats-Unis) a rendu un peu plus brumeuse la question des EFM. Elle a été conduite auprès de personnes aveugles, parmi lesquelles plusieurs aveugles de naissance, ayant subi une réanimation. Certains d’entre elles affirment avoir vécu une EFM et se remémorent leur sortie hors du corps ainsi que la « vision » de leur réanimation avec de nombreux détails. Comment un aveugle peut-il affirmer avoir vu ? En fait, les choses ne sont pas si simples, comme l’exprime l’un des sujets : « Ce n’était pas visuel. C’était presque comme quelque chose de tactile, sauf qu’il était évidemment tout à fait impossible que je puisse toucher quoi que ce soit depuis là-haut. Je percevais tout cela dans mon esprit ». Et Kenneth Ring de postuler que ces aveugles, comme toute personne vivant une EFM, ont vécu un mystérieux état de conscience, le mindsight -littéralement, « vue de l’esprit »-, qui leur a permis de voir le monde tout à fait différemment.
Mais la palme de la découverte la plus troublante réside dans le fait que ces expériences peuvent être vécues sans proximité avec la mort, à l’occasion par exemple d’un état de relaxation (repos, communion avec la nature, yoga, etc.) Les « EFM » ne seraient alors plus des EFM... à un « détail » près : seuls ceux qui ont frôlé la mort voient leur existence bouleversée. En effet, au fil des années, leurs valeurs vont alors vers l’altruisme, l’aide à autrui. La mort n’est plus du tout redoutée. Et la vie est considérée comme une valeur sacrée à laquelle il ne faut pas mettre un terme, même si beaucoup aspirent à retrouver cette « dimension » dans laquelle ils furent plongés un bref instant. Ce sentiment est partagé par les personnes ayant vécu une EFM après une tentative de suicide ; dans leur majorité, elles ne récidivent pas.
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(*) Nous préférons parler d’ « expérience aux frontières de la mort » plutôt que d’ « expérience de mort imminente », expression plus souvent utilisées mais mauvaise traduction de l’anglais Near-death experience.
http://www.nderf.org/French/le_figaro_article.htm
FIGARO
Du Nouveau sur la Vie après la Mort
Chaque année, des centaines de personnes émergent du coma, persuadées de savoir ce qu’il y a après la mort. Et la nouveauté, c’est que, désormais, des médecins s’intéressent à leurs témoignages. Avec l’espoir d’en apprendre davantage sur la conscience.
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Par Véronique Grousset
Depuis l’Antiquité, c’est toujours le même récit ou à peu près : après une période plus ou moins longue de coma, le patient revient à lui avec la certitude d’avoir vécu une curieuse expérience de « décorporation » : l’impression de quitter son corps par la tête puis de le survoler avant de s’élancer vers les nuées, en direction d’un tunnel de lumière éblouissant. Convaincues d’être mortes, ces personnes n’en éprouvent aucun regret : elles ne ressentent au contraire (le plus souvent) qu’un merveilleux sentiment de plénitude, d’omniscience, d’amour et de bien-être … jusqu’à ce que l’image d’un proche décédé, ou d’un ange, leur enjoigne de retourner d’où elles viennent.
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Aussi troublants par leurs similitudes que par la symbolique religieuse qui s’en dégage, de tels récits abondent depuis que l’écrit permet de les consigner. Platon en faisait déjà mention. Montaigne, Jung et Teilhard de Chardin ont décrit, chacun leur propre expérience. Et de nos jours étant donné les progrès réalisés en matière de réanimation et de communication, on ne compte plus les associations, les livres, ou les sites Internet consacrés au recueil des témoignages de personnes – inconnues ou célèbres – affirmant avoir vécu une « NDE » (« Near Death Experience » : appelée « EMI » - « Expérience de mort imminente » - ou « EFM » - « Expérience aux frontières de la mort » - en français). Mais la nouveauté aujourd’hui, c’est que la science aussi s’y intéresse ; et plus seulement une poignée d’individus isolés, psychiatres ou gourous, travaillant sur des récits recueillis trop tardivement et sans vérifications. Voilà plusieurs années qu’aux Pays-Bas, en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, des équipes de médecins hospitaliers (généralement cardiologues) obtiennent les autorisations nécessaires pour mener des enquêtes rigoureuses, statistiques et prospectives, mais aussi neurologiques et biologiques, sur les symptômes et le suivi des patients qui traversent un épisode de « mort clinique » et qui en reviennent.
Deux de ces études – l’une anglaise et l’autres hollandaise – ont été récemment publiées par la célèbre revue médicale britannique The Lancet : ce qui témoigne déjà de l’évolution notable de l’état d’esprit de la communauté scientifique à l’égard des NDE. La sincérité des « expérienceurs » n’est plus mise en doute ; et leurs récits ne sont plus évacués comme relevant de simples phénomènes hallucinatoires.
Les chercheurs font désormais bien mieux qu’établir de simples statistiques à leur sujet, ou que les écouter à posteriori : chaque fois que l’un de leurs patients sombre dans le coma et que son électroencéphalogramme devient momentanément plat, avant même de savoir s’il en réchappera (35% des cas), et sans être sur qu’il en conservera le souvenir, ces médecins procèdent à de nombreux examens et consignent absolument tout ce qui se passe dans la pièce et sur leurs appareils, minute par minute.
Dans quel but ? Afin de pouvoir répondre, une à une, aux principales questions que soulèvent les NDE, de façon à écarter celles que les connaissances médicales actuelles permettent d’expliquer, et de se consacrer ainsi pleinement aux autres : celles qui relèvent encore du mystère.
La première de ces questions concerne la similitude des récits et leur caractère religieux (quelles que soient la confession ou les croyances des « N-déistes »). Un phénomène beaucoup moins étrange qu’il n’y paraît. On sait en effet depuis longtemps que des illusions semblables (impression de voler, chaleur et bien-être, décorporation, sensation de voir défiler toute sa vie en accéléré, lumière éblouissante) peuvent être provoquées par certaines drogues (kétamine, ibogaïne) à la composition proche des enzymes libérées par le cerveau lorsqu’il se trouve en état d’asphyxie.
Quant au caractère « divin » des images évoquées (l’esprit qui s’élève dans les cieux, le tunnel de lumière, les anges, la sensation d’amour universel), vu l‘ancienneté des NDE, il n’est pas interdit de penser que, loin de prouver la « justesse » des iconographies religieuses, les témoignages des premiers « N-déistes » en seraient, en fait, à l’origine…
La deuxième question, telle que la pose dans The Lancet, le professeur Van Lommel, directeur de l’enquête hollandaise, est nettement plus troublante : « Comment un individu peut-il conserver des souvenirs précis de ce qui s’est passé hors de son corps à un moment où il se trouvait en état de mort clinique, avec un cerveau totalement inactif et un encéphalogramme plat ? ».
Car les plus récents travaux ont bel et bien permis d’établir que certains des souvenirs évoqués à leur réveil par les patients concernaient des faits, propos ou gestes, survenus au moment précis où leur activité cérébrale était nulle : ce qui balaie la vieille hypothèse selon laquelle la NDE ne serait qu’une sorte de rêve, affluant dans le cerveau au moment de la sortie du coma. Sauf que là aussi, une réponse existe : « Si le sujet s’est réveillé, c’est qu’il n’était pas mort », observent les rationalistes en suggérant ainsi que, même dramatiquement ralenti, le cerveau fonctionnait encore : assez pour enregistre des sons ou des douleurs, et les restituer au moment du réveil.
LES CHERCHEURS TRAQUENT UNE PREUVE
Ne reste donc qu’une troisième question, la plus abracadabrante : celle des « souvenirs » relatifs aux instants où les comateux affirment avoir « survolé » leur corps. Et notamment les visions qu’ils décrivent, sous un angle impossible, ou à travers des matières opaques, alors qu’ils ne pouvaient de toute façon rien voir ! Certains rescapés ont ainsi fourni d’incroyables détails sur le bloc opératoire, vu d’en haut, depuis la tenue des infirmières jusqu’à la forme de leurs instruments en passant par la lecture d’inscriptions situées sous les meubles.
D’autres racontent les suites de leur accident, exactement comme elles se sont passées, alors que leur corps gisait sous un camion ou dans un fossé, face contre le sol. Mais ce type de témoignages pose tout de même un problème… Aucun d’eux n’a jamais pu être recueilli dans des conditions suffisamment rigoureuses (avant que l’intéressé ait pu se rendre sur les lieux, ou être renseigné par autrui) pour que la communauté le juge recevable. Les chercheurs hollandes en ont bien raté un de peu (l’homme venait de sortir de l’hôpital après n’avoir parlé qu’à l’infirmière qu’il avait spontanément reconnue comme ayant « rangé son dentier » avant de l’intuber), mais à ce jour, en tout état de cause, la « preuve » de telles visions n’existe toujours pas. C’est donc elle que les chercheurs traquent aujourd’hui, en plaçant dans leurs blocs des objets visibles uniquement du plafond (dont des cibles au sommet des armoires), avec l’espoir qu’un futur N-déiste pourra bientôt les leur décrire.
Un espoir débouchant sur d’incroyables perspectives : « Si les futures études parviennent à fournir une telle preuve, écrit en effet le commentateur du très sérieux Lancet, cela représenterait à coup sûr le plus extraordinaire des défis pour les tenants d’une explication non paranormale des NDE. »
Ainsi qu’une formidable avancée pour la science.
Car ce qui est en jeu, ce n’est pas tant de savoir s’il existe une vie, et de quelle nature, après la mort : mais d’établir si la conscience peut exister selon un mode et dans un espace-temps qui nous sont encore inconnus : hors du corps, sans l’aide du cerveau, peut-être sous forme d’ondes.
Ce qui est en jeu, c’est la localisation de la conscience, son fonctionnement, ses éventuelles capacités secrètes : « Tout un champ de connaissances qui s’ouvre à la science » ainsi que le résume avec enthousiasme le docteur Sam Parnia, chef de l’équipe des chercheurs anglais.
Ce que l’on sait des « N-déistes »
L’abondance des témoignages permet d’affirmer que n’importe qui peut connaître une NDE : homme ou femme, vieillard ou enfant, de toute race, culture ou religion, croyant ou athée, redoutant la mort ou pas. Il y a cependant de légères différences selon l’âge et le sexe. Plus les sujets sont jeunes, et plus l’incidence du phénomène est élevée : 85% chez les enfants, 48% chez les quadragénaires, 43% chez les quinquagénaires, 18% chez les plus de 60 ans. Quant aux femmes, il semblerait qu’elles connaissent des NDE « plus profondes » que le hommes. Mais ce qui unit les « N-déistes » est encore plus curieux que ce qui les distingue : deux à cinq ans après, ceux qui survivent (la moitié d’entre eux décèdent dans les six mois) ont tous acquis une forte empathie envers autrui, et une absence totale d’appréhension pour la mort. Au même titre, certes, mais beaucoup plus profondément et systématiquement qu
Chaque année, des centaines de personnes émergent du coma, persuadées de savoir ce qu’il y a après la mort. Et la nouveauté, c’est que, désormais, des médecins s’intéressent à leurs témoignages. Avec l’espoir d’en apprendre davantage sur la conscience.
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Par Véronique Grousset
Depuis l’Antiquité, c’est toujours le même récit ou à peu près : après une période plus ou moins longue de coma, le patient revient à lui avec la certitude d’avoir vécu une curieuse expérience de « décorporation » : l’impression de quitter son corps par la tête puis de le survoler avant de s’élancer vers les nuées, en direction d’un tunnel de lumière éblouissant. Convaincues d’être mortes, ces personnes n’en éprouvent aucun regret : elles ne ressentent au contraire (le plus souvent) qu’un merveilleux sentiment de plénitude, d’omniscience, d’amour et de bien-être … jusqu’à ce que l’image d’un proche décédé, ou d’un ange, leur enjoigne de retourner d’où elles viennent.
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Aussi troublants par leurs similitudes que par la symbolique religieuse qui s’en dégage, de tels récits abondent depuis que l’écrit permet de les consigner. Platon en faisait déjà mention. Montaigne, Jung et Teilhard de Chardin ont décrit, chacun leur propre expérience. Et de nos jours étant donné les progrès réalisés en matière de réanimation et de communication, on ne compte plus les associations, les livres, ou les sites Internet consacrés au recueil des témoignages de personnes – inconnues ou célèbres – affirmant avoir vécu une « NDE » (« Near Death Experience » : appelée « EMI » - « Expérience de mort imminente » - ou « EFM » - « Expérience aux frontières de la mort » - en français). Mais la nouveauté aujourd’hui, c’est que la science aussi s’y intéresse ; et plus seulement une poignée d’individus isolés, psychiatres ou gourous, travaillant sur des récits recueillis trop tardivement et sans vérifications. Voilà plusieurs années qu’aux Pays-Bas, en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, des équipes de médecins hospitaliers (généralement cardiologues) obtiennent les autorisations nécessaires pour mener des enquêtes rigoureuses, statistiques et prospectives, mais aussi neurologiques et biologiques, sur les symptômes et le suivi des patients qui traversent un épisode de « mort clinique » et qui en reviennent.
Deux de ces études – l’une anglaise et l’autres hollandaise – ont été récemment publiées par la célèbre revue médicale britannique The Lancet : ce qui témoigne déjà de l’évolution notable de l’état d’esprit de la communauté scientifique à l’égard des NDE. La sincérité des « expérienceurs » n’est plus mise en doute ; et leurs récits ne sont plus évacués comme relevant de simples phénomènes hallucinatoires.
Les chercheurs font désormais bien mieux qu’établir de simples statistiques à leur sujet, ou que les écouter à posteriori : chaque fois que l’un de leurs patients sombre dans le coma et que son électroencéphalogramme devient momentanément plat, avant même de savoir s’il en réchappera (35% des cas), et sans être sur qu’il en conservera le souvenir, ces médecins procèdent à de nombreux examens et consignent absolument tout ce qui se passe dans la pièce et sur leurs appareils, minute par minute.
Dans quel but ? Afin de pouvoir répondre, une à une, aux principales questions que soulèvent les NDE, de façon à écarter celles que les connaissances médicales actuelles permettent d’expliquer, et de se consacrer ainsi pleinement aux autres : celles qui relèvent encore du mystère.
La première de ces questions concerne la similitude des récits et leur caractère religieux (quelles que soient la confession ou les croyances des « N-déistes »). Un phénomène beaucoup moins étrange qu’il n’y paraît. On sait en effet depuis longtemps que des illusions semblables (impression de voler, chaleur et bien-être, décorporation, sensation de voir défiler toute sa vie en accéléré, lumière éblouissante) peuvent être provoquées par certaines drogues (kétamine, ibogaïne) à la composition proche des enzymes libérées par le cerveau lorsqu’il se trouve en état d’asphyxie.
Quant au caractère « divin » des images évoquées (l’esprit qui s’élève dans les cieux, le tunnel de lumière, les anges, la sensation d’amour universel), vu l‘ancienneté des NDE, il n’est pas interdit de penser que, loin de prouver la « justesse » des iconographies religieuses, les témoignages des premiers « N-déistes » en seraient, en fait, à l’origine…
La deuxième question, telle que la pose dans The Lancet, le professeur Van Lommel, directeur de l’enquête hollandaise, est nettement plus troublante : « Comment un individu peut-il conserver des souvenirs précis de ce qui s’est passé hors de son corps à un moment où il se trouvait en état de mort clinique, avec un cerveau totalement inactif et un encéphalogramme plat ? ».
Car les plus récents travaux ont bel et bien permis d’établir que certains des souvenirs évoqués à leur réveil par les patients concernaient des faits, propos ou gestes, survenus au moment précis où leur activité cérébrale était nulle : ce qui balaie la vieille hypothèse selon laquelle la NDE ne serait qu’une sorte de rêve, affluant dans le cerveau au moment de la sortie du coma. Sauf que là aussi, une réponse existe : « Si le sujet s’est réveillé, c’est qu’il n’était pas mort », observent les rationalistes en suggérant ainsi que, même dramatiquement ralenti, le cerveau fonctionnait encore : assez pour enregistre des sons ou des douleurs, et les restituer au moment du réveil.
LES CHERCHEURS TRAQUENT UNE PREUVE
Ne reste donc qu’une troisième question, la plus abracadabrante : celle des « souvenirs » relatifs aux instants où les comateux affirment avoir « survolé » leur corps. Et notamment les visions qu’ils décrivent, sous un angle impossible, ou à travers des matières opaques, alors qu’ils ne pouvaient de toute façon rien voir ! Certains rescapés ont ainsi fourni d’incroyables détails sur le bloc opératoire, vu d’en haut, depuis la tenue des infirmières jusqu’à la forme de leurs instruments en passant par la lecture d’inscriptions situées sous les meubles.
D’autres racontent les suites de leur accident, exactement comme elles se sont passées, alors que leur corps gisait sous un camion ou dans un fossé, face contre le sol. Mais ce type de témoignages pose tout de même un problème… Aucun d’eux n’a jamais pu être recueilli dans des conditions suffisamment rigoureuses (avant que l’intéressé ait pu se rendre sur les lieux, ou être renseigné par autrui) pour que la communauté le juge recevable. Les chercheurs hollandes en ont bien raté un de peu (l’homme venait de sortir de l’hôpital après n’avoir parlé qu’à l’infirmière qu’il avait spontanément reconnue comme ayant « rangé son dentier » avant de l’intuber), mais à ce jour, en tout état de cause, la « preuve » de telles visions n’existe toujours pas. C’est donc elle que les chercheurs traquent aujourd’hui, en plaçant dans leurs blocs des objets visibles uniquement du plafond (dont des cibles au sommet des armoires), avec l’espoir qu’un futur N-déiste pourra bientôt les leur décrire.
Un espoir débouchant sur d’incroyables perspectives : « Si les futures études parviennent à fournir une telle preuve, écrit en effet le commentateur du très sérieux Lancet, cela représenterait à coup sûr le plus extraordinaire des défis pour les tenants d’une explication non paranormale des NDE. »
Ainsi qu’une formidable avancée pour la science.
Car ce qui est en jeu, ce n’est pas tant de savoir s’il existe une vie, et de quelle nature, après la mort : mais d’établir si la conscience peut exister selon un mode et dans un espace-temps qui nous sont encore inconnus : hors du corps, sans l’aide du cerveau, peut-être sous forme d’ondes.
Ce qui est en jeu, c’est la localisation de la conscience, son fonctionnement, ses éventuelles capacités secrètes : « Tout un champ de connaissances qui s’ouvre à la science » ainsi que le résume avec enthousiasme le docteur Sam Parnia, chef de l’équipe des chercheurs anglais.
Ce que l’on sait des « N-déistes »
L’abondance des témoignages permet d’affirmer que n’importe qui peut connaître une NDE : homme ou femme, vieillard ou enfant, de toute race, culture ou religion, croyant ou athée, redoutant la mort ou pas. Il y a cependant de légères différences selon l’âge et le sexe. Plus les sujets sont jeunes, et plus l’incidence du phénomène est élevée : 85% chez les enfants, 48% chez les quadragénaires, 43% chez les quinquagénaires, 18% chez les plus de 60 ans. Quant aux femmes, il semblerait qu’elles connaissent des NDE « plus profondes » que le hommes. Mais ce qui unit les « N-déistes » est encore plus curieux que ce qui les distingue : deux à cinq ans après, ceux qui survivent (la moitié d’entre eux décèdent dans les six mois) ont tous acquis une forte empathie envers autrui, et une absence totale d’appréhension pour la mort. Au même titre, certes, mais beaucoup plus profondément et systématiquement qu
http://www.paranormal-info.com/Des-mythes-en-formation-autour-du.html
Des mythes en formation autour du paranormal - L’exemple des NDE
Table Ronde animée par Marie-Christine Dat, avec Djohar Si Ahmed, François Brune et Evelyne Elsaesser-Valarino
Nouvel extrait de l’ouvrage "Le paranormal : entre mythes et réalités".
Introduction :
Depuis quelques années, une énigme médicale est en train de faire de plus en plus de bruits dans notre société. Révélée par un psychiatre en 1975 aux USA, Raymond Moody, ces expériences n’ont pas fini depuis d’alimenter les débats et exciter les imaginations. Rappelons que les NDE, traduites le plus souvent par EMI (Expériences de mort imminente) en France sont des expériences vécues le plus souvent lors d’accidents. Des témoins, dans le monde entier, rapportent avoir été projetés dans une autre réalité avec une conscience élargie de la vie. Jusqu’à ce jour, aucune explication satisfaisante n’est parvenue à traduire ces témoignages qui soulèvent des interrogations aussi bien scientifiques que spirituelles.
De plus en plus médiatisées, les NDE sont présentées sous une forme stéréotypée qui ignore la complexité de ces expériences aussi bien que leurs variétés. De nombreuses idées reçues circulent à leur propos qui déforment les nombreuses réalités qui leur sont liées. On peut penser que nous sommes en train d’assister à la naissance d’un véritable folklore autour de cette énigme qui masque considérablement les points d’intérêt de ces expériences, et contribuent à leur rejet par le milieu scientifique. Cette table ronde va s’efforcer de présenter les NDE sous plusieurs angles d’approche qui permettra de prendre conscience des enjeux qu’elles soulèvent. Avec nous pour exposer ce dossier :
François Brune, a poursuivi 4 années de philosophie et théologie à l’Institut catholique de Paris et à l’Université de Tübingen (licence de théologie), puis 2 années à l’Institut biblique de Rome (licence en Ecriture sainte), auteur notamment de « Les morts nous parlent ».
Djohar Si Ahmed, Dr en psychologie, psychanalyste, auteur d’une thèse de Doctorat « Phénomènes télépathiques et fonctionnement psychique », secrétaire générale de l’Institut Métapsychique International, auteur notamment de « Parapsychologie et psychanalyse »
Intervention de Djohar Si Ahmed (extrait)
Question : On comprend que le récit de telles expériences soit difficilement acceptable, notamment par la communauté médicale, qui considère que ces expériences peuvent être dues à la production d’endorphines dans l’organisme au moment d’une souffrance paroxystique. Alors, je vais m’adresser à Djohar Si Ahmed maintenant et lui demander pourquoi les NDE ne seraient-elles pas tout simplement des manifestations hallucinatoires.
Peut-être pourrait-on partir de la définition de l’hallucination. Une hallucination c’est classiquement, une perception sans objet et effectivement par un glissement de sens, on pourrait dire que les NDE étant (du point de vue en tout cas de celui écoute ou qui lit le récit de cette expérience), une perception sans objet, les NDE seraient donc, de ce fait, des hallucinations. Mais, à la différence des hallucinations pathologiques, très variées quant à leur contenu, leur thématique, leur structure, leurs liens avec la problématique du sujet , le contenu des expériences NDE est remarquablement univoque. Quels que soient l’âge, le sexe, la culture, le niveau socioculturel, les croyances religieuses, une expérience NDE reprend toujours la même thématique, les mêmes phases, avec certes quelques variantes quant à une expérience type. Ces variantes portent sur la présence ou l’absence d’une phase ou d’une autre, mais jamais sur la structure ou le contenu général des phases.
Considérer que les NDE sont de nature hallucinatoire revient à considérer cette expérience comme un épiphénomène apparaissant mystérieusement au cours d’un accident, d’un choc violent, d’un contexte d’imminence de mort, et inhérent à une mobilisation neuro-psycho-physiologique. A cette conception des choses, je répondrai par une métaphore. Penser que la production d’endorphines pourrait être à l’origine du contenu, je dis bien du contenu de ces expériences, c’est un peu comme penser qu’un programme de télévision, qu’un programme de radio serait simplement dû au courant électrique passant dans les circuits des appareils. Ce serait faire évidemment l’impasse sur tout ce qui préside à l’élaboration d’un tel programme. Dans le cas de la NDE, l’impasse porte sur tout un au-delà du psychologique.
Ceci étant, la question de la nature hallucinatoire ou non-hallucinatoire de ce matériel, m’apparaît secondaire. En effet, le récit de NDE, comme celui de tout événement, de toute expérience, de tout rêve, de tout fantasme, amené en séance par un patient est un matériel digne d’intérêt, porteur de sens.
Mon souci est donc d’aider ceux qui acceptent de s’engager dans une démarche psychothérapique ou psychanalytique, à comprendre le sens de cette expérience NDE. Si cette expérience est relativement univoque dans son contenu, elle ne l’est pas quant au moment où elle se vit et quant aux difficultés parfois considérables pouvant surgir au décours de cet événement : dissolution des limites du moi, barrières psychiques inefficientes, impossibilités d’assumer le retour à une condition d’humain « ordinaire » contre-balancées par des attitudes mégalomaniaques. Cet accompagnement thérapeutique permettra donc d’élaborer puis de métaboliser une expérience cruciale qu’il est parfois difficile d’intégrer spontanément (...)
Intervention de François Brune (extrait)
Question : En quoi les expériences aux frontières de la mort concerneraient-elles les Eglises ? Une personne croyante peut-elle considérer que ces expériences sont des expériences à caractère religieux ?
Les réflexions que je peux vous proposer ne correspondent évidemment à aucune position officielle d’aucune Eglise. Mais, comme tout homme, tout croyant, et, plus précisément encore, comme tout chrétien, je me sens fasciné par ces expériences et je ne peux m’empêcher d’y réfléchir. Je précise tout de suite pourquoi je préfère le sigle d’EFM (Expériences aux Frontières de la Mort), au sigle anglais NDE, plus couramment employé, ou à un équivalent français parfois tenté comme EMI (Expérience de Mort Imminente). C’est qu’en réalité ces expériences peuvent se déclencher sans qu’il y ait le moindre danger de mort, en dehors de tout accident, de toute opération chirurgicale, en dehors même de toute menace lointaine. Cela peut se produire dans un moment de fatigue, de relaxation, de demi-sommeil, de méditation, à un moment où l’activité des sens, nous reliant au monde extérieur, se relâche. Pourtant, d’après le récit de ces expériences, ces témoins se sont bien approchés du Royaume des morts et je crois même qu’ils se sont aventurés, un bref instant, un peu au-delà de la frontière.
Au cours de ces expériences, comme on le sait, le témoin a l’impression très nette de sortir de son corps, de flotter en l’air dans la pièce où il se trouvait et de pouvoir tout voir, tout entendre, et de capter ainsi quantité d’informations qui lui seraient restées autrement inaccessibles, étant donnée la position qu’occupait son corps de chair dans la pièce. Cette première étape est déjà très importante, d’un point de vue religieux, étant donné qu’elle confirme l’existence en nous d’un être spirituel indépendant du corps de chair. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est qu’ensuite, si l’expérience va plus loin, une sorte de tunnel ou de galerie sombre s’ouvre bientôt près de lui et qu’il se trouve entraîné à travers ce tunnel vers une lumière extraordinaire dans laquelle il se fond dans un sentiment d’amour d’une intensité sans comparaison avec aucun amour sur terre. Je crois personnellement qu’alors ces témoins font déjà l’expérience du début de la vie éternelle et de l’union à Dieu.
Je sais qu’une telle affirmation est énorme, puisqu’ elle implique qu’en fait ils étaient déjà morts. C’est précisément ce que refusent d’admettre la plupart des médecins. Pour eux, "l’irréversibilité" est un des éléments essentiels de la définition de la mort. Puisque ces témoins sont revenus à la vie de ce monde, c’est qu’ils n’étaient pas morts et, si passionnante que soit leur expérience, elle ne nous apprend donc rien sur ce qu’est vraiment la mort, la vraie, la définitive.
Le processus de la mort est complexe et ne s’accomplit pas au même rythme pour tout ce qui nous compose. Nos cellules meurent peu à peu et pas toutes ensemble. Celles du cerveau semblent mourir les premières. C’est pourquoi, lors d’une mort clinique, la réanimation ne ramène trop souvent à la vie de ce monde qu’un être diminué, affligé de lourdes séquelles.
Mais ce corps de chair n’est qu’une partie de nous-même, et provisoire. Là je me place dans la ligne d’un chercheur comme John C.Eccles. Je sais que ses positions ne sont pas toujours admises par ses pairs. Je me rappelle notamment un colloque, à l’Unesco, où l’un d’eux avait explosé de rage et de mépris lorsqu’un auditeur avait évoqué les travaux de John Eccles. C’est que l’enjeu de telles visions du monde est énorme et donc les oppositions très vives. Ce prix Nobel de médecine croit que nous avons chacun une âme, créée par Dieu, seule explication pour lui de "l’unicité du moi". "Je maintiens, dit-il, que le mystère de l’homme est incroyablement diminué (à tort) par le réductionnisme scientifique et sa prétention matérialiste à rendre compte du monde de l’esprit en termes de simple activité neuronale. Une telle croyance ne peut être considérée que comme une superstition
Intervention de Evelyne Elsaesser-Valarino (extrait)
Question : Evelyn, les expériences des NDE sont relatées souvent comme étant des expériences d’ordre hallucinatoires, dans ce cas-là, alors comment expliquer que des aveugles de naissance aient vu pendant leur expérience NDE ?
Depuis les années 80 déjà, une rumeur tenace circulait parmi les chercheurs explorant les expériences de mort imminente : elle disait que les aveugles, même de naissance, voient pendant leur NDE ! Un frémissement parcourut la communauté des investigateurs impliqués dans l’étude de ce phénomène fascinant. Tenaient-ils là enfin la preuve irréfutable que les expériences de mort imminente n’étaient ni des hallucinations, ni des rêves mais qu’elles se produisaient bien en dehors du système sensoriel, en-dehors du cerveau, en-dehors de la matière ? Elisabeth Kübler-Ross était la première à parler de ce phénomène mais sans avoir de cas documentés à la clé. Kenneth Ring , en collaboration avec Sharon Cooper , décida donc d’essayer de passer d’une hypothèse à des faits et entreprit une étude rigoureuse qui fut publiée dans l’ouvrage Mindsight en 1999. Les deux chercheurs commencèrent par poser trois questions :
1) Est-ce que les aveugles vivent des expériences de mort imminente ?
2) Si tel est le cas, est-ce que ces NDE sont identiques ou différentes de celles des personnes voyantes ?
3) Les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent-ils des perceptions visuelles 31 personnes furent inclues dans l’étude, 20 femmes et 11 hommes, âgés de 22 à 70 ans. 16 de ces sujets avaient vécu une NDE seulement tandis que 5 sujets avaient vécu une NDE et, à d’autres occasions, une ou plusieurs OBE ( ). Ainsi, 21 personnes en tout avaient vécu une NDE et une ou plusieurs OBE. Les dix personnes restant avaient expérimenté uniquement des OBE (...)
(...)Il devient évident que les expérienceurs non-voyants et mal-voyants ont accès à une sorte de connaissance, basée sur une prise de conscience généralisée issue d’une multitude d’impressions sensorielles, y compris tactiles. Ce savoir leur donne accès aux informations situées aussi bien dans notre monde physique que dans l’autre dimension.
Il est important de bien comprendre qu’ils n’ont pas deviné ce qui s’est passé pendant leur expérience de mort imminente, ils l’ont bel et bien vu, mais ce voir est plus vaste que nos perceptions visuelles habituelles, ce voir englobe un savoir qui donne à la vision une puissance et une acuité impossible à obtenir par une perception visuelle habituelle.
Ce qui est en jeu est une omniscience qui ne semble accessible que dans un état de conscience élargie, dans notre cas - mais pas forcément toujours - lié à un état de mort imminente.
Cette conscience, cette omniscience vont bien au-delà de tout ce que la perception visuelle habituelle peut offrir. Il s’agit bien ici d’un état de conscience élargie, que Ring et Copper ont décidé d’appe
http://www.noesis.ch/temoignage/nde_sans_mort_imminente/
Les NDE et autres Etats de Conscience Modifiés
Parler d’états de conscience modifiés (ECM), c’est ambiguë. Modifiés par rapport à quoi ? D’ailleurs, comment définit-on actuellement la conscience ? Dans le dictionnaire, on peut lire : Perception, connaissance plus ou moins claire que chacun peut avoir du monde extérieur ou de soi-même. Que veut dire le « plus ou moins clair » ? Existe-t-il un état de la conscience qui ne soit pas modifié ? Ou est la frontière ? Quelle est la norme ? Qui peut se prévaloir d’être dans un état non-modifié ?
En réalité, il existe des ECM tout à fait banals. Par exemple, être dans la lune, dormir ou encore rêver. Ensuite, des ECM moins courants : de l’intuition au réveil de Kundalini en passant par le rêve lucide, la méditation, les NDE et même, les maladies mentales.
« Inconsciemment », chacun d’entre nous vit un certain nombre d’états de conscience chaque jour et il est difficile de dire lorsqu’on est dans un état non-modifié car tous ces états ne cessent de se succéder : en réalité, notre conscience est en mouvement perpétuel.
Les ECM surviennent de différentes façons: soit spontanément, soit par la pratique d’une technique (relaxation, méditation, hyperventilation, auto-hypnose etc…), mais aussi parfois provoqués par un choc émotionnel, voire un traumatisme physique ou psychique, ou encore la prise de produits (alcool, médicaments, drogues).
De toute évidence, moins l’ECM vécu est banal, plus l’événement peut être déroutant, voire perturbant et même, dans certains cas, traumatisant.
Voici quelques exemple d’ECM parmi les plus spectaculaires :
Les NDE
Les OBE
Les reveils de Kundalini
L'expérience transcendantale
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